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“Excellent”, 165 avis

Rachat de trimestres pour la retraite : tout comprendre en 2026

Publié par Jonathan Dhiver
Mis à jour le 6 juil. 2026
14 min. de lecture
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Le rachat de trimestres est une démarche permettant de verser volontairement des cotisations pour régulariser des périodes non cotisées et limiter la décote sur la pension de retraite. Il vise à améliorer le taux de liquidation ou à atteindre la durée d'assurance requise pour une retraite à taux plein, mais reste une opération à analyser au cas par cas en fonction de l'âge, des revenus et de la situation personnelle. En France, le dispositif concerne principalement le régime général de la Sécurité sociale, s'applique aussi à de nombreux régimes alignés et peut avoir des effets sur la retraite complémentaire, avec un coût encadré par un barème national et un avantage fiscal toujours significatif.

Qu'est-ce que le rachat de trimestres et comment fonctionne-t-il ?

Le rachat de trimestres permet de compenser des manques dans la carrière – années d'études, années incomplètes, certaines périodes d'activité peu ou pas cotisées – afin de réduire ou d'éviter une pension minorée faute d'un nombre suffisant de trimestres validés. Depuis la réforme Fillon de 2003, il est possible de racheter jusqu'à 12 trimestres au total pour les années d'études supérieures et les années incomplètes, tous motifs confondus, dans le cadre du régime général et des régimes alignés. Contrairement à certaines anciennes présentations, il ne s'agit plus d'un délai strict de 6 ans : un tarif préférentiel est en général proposé avant 40 ans ou dans les 10 ans suivant la fin des études, ce qui encourage les demandes précoces.

Les règles structurantes aujourd'hui sont les suivantes :

  • la demande doit porter sur un nombre entier de trimestres et ne peut excéder 12 trimestres au total pour les années d'études supérieures, les années incomplètes et certaines périodes assimilées ;
  • l'assuré doit être âgé d'au moins 20 ans et de moins de 66 ou 67 ans selon le régime au moment de la demande, et ne pas avoir déjà liquidé sa pension de retraite dans le régime concerné ;
  • pour certaines périodes comme les stages en entreprise réalisés dans le cadre d'études supérieures, des délais spécifiques existent (demande dans les 2 ans suivant la fin du stage, et au plus tard l'année du 30e anniversaire).

Deux grandes options de rachat existent et demeurent inchangées dans leur logique :

  • Option " taux seul " : elle améliore uniquement le taux de la pension, qui reste plafonné à 50 %, afin de réduire ou annuler la décote liée aux trimestres manquants ; cette option est la moins coûteuse et ne modifie pas la durée d'assurance retenue pour certaines conditions (carrières longues, etc.).
  • Option " taux + durée " : elle augmente à la fois le taux et la durée d'assurance, ce qui permet d'améliorer plus globalement le calcul de la retraite, notamment pour les dispositifs de départ anticipé liés aux carrières longues ; en contrepartie, cette option est plus chère, avec un surcoût de l'ordre de 20 à 50 % par rapport à l'option " taux seul " selon les barèmes.

Les trimestres rachetés sont intégrés au relevé de carrière et permettent d'atteindre le taux plein plus tôt ou d'en réduire la décote. Pour certains régimes professionnels (professions libérales, paramédicaux, etc.), la formule " trimestres + points " permet également d'augmenter les droits en retraite complémentaire obligatoire, ce qui renforce l'effet global sur la pension. La demande se fait via un formulaire spécifique, le plus souvent après une simulation en ligne sur le site de l'Assurance retraite ou de la caisse concernée, qui délivre un devis personnalisé détaillant le coût et l'impact sur la future pension.

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Conditions d'éligibilité et périodes concernées

Pour racheter des trimestres, plusieurs conditions doivent aujourd'hui être respectées :

  • être affilié à un régime de base obligatoire (régime général, agricole, régimes alignés, certaines caisses professionnelles) et ne pas percevoir encore de pension dans ce régime ;
  • avoir au moins 20 ans et moins de 66 ou 67 ans selon le régime au moment de la demande ;
  • formuler une demande portant sur un nombre entier de trimestres, dans la limite de 12 au total pour l'ensemble des périodes rachetables.

Les périodes principalement concernées sont :

  • les années d'études supérieures validées par un diplôme ou une inscription dans un établissement reconnu, pouvant donner lieu à un rachat jusqu'à 12 trimestres, avec un tarif préférentiel si la demande intervient avant 40 ans ou dans les 10 ans après la fin des études ;
  • les années incomplètes pour lesquelles moins de 4 trimestres ont été validés, permettant de " compléter " l'année afin d'atteindre le nombre requis, toujours dans la limite globale de 12 trimestres ;
  • certains stages en entreprise accomplis à partir du 15 mars 2015 dans le cadre d'études supérieures, rachetables sous conditions de délai et d'âge, et pris en compte uniquement pour le taux de liquidation ;
  • dans certains régimes spécifiques, des périodes d'activité à l'étranger ou des périodes d'affiliation lacunaires peuvent également être rachetées, sans toujours être soumises à la limite stricte de 12 trimestres, sous conditions particulières.

À noter : la décote du régime général reste calculée à partir du taux de liquidation théorique de 50 % diminué de 0,625 % par trimestre manquant, dans la limite d'une décote maximale de 25 %. Les trimestres rachetés permettent de réduire cette décote, mais ils n'autorisent pas à s'affranchir des règles d'âge. Même avec un rachat complet, le départ à la retraite ne peut pas intervenir avant l'âge légal de 64 ans, relevé par la réforme récente, avec éventuellement des dispositifs spécifiques pour carrières longues. Les trimestres rachetés sécurisent donc les droits mais ne permettent pas de contourner le relèvement de l'âge légal.

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Coût du rachat : facteurs et exemples

Le coût d'un trimestre racheté est fortement encadré par un barème annuel fixé par voie réglementaire, qui dépend essentiellement de l'âge, des revenus et de l'option retenue. De manière générale, la fourchette se situe entre environ 1 000 € et près de 6 000 € par trimestre pour les cas extrêmes, mais les barèmes 2025-2026 montrent des niveaux plus précis selon les régimes professionnels.

Quatre facteurs principaux influencent le coût :

  • Âge : plus l'assuré est jeune, plus le coût est faible. Avant 40 ans, certains régimes appliquent un barème préférentiel ; à l'inverse, le coût est plus élevé à partir de 55-60 ans, même s'il atteint un plafond puis se stabilise voire diminue légèrement au-delà de 62 ans dans certains dispositifs.
  • Revenus : le coût est indexé sur le revenu annuel moyen des trois dernières années ; plus les revenus sont élevés, plus le barème par trimestre augmente.
  • Option choisie : l'option " taux + durée " est plus chère que l'option " taux seul ", avec un différentiel pouvant aller de 20 % à 50 % selon le barème et le régime.
  • Régime : les régimes de base peuvent appliquer des barèmes proches mais pas identiques ; certains régimes professionnels affichent des coûts par trimestre différents de ceux du régime général.

Facteur

Impact sur le coût

Exemple indicatif (2025-2026)

Âge jeune (<40 ans)

Faible

~935 à 1 324 €/trimestre (taux seul)

Âge avancé (60-66 ans)

Élevé

~2 286 à 2 896 €/trimestre (taux seul)

Option taux seul

Moins cher

Économie de 20-50 % vs. taux + durée

Hauts revenus

Élevé

+30-50 % si salaire annuel moyen élevé

Dans le régime général, un exemple courant reste celui d'un assuré d'une cinquantaine d'années avec un salaire médian : le rachat de 4 trimestres peut représenter un coût total de l'ordre de 10 000 à 20 000 € selon les revenus et l'option retenue.

Une particularité importante du cadre actuel est la possibilité de payer le rachat au comptant ou de façon échelonnée :

  • le paiement peut être fractionné sur 1, 3 ou 5 ans, sous réserve de racheter au moins 2 trimestres ; un rachat d'un seul trimestre doit être réglé en une seule fois ;
  • lorsque le paiement est échelonné, une majoration annuelle est appliquée sur le montant restant dû (1,3 % par an pour 2026) ;
  • l'intégralité des trimestres rachetés doit être réglée avant la liquidation des droits ; la date de liquidation ne peut être fixée qu'au 1er jour du mois suivant le règlement complet.

Sur le plan fiscal, les sommes versées pour le rachat de trimestres restent intégralement déductibles du revenu imposable, sans plafond spécifique, ce qui est particulièrement intéressant pour les contribuables imposés dans les tranches marginales élevées ou pour les travailleurs non-salariés qui peuvent déduire ces montants de leur bénéfice non commercial (BNC).

Avantages et inconvénients du rachat

Les principaux avantages

  • Atteindre le taux plein (50 %) et éviter une décote de 0,625 % par trimestre manquant jusqu'à un maximum de 25 %, ce qui améliore sensiblement la pension de base.
  • Faciliter un départ à taux plein au nouvel âge légal (64 ans) ou, dans certains cas, un départ anticipé pour carrière longue, en complétant la durée d'assurance requise lorsque l'option " taux + durée " est retenue.
  • Augmenter la pension de base et, dans certains régimes, la retraite complémentaire obligatoire (via l'option trimestres + points), ce qui sécurise les revenus futurs.
  • Bénéficier d'un avantage fiscal notable : le coût de rachat est intégralement déductible du revenu imposable, ce qui réduit l'impôt et, pour certains indépendants, les cotisations sociales calculées sur le bénéfice.
avantages

Les principaux inconvénients

  • Coût parfois élevé, d'autant plus lorsque la demande intervient tardivement ou que les revenus sont importants ; les sommes versées ne sont pas remboursables en cas de décès prématuré ou de changement de projet.
  • Rentabilité incertaine dans certains cas : si le gain de pension mensuelle reste limité (quelques dizaines d'euros) et si beaucoup de trimestres manquent, le retour sur investissement peut être faible.
  • Risque de nouvelles réformes des retraites pouvant encore modifier l'âge légal, la durée d'assurance requise ou les paramètres de calcul.
  • Existence d'alternatives patrimoniales comme la poursuite d'activité, le Plan Épargne Retraite (PER) ou les investissements en SCPI, qui offrent parfois plus de flexibilité, une meilleure diversification et une liquidité différente pour le capital immobilisé.
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Quand est-ce intéressant ? Une analyse au cas par cas

Situations où le rachat est souvent pertinent

  • Il manque peu de trimestres (1 à 4) pour atteindre le taux plein au nouvel âge légal, ce qui évite une décote significative à vie.
  • L'assuré est proche de la retraite (à partir de 55 ans), et l'impact direct sur la pension est lisible et immédiat.
  • Le taux d'imposition marginal est élevé (30 % ou plus), ce qui amplifie l'intérêt de la déductibilité fiscale des sommes versées.
  • La carrière présente un " trou " lié aux études supérieures ou à des années incomplètes relativement faciles à racheter, parfois à un barème préférentiel avant 40 ans.

Situations où le rachat est à manier avec prudence

  • Un grand nombre de trimestres manquent, ce qui rend l'opération très coûteuse ; il peut être plus pertinent de prolonger la carrière ou de mobiliser le capital autrement.
  • Le gain de pension estimé reste modeste (moins de 50 € par mois) au regard du coût global du rachat, surtout si la durée probable de perception est limitée.
  • L'espérance de vie est réduite ou l'état de santé fragile, ce qui diminue la probabilité de rentabiliser l'investissement sur la durée.
  • La situation professionnelle ou patrimoniale est susceptible d'importantes évolutions (changement de statut, expatriation, reconversion), rendant plus pertinentes des solutions plus souples comme le PER, les SCPI ou l'assurance vie.

Conseil clé : comparez toujours le coût total du rachat au gain de pension annualisé sur votre espérance de vie résiduelle. Un rachat à 35 ans, moins cher, doit être mis en regard d'une longue durée de détention du droit mais aussi d'une grande incertitude sur les futures réformes ; à 55 ans, l'opération est plus coûteuse mais l'impact sur la pension est concret et plus facilement quantifiable. Une étude au cas par cas, idéalement avec un conseiller retraite ou un expert patrimonial, reste indispensable.

Conclusion

Le rachat de trimestres demeure un outil puissant d'optimisation de la retraite dans le cadre des règles actuelles, mais son intérêt n'est jamais automatique. Il dépend étroitement de l'âge, du niveau de revenus, du nombre de trimestres manquants, du régime d'affiliation et de la trajectoire personnelle. Avant toute décision, il est essentiel de :

  • réaliser une simulation officielle auprès de l'Assurance retraite ou de la caisse concernée pour obtenir un devis précis, incluant le coût, les modalités de paiement et l'impact sur la pension future ;
  • comparer plusieurs scénarios (avec ou sans rachat, options " taux seul " vs " taux + durée ", maintien de l'activité vs arrêt anticipé) ;
  • mettre en balance l'avantage fiscal de la déductibilité intégrale avec le coût réel de l'opération et le gain attendu sur la durée.

À retenir

  • Le rachat de trimestres sert à combler des périodes non cotisées ou des années incomplètes pour limiter ou éviter la décote sur la pension de retraite.
  • Jusqu'à 12 trimestres peuvent être rachetés pour les études supérieures et les années incomplètes, tous motifs confondus, sous conditions d'âge et de situation.
  • Deux options existent : " taux seul " (moins coûteuse, ciblée sur la réduction de la décote) et " taux + durée " (plus complète, plus chère, intégrant la durée d'assurance).
  • Le coût dépend fortement de l'âge, des revenus moyens des trois dernières années, de l'option choisie et du régime d'affiliation ; il peut être payé au comptant ou de façon échelonnée, avec une majoration annuelle en cas de fractionnement.
  • Le rachat bénéficie d'un avantage fiscal important grâce à la déductibilité intégrale des sommes versées du revenu imposable, sans plafond spécifique.
  • L'opération est souvent pertinente lorsqu'il manque peu de trimestres, que la retraite approche et que la fiscalité personnelle est élevée.
  • Une simulation personnalisée et un accompagnement par un professionnel (conseiller retraite, expert patrimonial) sont essentiels avant de s'engager, compte tenu des réformes récentes et des possibles évolutions futures.

Sources et ressources utiles

Conseil d'expert

En tant qu'expert en SCPI et en stratégies de retraite, il reste pertinent d'intégrer le rachat de trimestres dans une réflexion globale sur votre patrimoine. Avant d'immobiliser un capital important dans le rachat, comparez systématiquement cette option avec d'autres solutions de long terme : investissement en SCPI de rendement pour générer des revenus complémentaires réguliers, alimentation d'un Plan Épargne Retraite (PER) pour valoriser un capital à long terme avec une fiscalité attractive, ou diversification via des supports immobiliers et financiers variés. Ces véhicules peuvent améliorer vos revenus à la retraite tout en offrant une flexibilité différente pour la gestion du capital.

L'arbitrage entre rachat de trimestres, investissement en SCPI et versements sur un PER doit se faire en tenant compte de votre horizon de retraite, de votre fiscalité actuelle et future, de votre capacité d'épargne et de votre tolérance au risque. Un bilan retraite-patrimoine complet, incluant vos droits dans les régimes obligatoires, vos placements existants et vos objectifs de revenu futur, constitue le meilleur point de départ pour déterminer s'il est plus judicieux de racheter des trimestres, de renforcer vos investissements immobiliers via les SCPI ou de privilégier l'épargne retraite individuelle.



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À propos de l’auteur

Jonathan Dhiver

Jonathan Dhiver

J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !

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