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Tout savoir sur les droits de succession en 2026

En 2026, les droits de succession en France restent globalement stables en apparence, avec des barèmes et abattements inchangés, mais le gel de ces paramètres se poursuit au moins jusqu'au 31 décembre 2028, dans un contexte d'inflation qui en érode la valeur réelle. Parallèlement, une avancée importante est entrée en vigueur pour les familles recomposées : l'instauration d'un abattement spécifique renforcé pour certains beaux-enfants à compter du 1er janvier 2026, tandis que les dispositifs temporaires d'exonération sur certains dons immobiliers et de rénovation énergétique restent limités au 31 décembre 2026.
Comprendre ces règles successorales est essentiel, que vous soyez investisseur, héritier potentiel ou simple parent soucieux d'anticiper. Les mesures en vigueur continuent d'alléger la facture pour les petites successions et les familles modestes, mais le gel des abattements agit comme une hausse fiscale progressive sur le patrimoine transmis, en particulier pour les transmissions importantes intégrant de l'immobilier (direct ou via des SCPI) et des contrats d'assurance-vie.
Exonérations et conditions
Les grandes exonérations en matière de droits de succession restent inchangées. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS demeurent totalement exonérés de droits de succession, comme depuis 2007. Les frères et sœurs cohabitant avec le défunt et remplissant des conditions strictes (célibat, âge, durée de cohabitation, etc.) peuvent également bénéficier d'une exonération totale.
La loi de finances n'a pas supprimé les dispositifs temporaires d'exonération de droits de donation en numéraire affectés à l'immobilier éco-responsable : du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, une exonération exceptionnelle jusqu'à 100 000 € par donateur (et dans la limite globale de 300 000 € par bénéficiaire) s'applique aux dons familiaux, à condition que les sommes soient utilisées pour :
- l'achat d'un logement neuf (ou en VEFA) destiné à la résidence principale, ou
- des travaux de rénovation énergétique éligibles (type MaPrimeRénov'),
avec obligation de conserver le bien en résidence principale pendant au moins 5 ans. Ce dispositif est temporaire : passé le 31 décembre 2026, la fenêtre d'opportunité se referme et l'avantage fiscal disparaît.
Les débats parlementaires de 2024 et 2025 ont confirmé le maintien des abattements principaux, mais ils ont aussi abouti à une avancée significative pour certaines familles recomposées. À compter du 1er janvier 2026, un abattement spécifique de 15 932 € est instauré au profit des enfants du conjoint ou du partenaire de PACS du défunt (beaux-enfants non adoptés), à condition qu'ils aient été effectivement pris en charge par le défunt (secours et soins ininterrompus, cohabitation, soutien matériel et éducatif sur une durée minimale définie en fonction de l'âge). Le taux de taxation reste cependant de 60 % au-delà de cet abattement, comme pour les transmissions à des tiers.
En revanche, les propositions plus larges d'ajustement pour les neveux et nièces ou de création d'un nouvel abattement généralisé pour tous les enfants du conjoint n'ont pas été retenues. Les discussions autour des familles recomposées se poursuivent, mais la principale avancée concrète en 2026 reste cet abattement renforcé et conditionnel pour certains beaux-enfants[7].
Abattements successoraux
Les abattements applicables en 2026 sont les suivants, gelés au moins jusqu'au 31 décembre 2028[1] :
- 100 000 € pour chaque héritier en ligne directe (enfants, parents)[1].
- 15 932 € pour chaque frère ou sœur[1].
- 15 932 € pour certains beaux-enfants (enfants du conjoint ou partenaire de PACS non adoptés), sous conditions strictes de prise en charge effective et continue, à compter du 1er janvier 2026.
- 7 967 € pour chaque neveu ou nièce[3].
- 1 594 € en l'absence de tout autre abattement applicable[1].
Les personnes en situation de handicap remplissant les critères légaux bénéficient d'un abattement supplémentaire de 159 325 €, qui s'ajoute à l'abattement de droit commun en fonction du lien de parenté[3].
Ces abattements réduisent la base taxable de la succession et constituent un levier majeur d'optimisation, en complément d'autres outils patrimoniaux comme la donation-partage, le démembrement de propriété (notamment en nue-propriété), ou encore l'investissement via des SCPI qui peuvent être transmis dans un cadre maîtrisé. Toutefois, avec une inflation annuelle moyenne de l'ordre de 3 % à 4 % ces dernières années, le gel des abattements jusqu'en 2028 entraîne une perte de valeur réelle estimée entre 10 % et 15 % sur la période. Autrement dit, sans même changer les taux, l'État augmente mécaniquement la part de la succession effectivement imposée.
Frais bancaires sur les successions
Les frais bancaires liés au traitement des successions restent encadrés. Pour les successions inférieures à 5 965 € (soldes de comptes et produits d'épargne), les banques ne peuvent facturer aucuns frais de traitement. Au-delà, depuis le 1er janvier 2026, les frais sont plafonnés à 1 % du montant total des avoirs, avec un plafond absolu de 857 €[1]. Ce dispositif limite le coût administratif pour les familles, en particulier les plus modestes, et réduit le risque de voir une petite succession amputée de manière disproportionnée par les frais bancaires.
Droits de succession selon le lien de parenté
Les taux applicables en 2026 varient en fonction du lien de parenté entre le défunt et l'héritier, sans modification de barème par rapport aux années précédentes[1][2] :
- Héritiers en ligne directe (enfants, parents, petits-enfants) : après application de l'abattement de 100 000 €, le barème progressif s'applique, avec des taux allant de 5 % à 45 % selon la part nette taxable[1][2].
- Frères et sœurs : après un abattement de 15 932 €, le taux est de 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà[1][3].
- Neveux et nièces : après un abattement de 7 967 €, un taux unique de 55 % s'applique[3].
- Parents jusqu'au 4e degré (cousins germains notamment) : taxation à 55 %, sans abattement spécifique autre que l'abattement de 1 594 € le cas échéant[3].
- Héritiers non apparentés (y compris concubins non pacsés) : taux fixe de 60 %, après l'abattement minimal de 1 594 € seulement, ce qui rend l'anticipation patrimoniale d'autant plus indispensable[3].
Héritiers en ligne directe
| Tranche de part nette taxable | Taux applicable en 2026 |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Exemple concret : un père transmet un appartement estimé à 500 000 € à son fils unique. Après application de l'abattement de 100 000 €, la base taxable est de 400 000 €. En appliquant le barème progressif, les droits de succession à payer sont d'environ 71 194 €. Cet exemple illustre l'importance de combiner abattements, donations en amont et éventuellement démembrement de propriété ou recours à l'assurance-vie pour optimiser la transmission d'un patrimoine immobilier, y compris lorsqu'il est structuré via des SCPI de rendement ou des SCPI fiscales.
Frères et sœurs
| Tranche de part nette taxable | Taux applicable en 2026 |
|---|---|
| Inférieure ou égale à 24 430 € | 35 % |
| Supérieure à 24 430 € | 45 % |
Droits de succession pour les parents jusqu'au 4ᵉ degré
Les parents jusqu'au 4e degré (oncles, tantes, cousins germains, etc.) sont taxés à un taux unique de 55 %, après l'abattement minimal lorsque aucun autre abattement n'est applicable[3].
Droits de succession pour les héritiers non apparentés
Pour les héritiers non parents (y compris les concubins non pacsés, amis, etc.), un taux fixe de 60 % s'applique sur la part nette taxable après l'abattement minimal de 1 594 € seulement. Cette fiscalité particulièrement lourde justifie de recourir à des solutions alternatives (assurance-vie, donations graduelles, démembrement, SCI, pacte Dutreil pour les transmissions d'entreprises, contrats de capitalisation, etc.) lorsque l'on souhaite protéger un conjoint non marié ou un proche sans lien de parenté[3].
Focus sur les familles recomposées : nouveaux abattements
La grande nouveauté concrète de 2026 porte sur les familles recomposées. Jusqu'ici, un bel-enfant non adopté était fiscalement traité comme un tiers : abattement de 1 594 € et taxation à 60 %. À compter du 1er janvier 2026, un abattement spécifique de 15 932 € s'applique aux transmissions au profit des enfants du conjoint ou du partenaire de PACS du défunt, à condition :
- que le défunt ait été marié ou pacsé avec le parent de l'enfant ;
- qu'il ait assuré une prise en charge effective et continue de l'enfant (secours, soins, éducation, charges du quotidien), sur une durée minimale :
- au moins 5 ans si l'enfant est mineur au moment du décès, ou
- au moins 5 ans durant sa minorité, ou 10 ans au total durant minorité et majorité si l'enfant est majeur au décès.
Au-delà de l'abattement de 15 932 €, le barème reste celui des non-parents, soit une taxation à 60 %. Ce dispositif constitue néanmoins un progrès pour les beaux-enfants ayant été réellement élevés par un beau-parent, tout en restant nettement moins favorable que l'adoption simple, qui ouvre droit à l'abattement de 100 000 € et au barème en ligne directe.
Débats et perspectives
En 2026, la poursuite du gel des abattements et des barèmes au moins jusqu'à fin 2028 s'analyse comme une hausse silencieuse de la fiscalité successorale pour une partie croissante des foyers. En parallèle, les discussions budgétaires portent sur plusieurs axes :
- la révision des niches fiscales jugées les plus coûteuses pour les grands patrimoines, comme certains usages de l'assurance-vie ;
- une réflexion sur le pacte Dutreil (exonération de 75 % sur la valeur des entreprises familiales sous conditions), avec l'objectif de préserver la transmission d'entreprises tout en limitant les effets d'optimisation jugés excessifs ;
- la montée en puissance des critères environnementaux, avec des dispositifs temporaires favorisant les dons orientés vers l'immobilier performant sur le plan énergétique et la rénovation énergétique.
Pour les patrimoines composés d'immobilier (direct ou via SCPI), de contrats d'assurance-vie et de parts d'entreprise, la logique est claire : le législateur cherche à encourager les investissements de long terme et les projets écologiques, tout en renforçant la progressivité pour les transmissions les plus élevées, notamment en cas de défaut d'anticipation.
Dans ce contexte, préparer sa succession, ce n'est pas la faire subir à ses proches : c'est opérer un véritable travail de gestion de patrimoine, mêlant donations, structuration via des contrats d'assurance-vie, recours ciblé aux SCPI pour mutualiser le risque immobilier, et, le cas échéant, mise en place d'un pacte Dutreil pour organiser la transmission d'une entreprise familiale.
Tableau récapitulatif des droits de succession en 2026
| Catégorie | Abattement | Taux de taxation |
|---|---|---|
| Héritiers en ligne directe (enfants, parents, petits-enfants) | 100 000 € par héritier (gelé jusqu'en 2028) | 5 % à 45 % selon la part nette taxable |
| Frères et sœurs | 15 932 € par héritier (gelé jusqu'en 2028) | 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà |
| Beaux-enfants (enfants du conjoint / partenaire de PACS non adoptés, sous conditions) | 15 932 € par héritier (à compter du 1er janvier 2026) | 60 % au-delà de l'abattement |
| Neveux et nièces | 7 967 € par héritier (gelé jusqu'en 2028) | 55 % |
| Autres héritiers (jusqu'au 4e degré) | 1 594 € (en l'absence d'autre abattement) | 55 % |
| Héritiers non-parents (tiers, concubins non pacsés) | 1 594 € | 60 % |
Informations complémentaires
- Exonérations : Le conjoint survivant et le partenaire de PACS restent exonérés de droits de succession[3], tout comme certains frères et sœurs cohabitants répondant à des critères précis. Les personnes handicapées bénéficient toujours d'un abattement spécifique de 159 325 € qui se cumule avec l'abattement lié au lien de parenté.
- Évolutions : Gratuité des frais bancaires pour les petites successions (moins de 5 965 €), plafonnement des frais de traitement à 1 % du montant total dans la limite de 857 €[1]. Les exonérations temporaires sur les dons en numéraire affectés à l'acquisition d'un logement neuf ou à des travaux d'économie d'énergie restent ouvertes jusqu'au 31 décembre 2026 seulement.
- Gel des abattements : Les principaux abattements et les barèmes de taux sont gelés au moins jusqu'au 31 décembre 2028, ce qui devrait réduire leur valeur réelle d'environ 10 % à 15 % à horizon 2028 compte tenu de l'inflation.
- Contrôles renforcés : L'administration fiscale intensifie ses contrôles sur les dons manuels, les donations déguisées et l'utilisation de certaines niches fiscales (assurance-vie, pacte Dutreil, structurations complexes), avec une vigilance accrue sur les grandes transmissions et sur les conditions d'accès aux nouveaux abattements des familles recomposées.
Conclusion
En 2026, les droits de succession en France se caractérisent par une apparente stabilité des barèmes et abattements, mais le gel prolongé de ces derniers jusqu'en 2028 constitue une hausse implicite de la fiscalité sur le patrimoine transmis. Dans le même temps, les frais bancaires restent strictement encadrés, les donations orientées vers l'immobilier durable bénéficient encore d'exonérations temporaires jusqu'à fin 2026, et un nouvel abattement significatif voit le jour au profit de certains beaux-enfants dans les familles recomposées.
Il est plus que jamais nécessaire de suivre de près les évolutions législatives et de se faire accompagner par un conseiller fiscal ou un conseiller en gestion de patrimoine pour bâtir une stratégie de transmission adaptée : utilisation des donations, arbitrage entre détention directe et via des SCPI, recours à l'assurance-vie, mise en place, si nécessaire, d'un pacte Dutreil pour la transmission d'une entreprise, et prise en compte des nouvelles règles pour les familles recomposées. Préparer sa succession, ce n'est pas la faire subir : c'est organiser dès aujourd'hui une transmission sereine, fiscalement optimisée et juridiquement sécurisée pour vos proches.
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À retenir
- En 2026, les abattements successoraux (100 000 € en ligne directe, 15 932 € pour les frères et sœurs, 7 967 € pour les neveux et nièces) et les barèmes demeurent nominalement inchangés mais sont gelés au moins jusqu'au 31 décembre 2028, ce qui équivaut à une hausse progressive de la pression fiscale[1].
- Le gel des abattements, dans un contexte d'inflation comprise entre 3 % et 4 % par an, devrait réduire leur valeur réelle de 10 % à 15 % d'ici 2028.
- Les frais bancaires de succession sont plafonnés à 1 % du montant total des avoirs, dans la limite de 857 €, avec gratuité pour les petites successions (moins de 5 965 €)[1].
- Une exonération temporaire de droits de donation s'applique jusqu'au 31 décembre 2026 aux dons en numéraire affectés à l'achat d'un logement neuf (ou en VEFA) ou à des travaux d'économie d'énergie, sous conditions strictes d'utilisation et de conservation[1].
- Le conjoint et le partenaire de PACS restent exonérés de droits de succession, tout comme certains frères et sœurs cohabitants, et les personnes handicapées bénéficient d'un abattement spécifique de 159 325 €[3].
- À compter du 1er janvier 2026, certaines familles recomposées bénéficient d'un abattement renforcé de 15 932 € pour les transmissions au profit d'enfants du conjoint ou du partenaire de PACS, sous réserve d'une prise en charge effective et continue par le défunt ; le taux de 60 % reste toutefois applicable au-delà de cet abattement.
- Les contrôles fiscaux sont renforcés sur les dons, l'assurance-vie, le pacte Dutreil et les schémas de transmission patrimoniale complexes, ce qui renforce l'intérêt d'une anticipation et d'un accompagnement professionnel.
Conseil de l'auteur
En tant qu'expert en SCPI et en transmission de patrimoine, je constate qu'avec le gel des abattements jusqu'en 2028 et la montée en puissance des contrôles fiscaux, l'inaction est devenue la pire des stratégies. Utilisez dès maintenant les donations, l'assurance-vie, la structuration de votre immobilier (y compris via des SCPI) et, lorsque c'est pertinent, des pactes Dutreil pour organiser la transmission de votre entreprise. Si vous êtes dans une famille recomposée, anticipez également les nouvelles conditions du dispositif 2026 pour les beaux-enfants : l'abattement de 15 932 € est un progrès, mais la taxation à 60 % au-delà reste lourde — l'adoption simple ou l'assurance-vie peuvent offrir une protection bien plus efficace. Préparer sa succession, ce n'est pas la faire subir à vos héritiers : c'est organiser aujourd'hui une succession maîtrisée, fiscalement optimisée et apaisée, pour éviter demain une fiscalité subie et des conflits familiaux.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !