À compter du 1er septembre 2026, deux évolutions importantes modifient les règles de calcul de la retraite de base pour de nombreuses femmes ayant eu des enfants et, dans certains cas, la retraite anticipée pour carrière longue. Le gouvernement a annoncé un calcul plus favorable du salaire annuel moyen pour les mères, ainsi qu'une meilleure prise en compte de certains trimestres liés aux enfants dans le dispositif de départ anticipé.
L'enjeu est double : améliorer légèrement la pension de base pour certaines assurées, et faciliter l'accès à un départ anticipé pour celles qui ont commencé à travailler tôt. Ces changements doivent aussi être lus à travers une stratégie patrimoniale plus large, notamment pour les épargnantes qui utilisent déjà un PER ou une assurance-vie pour compléter leur future retraite.
1. Ce qui change au 1er septembre 2026
La première mesure concerne le calcul de la pension de base des mères bénéficiant de trimestres liés aux enfants. Pour une mère ayant eu un enfant, la retraite sera désormais calculée sur les 24 meilleures années de carrière au lieu de 25 ; pour celles ayant eu deux enfants ou plus, le calcul se fera sur les 23 meilleures années au lieu de 25.
Cette évolution vise à neutraliser en partie les années de carrière les moins rémunératrices, souvent situées autour des périodes de maternité, de congé parental ou de reprise d'activité à temps partiel.
La deuxième mesure porte sur la retraite anticipée pour carrière longue (RACL). Désormais, jusqu'à deux trimestres liés aux enfants pourront être retenus dans la durée cotisée requise pour partir plus tôt, alors qu'ils n'étaient pas pris en compte jusque-là dans ce cadre.
Selon les informations publiées par le ministère du Travail et reprises par plusieurs médias, ces trimestres peuvent provenir de la maternité, de l'éducation, de l'adoption ou encore de certains congés parentaux.
2. Qui est concerné
Les nouvelles règles visent principalement les mères du secteur privé relevant du régime général, ainsi que certaines assurées affiliées à des régimes proches, selon les précisions publiées par la presse et les administrations.
Pour bénéficier du nouveau calcul des meilleures années, il faut en pratique remplir les conditions liées à la majoration de durée d'assurance au titre des enfants. Les sources citées indiquent aussi que cette mesure peut, dans certains cas, concerner des pères, si ce sont eux qui disposent des droits parentaux ouvrant la majoration.
Concernant la carrière longue, le bénéfice reste réservé aux personnes qui ont commencé tôt leur vie active et qui remplissent déjà les conditions d'âge de début de carrière et de trimestres cotisés, mais les trimestres familiaux pris en compte élargissent désormais légèrement le champ des bénéficiaires.
3. Quel impact concret sur la pension
L'effet de la réforme sur le montant de la pension de base est réel mais généralement limité. Les médias spécialisés citent l'idée d'un gain souvent mesuré en quelques euros à quelques dizaines d'euros par mois, selon le niveau de salaire et la présence d'années très faibles dans la carrière.
Autrement dit, le passage de 25 à 24 ou 23 années permet d'exclure une année de faible revenu, mais l'amélioration dépend fortement de la trajectoire individuelle : carrière linéaire ou hachée, temps partiel, salaire en hausse progressive, interruptions liées aux enfants, etc.
En revanche, l'impact peut être plus visible pour les femmes dont les revenus ont été pénalisés par une longue période de congé parental ou de temps partiel, car ces années pèsent davantage dans la moyenne des 25 meilleures années.
Pour la carrière longue, l'effet peut être plus stratégique encore : deux trimestres peuvent parfois suffire à franchir le seuil requis et permettre un départ anticipé de quelques mois à deux ans plus tôt selon les situations individuelles, même si l'avantage exact dépend des générations et du nombre de trimestres déjà validés.
4. Pourquoi cette réforme a été mise en place
Cette réforme s'inscrit dans une logique de correction des effets de carrière subis par les femmes ayant des enfants. Les périodes de maternité, d'éducation ou de réduction d'activité ont souvent des conséquences durables sur le niveau des revenus retenus pour le calcul de la retraite.
Le gouvernement met aussi en avant un objectif d'équité entre les parcours, en tenant mieux compte des interruptions ou ralentissements d'activité liés à la parentalité.
Plusieurs sources indiquent que la mesure a été pensée pour un impact ciblé, avec des bénéficiaires principalement parmi les femmes nées autour de 1970 et au-delà, et avec une montée en charge à partir de septembre 2026.
5. Ce que cela change pour les stratégies d'épargne retraite
Le PER reste central
Même avec ces améliorations, la retraite publique reste insuffisante pour maintenir le niveau de vie de nombreux ménages. Les ajustements du 1er septembre 2026 ne remplacent donc pas une stratégie d'épargne retraite dédiée, en particulier via un PER.
Le PER conserve trois avantages structurants :
- il permet de préparer la retraite sur une base de capitalisation ;
- il offre un cadre fiscal attractif à l'entrée, sous conditions ;
- il peut compléter une pension de base parfois encore trop faible malgré la réforme.
Pour les mères dont la pension de base progresse modestement, le PER peut jouer un rôle de rattrapage : l'idée n'est pas d'attendre que le système obligatoire compense entièrement la baisse de revenus liée à la parentalité, mais de lisser dans le temps cette fragilité par des versements programmés.
L'assurance-vie garde un rôle complémentaire
L'assurance-vie reste pertinente pour les profils qui veulent plus de souplesse que le PER. Elle peut servir à constituer une réserve de long terme, à arbitrer entre sécurité et rendement, et à récupérer un capital ou des retraits dans un cadre plus libre que celui du PER.
Dans une logique retraite, l'assurance-vie est souvent utilisée en complément du PER :
- le PER pour l'avantage fiscal et la préparation stricte de la retraite ;
- l'assurance-vie pour la disponibilité, la liquidité et la transmission.
Pour les mères concernées par la réforme, cette complémentarité est importante : un gain public de quelques euros ou quelques mois ne suffit pas toujours à sécuriser le niveau de vie futur, surtout si la carrière a été partiellement interrompue.
6. Comment arbitrer selon son profil
Si vous avez eu un enfant
Le nouveau calcul à 24 meilleures années peut déjà créer un léger surcroît de pension si une année faible est écartée. Mais l'effet reste souvent limité, donc la priorité consiste à vérifier :
- si vous êtes concernée par la majoration de durée d'assurance ;
- si votre trajectoire vous ouvre le droit à la carrière longue ;
- si un versement régulier sur un PER peut combler l'écart de revenu futur.
Si vous avez eu deux enfants ou plus
Le passage à 23 meilleures années est plus favorable. Plus la carrière contient de périodes mal rémunérées, plus cette mesure peut améliorer le revenu de référence.
Dans ce cas, il devient pertinent de comparer trois leviers :
- l'effet de la réforme sur la pension de base ;
- l'effet potentiel d'un départ anticipé via carrière longue ;
- la rente ou le capital complémentaire généré par une épargne retraite volontaire.
Si vous êtes proche de la retraite
Pour les assurées proches du départ, la question n'est pas seulement le montant de pension, mais aussi le timing. Deux trimestres peuvent suffire à changer une date de départ, donc il faut vérifier précisément son relevé de carrière et ses trimestres validés.
Dans ce cas, le PER peut encore servir, mais il faut surtout éviter les décisions prises trop vite sur la seule base d'une estimation approximative. Une simulation détaillée est indispensable pour mesurer si le gain public justifie une baisse de versements ou un changement de support d'épargne.
7. Points de vigilance
Les nouvelles règles ne signifient pas que toutes les mères verront leur pension augmenter fortement. Les gains seront variables et parfois modestes, notamment quand les meilleures années de carrière sont déjà nombreuses ou quand le salaire a peu fluctué.
Autre point essentiel : la réforme ne remplace pas les autres droits déjà existants pour les mères, comme les trimestres additionnels et la majoration parentale. Les deux nouvelles mesures viennent s'ajouter à ces dispositifs, sans les supprimer.
Enfin, les règles exactes d'application peuvent varier selon le régime et les situations personnelles. Il reste donc indispensable de vérifier son cas particulier auprès de son relevé de carrière ou d'un conseiller spécialisé.
Conclusion
Le 1er septembre 2026 marque une évolution concrète, mais ciblée, de la retraite des mères et de la carrière longue. Le passage à 24 meilleures années pour un enfant et 23 meilleures années pour deux enfants ou plus améliore le calcul de la pension de base, tandis que la prise en compte de deux trimestres liés aux enfants peut faciliter un départ anticipé pour certaines carrières longues.
Sur le plan patrimonial, cette réforme doit être lue comme un complément, pas comme une solution suffisante. Pour beaucoup de femmes, la bonne réponse reste une combinaison entre droits à retraite, PER et assurance-vie, afin de compenser durablement les effets d'une carrière parfois interrompue ou ralentie par la parentalité.
Cet article en 30 secondes
- Identifiez si vous bénéficiez des 24 ou 23 meilleures années pour estimer le gain réel sur votre pension.
- Vérifiez si deux trimestres liés aux enfants peuvent vous ouvrir ou avancer le départ en carrière longue.
- Calculez l'écart entre retraite publique et revenu souhaité pour dimensionner vos versements sur un PER.
- Combinez PER et assurance-vie pour sécuriser à la fois fiscalité, liquidité et complément de revenus à long terme.
À retenir
À partir du 1er septembre 2026, les mères (et certains pères) voient le calcul de leur retraite de base légèrement amélioré grâce à la prise en compte de 24 ou 23 meilleures années au lieu de 25 et à l'intégration de deux trimestres liés aux enfants dans le dispositif de carrière longue. L'impact financier reste généralement modeste, mais peut être décisif pour un départ anticipé. Cette réforme doit être intégrée dans une stratégie globale combinant retraite obligatoire, PER et assurance-vie afin de sécuriser durablement le niveau de vie à la retraite.
Sources
- Ministère du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion – Dossiers de presse sur la réforme des retraites.
- Assurance retraite – Fiches pratiques sur la retraite des parents et les trimestres liés aux enfants.
- Service-public.fr – Démarches et conditions de la retraite anticipée pour carrière longue.
- Presse spécialisée retraite et patrimoine – Analyses des impacts de la réforme 2026.
Conseil de l'expert
Avant d'ajuster vos versements sur un PER ou une assurance-vie, faites réaliser une simulation personnalisée intégrant les nouvelles règles (meilleures années et trimestres enfants). Confrontez ce diagnostic à votre budget à la retraite cible : c'est l'écart entre les deux qui doit piloter le montant, le rythme et le support de votre épargne, plutôt que la seule annonce de la réforme.
À propos de l'auteur
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs.





