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Foncières solidaires : un investissement immobilier engagé en 2026

Foncières solidaires : un investissement immobilier engagé en 2026
Comprendre les foncières solidaires et leur impact
Les foncières solidaires jouent un rôle essentiel dans le financement de projets à fort impact social. Elles permettent de concilier investissement immobilier et solidarité sociale, tout en répondant aux enjeux sociétaux actuels comme le maintien à domicile des personnes âgées ou l'accès à un logement abordable.
Cette démarche s'inscrit dans un mouvement plus large de logement abordable, illustré par le développement du bail réel solidaire (BRS). À fin novembre 2024, 3 709 logements en BRS avaient été livrés, soit un doublement en un an, et plus de 20 500 logements sont identifiés comme projets à horizon 2028, selon l'Observatoire de Foncier Solidaire France et le ministère de la Transition écologique[2][3]. Les données nationales publiées début 2025 confirment cette dynamique avec 2 119 logements effectivement en parc BRS au 31 décembre 2023 et une montée en puissance progressive en 2024[3].
Qu'est-ce qu'une foncière solidaire ?
Les foncières solidaires sont des structures d'investissement spécialisées dans l'acquisition et la gestion de biens immobiliers destinés à des projets d'utilité sociale. Contrairement aux foncières traditionnelles, leur objectif principal ne se limite pas à la rentabilité financière : elles visent aussi un impact positif sur des publics vulnérables (personnes âgées, ménages modestes, publics précaires).
Cette logique rejoint la forte croissance des organismes de foncier solidaire (OFS). Au 31 décembre 2024, 188 agréments OFS avaient été délivrés, concernant 155 structures réparties sur l'ensemble du territoire métropolitain et une partie de l'outre-mer[3]. Les études sectorielles montrent qu'une majorité de ces OFS sont adossés au monde du logement social, ce qui permet de sécuriser l'accès au logement sur le long terme en dissociant le foncier des murs[3][7]. Les OFS, définis par l'article L.329-1 du Code de l'urbanisme, portent le terrain de façon pérenne et concluent un BRS de 18 à 99 ans avec les accédants, qui acquièrent les droits réels sur le bâti et versent une redevance foncière à l'OFS[3][5].
Caractéristiques principales
- Focus social renforcé : les foncières solidaires financent des projets comme le logement intermédiaire, l'habitat inclusif ou les structures de soins. Le BRS illustre cette orientation en neutralisant le coût du foncier pour rendre l'accession sociale à la propriété durablement abordable, dans des zones souvent très tendues, tout en maintenant dans le temps la valeur des droits réels grâce au caractère rechargeable du bail à chaque mutation[3].
- Fiscalité avantageuse : les investisseurs peuvent, selon le véhicule et le cadre réglementaire, bénéficier d'une réduction d'impôt de 25 % en investissant dans certains projets de foncier solidaire, par exemple via des dispositifs de finance solidaire labellisée. Les foncières solidaires s'inscrivent dans le champ plus large de l'épargne solidaire, avec un avantage fiscal conditionné au respect de critères d'utilité sociale[4][7].
- Rendement modéré mais stable : le rendement financier est souvent moins élevé que dans les foncières classiques, mais compensé par un impact social tangible. À titre indicatif, les véhicules de foncier agricole solidaire présentent un rendement locatif moyen autour de 2,7 % avant charges, ce qui donne un ordre de grandeur du profil de performance attendu lorsque la priorité reste l'impact[4].

Pourquoi investir dans les foncières solidaires ?
Soutenir le maintien à domicile des personnes âgées
Avec le vieillissement de la population, la demande pour des logements adaptés aux personnes âgées ne cesse de croître. Les foncières solidaires financent des projets qui permettent de créer des logements accessibles, sécurisés et adaptés aux besoins spécifiques des seniors (domotique, accessibilité, services de proximité, etc.), en articulation avec les politiques publiques du grand âge.
Ces initiatives s'inscrivent dans un parc résidentiel français qui comptait 38,4 millions de logements au 1er janvier 2025, selon les statistiques nationales du logement[10]. L'enjeu est majeur : adapter une partie de ce parc au grand âge et à la dépendance, dans un contexte de ressources publiques contraintes et de forte tension sur l'offre de logements abordables.
Participer à une société plus inclusive
Les foncières solidaires soutiennent également des initiatives visant à réduire les inégalités en matière de logement, notamment pour les foyers à faibles revenus ou les personnes en situation de handicap. Elles s'appuient sur des dispositifs comme le BRS, qui vise explicitement les ménages modestes ne pouvant acheter au prix du marché classique[3][5][6].
Le développement du BRS illustre cette dynamique inclusive : plus de 20 500 logements BRS sont actuellement en projets à horizon 2028, avec une forte présence en Nouvelle-Aquitaine, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes[2][3]. Depuis le 1er janvier 2025, le dispositif cible des ménages dont les ressources ne dépassent pas des plafonds définis par décret et accessibles via la plateforme officielle BoRiS, et la condition d'absence de patrimoine immobilier significatif a été renforcée pour mieux cibler les accédants[5][6]. En 2026, environ 87 % des personnes résidant en France seraient théoriquement éligibles aux plafonds de ressources BRS, ce qui confirme l'ampleur potentielle de ce levier d'accession sociale[6].
Les principales foncières solidaires en France
Voici un panorama de quelques foncières solidaires de référence et de leurs spécificités (liste indicative et non exhaustive) :
| Nom de la foncière | Domaines d'intervention | Projets phares |
|---|---|---|
Foncière Habitat et Humanisme | Logement intermédiaire, insertion, résidences sociales | Construction et acquisition de résidences sociales, pensions de famille et logements passerelles pour ménages en difficulté |
La Foncière Chêne de Vie | Maintien à domicile des personnes âgées, habitat adapté | Création d'appartements adaptés aux seniors et résidences services de taille humaine en lien avec les services médico-sociaux |
Solifap | Accès au logement pour les publics précaires, lutte contre le mal-logement | Financement d'établissements sociaux et solidaires, de pensions de famille et de projets d'hébergement pour personnes en grande exclusion |
Ces acteurs s'inscrivent dans un écosystème plus large d'organismes de foncier solidaire et de foncières à impact, souvent adossés au monde associatif ou coopératif, et travaillant de plus en plus en complémentarité avec des solutions comme les SCPI solidaires ou les fonds immobiliers responsables[7].
Avantages et limites des foncières solidaires
Avantages
- Impact social mesurable : les projets permettent une amélioration directe des conditions de vie de nombreuses personnes. La montée en puissance des logements BRS livrés (3 709 à fin novembre 2024) et des programmes en pipeline démontre la capacité du foncier solidaire à produire des logements abordables dans les territoires où la tension immobilière est forte[2][3]. Les indicateurs d'impact (nombre de logements créés, publics logés, économies de loyers) sont de plus en plus structurés[7].
- Avantage fiscal : la réduction d'impôt de 25 % attachée à certaines souscriptions solidaires constitue un incitatif notable pour les investisseurs, dans un marché où l'épargne solidaire continue de progresser en encours et en diversification de produits[4]. Les dispositifs fiscaux restent cependant encadrés (plafonds annuels, conditions de durée de détention, nature des projets financés).
- Diversification patrimoniale : ces investissements complètent un portefeuille orienté vers des valeurs sociétales et offrent une exposition à des actifs immobiliers peu corrélés aux marchés financiers traditionnels. Ils peuvent être combinés avec d'autres supports comme les SCPI, l'immobilier locatif classique ou l'assurance-vie, dans une logique de diversification thématique (social, santé, logement abordable)[7].
- Outil de défiscalisation : pour certains profils, les foncières solidaires sont particulièrement intéressantes pour défiscaliser et apporter une diversification utile dans leur patrimoine, en complément d'autres placements immobiliers ou financiers. Les solutions d'épargne solidaire immobilière deviennent d'ailleurs des briques courantes dans les contrats d'assurance-vie et les comptes-titres, via des unités de compte dédiées[4][7].
Limites
- Rendement plus faible : la priorité étant donnée à l'impact social, les performances financières peuvent être modérées par rapport à des foncières purement patrimoniales ou à certaines SCPI de rendement. Le profil de risque-rendement se rapproche souvent de celui de l'immobilier résidentiel à vocation sociale, avec une distribution de revenus plus régulière mais moins élevée.
- Risque lié à la gestion des projets : la réussite des projets dépend de la qualité de la gestion des foncières et de leurs partenaires (bailleurs sociaux, associations, collectivités), dans un contexte de baisse globale des mises en chantier et d'ajustement du marché de la construction observés depuis 2024[5]. La capacité à monter et à livrer des opérations dans des conditions économiques dégradées reste un enjeu important.
- Horizon d'investissement long : comme tout investissement immobilier, il s'agit d'un placement de long terme, peu adapté à ceux qui recherchent une liquidité rapide. Le modèle économique des foncières solidaires repose souvent sur des baux de longue durée (18 à 99 ans pour les BRS, baux emphytéotiques, conventions avec les bailleurs) qui sécurisent le projet social mais limitent les possibilités de sortie rapide.
Comment investir dans une foncière solidaire ?
Les critères à évaluer
Avant d'investir dans une foncière solidaire, il est recommandé d'analyser plusieurs points clés :
- La solidité financière de la foncière : niveau de fonds propres, diversification des actifs, taux d'occupation, profil des locataires (bailleurs sociaux, associations, collectivités, structures médico-sociales).
- Les projets soutenus et leur pertinence sociale : localisation des opérations, nature des publics ciblés, articulation éventuelle avec des dispositifs comme le BRS. Depuis 2025-2026, les plafonds de revenus sont actualisés chaque année et disponibles sur la plateforme BoRiS, selon la zone (A bis, A, B1, B2, C) et la composition du ménage[5][6]. La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2025 a également clarifié les conditions de location temporaire d'un logement en BRS, sous autorisation de l'OFS et sous réserve du respect des plafonds de ressources et de loyers[5][7].
- Les modalités de réduction fiscale associées : éligibilité à une réduction d'impôt, nature du dispositif, plafonds de souscription, durée minimale de détention, contraintes de sortie. Il est essentiel de vérifier la présence d'un label de finance solidaire ou équivalent, qui conditionne souvent l'avantage fiscal[4][7].
- La gouvernance et la transparence : rapports d'impact social, reporting annuel (nombre de personnes logées, typologie des bénéficiaires, indicateurs environnementaux), présence d'un comité éthique ou d'un comité d'investissement indépendant, association des épargnants aux décisions stratégiques.
Les modalités d'investissement
L'investissement peut se faire :
- Directement auprès des foncières solidaires, via des augmentations de capital ou des souscriptions de parts sociales, souvent ouvertes à partir de quelques centaines ou milliers d'euros.
- Via des plateformes spécialisées en finance solidaire, qui sélectionnent et présentent des projets immobiliers à impact et offrent parfois des informations détaillées sur les indicateurs sociaux et environnementaux.
- Par l'intermédiaire de certains produits d'épargne (assurance-vie, comptes-titres, PEA-PME) intégrant une poche de finance solidaire ou des unités de compte immobilières solidaires, selon les contrats[4][7].
Dans tous les cas, il est important de bien se renseigner sur les conditions de souscription, les frais, l'horizon de placement, les risques spécifiques et les objectifs sociaux avant de s'engager.
Conclusion
Les foncières solidaires représentent une solution innovante pour investir dans l'immobilier tout en ayant un impact positif sur la société. En soutenant des projets d'utilité sociale (logement abordable, maintien à domicile, inclusion), elles permettent aux investisseurs de concilier rentabilité, solidarité et, dans certains cas, optimisation fiscale.
La progression du BRS en 2024 et la confirmation d'un stock de plus de 20 500 logements en projets à horizon 2028 attestent de la montée en puissance de ces dispositifs d'accession sociale et de foncier solidaire[2][3][5]. Pour un épargnant, ces solutions peuvent être pertinentes pour défiscaliser et apporter un peu de diversification utile dans son patrimoine, à condition de bien mesurer l'horizon de placement, la spécificité des risques et la qualité des acteurs sélectionnés.
À retenir
- Les foncières solidaires financent des projets immobiliers à forte utilité sociale (logement abordable, seniors, publics fragiles), en s'appuyant notamment sur des dispositifs comme le bail réel solidaire porté par les OFS.
- Elles peuvent offrir un avantage fiscal (réduction d'impôt pouvant aller jusqu'à 25 %) en contrepartie d'un rendement modéré et d'un horizon clairement long terme, dans le cadre de l'épargne solidaire.
- Le développement du BRS (3 709 logements livrés à fin 2024, plus de 20 500 en projets à horizon 2028) renforce le rôle des organismes de foncier solidaire dans la production de logements abordables[2][3].
- Ces placements sont particulièrement adaptés pour diversifier son patrimoine, donner du sens à son épargne et défiscaliser de manière encadrée, en complément de solutions comme les SCPI, l'immobilier locatif classique ou l'assurance-vie.
Conseil de l'expert
En tant qu'expert en SCPI et en investissement immobilier, je recommande d'aborder les foncières solidaires comme un complément à vos placements classiques (SCPI de rendement, immobilier locatif, assurance-vie). Elles sont particulièrement intéressantes pour défiscaliser et apporter une diversification utile dans votre patrimoine, à condition de ne pas dépasser une part raisonnable (souvent 5 à 15 % de l'épargne financière) et de sélectionner des acteurs disposant d'un historique solide, d'un reporting d'impact clair et d'une gouvernance transparente. L'intégration de ces solutions dans une stratégie globale peut également se faire via des SCPI thématiques ou des fonds immobiliers responsables, qui permettent de mutualiser les risques tout en gardant une orientation sociale et solidaire marquée[7].
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !