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Travaux de rénovation en 2026 : qui paie, le propriétaire ou le locata

Comprendre les responsabilités entre bailleur, locataire et copropriété
Lorsqu'un logement nécessite des travaux, la question de leur prise en charge dépend d'abord de la nature des réparations : entretien courant, grosse réparation, mise en conformité ou travaux communs en copropriété. En 2026, cette distinction reste essentielle, car le bailleur demeure tenu de délivrer un logement décent et d'en garantir la jouissance paisible, tandis que le locataire supporte les réparations locatives et l'entretien normal du bien.
Les obligations légales du propriétaire bailleur
Le logement décent et la mise en conformité
Le bailleur doit remettre au locataire un logement décent, exempt de risques manifestes pour la sécurité ou la santé, et conforme à l'usage d'habitation. Le Code civil impose aussi au bailleur de délivrer la chose louée et d'en assurer l'entretien pendant le bail.
En pratique, cela signifie que le propriétaire doit corriger les défauts qui empêchent l'usage normal du logement :
- absence de chauffage fonctionnel ;
- installation électrique dangereuse ;
- humidité structurelle ;
- ventilation insuffisante ;
- défauts graves d'isolation lorsqu'ils compromettent la décence.
La performance énergétique est devenue un point central de cette obligation, avec un encadrement renforcé des logements les plus énergivores. Le DPE doit être valide lors de la mise en location, et les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location comme résidence principale depuis le 1er janvier 2025 ; les logements classés F seront, à leur tour, progressivement concernés par les restrictions à venir. Dans ce contexte, les travaux d'amélioration énergétique prennent une place croissante dans les obligations du bailleur.
Le bailleur doit aussi installer un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) dans le logement.
Les gros travaux et la rénovation énergétique
Les travaux lourds relèvent en principe du bailleur : toiture, murs porteurs, structure, remplacement d'équipements essentiels ou remise à niveau d'installations devenues dangereuses ou obsolètes.
Sont notamment à sa charge :
- le remplacement d'une chaudière défaillante ou dangereuse ;
- le changement d'un ballon d'eau chaude hors service ;
- la réfection d'une installation électrique non conforme ;
- la réparation de la toiture ou de la structure ;
- le remplacement de fenêtres vétustes lorsque cela relève d'une remise en état lourde ou d'une mise en conformité ;
- les travaux nécessaires au respect des obligations de décence ou de performance énergétique.
Exemple concret
Un propriétaire loue un appartement dont l'isolation de toiture est inexistante. Les pertes de chaleur rendent le logement difficile à chauffer et fragilisent sa conformité énergétique. Dans ce cas, les travaux d'isolation relèvent du bailleur, car ils participent à la mise en conformité et à la rénovation énergétique du bien.
Les travaux à charge du locataire
L'entretien courant et les réparations locatives
Le locataire doit assurer l'entretien courant du logement et les réparations locatives, ce qui inclut les petites interventions liées à l'usage normal des lieux.
Relèvent généralement du locataire :
- le remplacement des joints ;
- la remise en état d'un robinet qui fuit ;
- l'entretien annuel de la chaudière lorsqu'il est prévu au bail ou par les règles applicables ;
- les petites réparations et l'entretien courant des revêtements ou équipements soumis à l'usure normale.
Limites et nuance à prévoir
Lorsque la dégradation provient de la vétusté, de l'usure normale ou d'un vice du bâtiment, la charge revient au bailleur et non au locataire. De même, toute transformation importante du logement nécessite en principe l'accord écrit du propriétaire.
Exemple concret
Un locataire remplace une moquette très usée par suite d'un usage normal. Cette dépense peut relever de son entretien courant. En revanche, si une fissure structurelle apparaît dans l'immeuble, les travaux de consolidation ne peuvent pas être imputés au locataire.

Le rôle de la copropriété et des travaux communs
Dans un immeuble en copropriété, les travaux sur les parties communes — toiture, façade, ascenseur, cage d'escalier, canalisations communes — sont votés et financés par le syndicat des copropriétaires, puis répartis entre les copropriétaires selon les tantièmes.
Le copropriétaire bailleur reste toutefois responsable vis-à-vis de son locataire : il doit garantir la jouissance paisible du logement, même si le trouble provient des parties communes, et ne peut pas s'exonérer de ses obligations de délivrance au seul motif qu'un désordre vient de la copropriété.
Répartition des charges
Les charges et appels de fonds décidés en copropriété sont payés par le copropriétaire, donc par le bailleur lorsqu'il s'agit d'un logement loué. Certaines dépenses peuvent être récupérables sur le locataire, mais les grosses réparations et la majorité des travaux structurels restent à la charge du propriétaire.
Le bailleur doit aussi conserver les justificatifs des charges récupérables et transmettre au locataire les éléments de régularisation prévus par la réglementation, via les loyers et les charges associées.
Point d'attention pour la rénovation énergétique
La rénovation énergétique reste un sujet majeur en 2026, car elle se combine aux exigences de décence et de normes environnementales et aux restrictions progressives sur les logements les plus énergivores. Pour les copropriétés, cela implique souvent des décisions collectives coûteuses, intégrées au plan de travaux et réparties entre copropriétaires selon les quotes-parts.

Tableau récapitulatif : Qui paie quoi ?
Type de travaux | Charge principale | Observations |
|---|---|---|
Entretien courant, réparations locatives | Locataire | Exemple : joints, robinetterie, entretien courant |
Gros travaux structurels | Bailleur / copropriété | Exemple : toiture, mur porteur, structure |
Travaux d'amélioration énergétique | Bailleur / copropriété | Exemple : isolation, équipements, mise en conformité DPE |
Transformation importante du logement | Généralement locataire avec accord écrit | Accord préalable recommandé |
Travaux pendant le bail | Bailleur | Le locataire peut demander une réduction de loyer si la gêne est importante |
Conditions, notifications et litiges
Obligation de notification
Avant certains travaux, le bailleur doit informer le locataire par écrit de leur nature, de leur durée et de leurs conséquences sur l'occupation du logement. Dans une copropriété, les désordres signalés par le locataire doivent être transmis rapidement au syndic lorsqu'ils concernent les parties communes.
Droits du locataire en cas de travaux lourds
Lorsque les travaux durent plus de 21 jours et privent le locataire d'une partie du logement, celui-ci peut demander une diminution de loyer proportionnelle à la surface et à la durée d'indisponibilité. Si les travaux rendent le logement inhabitable, la résiliation du bail peut être envisagée selon les circonstances.
Clause abusive et recours
Une clause qui ferait supporter au locataire des grosses réparations est en principe réputée non écrite. En cas de litige, les parties peuvent saisir la commission de conciliation ou le tribunal compétent.
Un propriétaire loue un appartement de 60 m² meublé pour un loyer de 750 € par mois. Il constate que l'isolation de la toiture est insuffisante et engage des travaux d'isolation. La charge lui revient, car il s'agit d'un chantier de rénovation énergétique relevant du bailleur.
- Il informe le locataire par courrier du début des travaux, de leur durée estimée et des conditions d'accès au logement.
- Si 15 m² deviennent inutilisables pendant 21 jours, une réduction de loyer peut être calculée au prorata de la surface et du temps d'indisponibilité.
Réduction estimée : 750 × (15/60) × (21/30) ≈ 131 € → Loyer ajusté ≈ 619 € ce mois-ci.

Bonnes pratiques pour anticiper et gérer les travaux
- Vérifier dès l'entrée dans les lieux la répartition entre réparations locatives et travaux à la charge du bailleur.
- Prévoir un budget d'entretien et de rénovation, en particulier pour les travaux énergétiques et les équipements vieillissants.
- S'assurer que le bail et les annexes rappellent clairement les règles de copropriété et les obligations d'entretien.
- Suivre les décisions d'assemblée générale et les appels de fonds lorsqu'un bien est situé en copropriété.
- Conserver les diagnostics, factures et notifications écrites en cas de litige.

Conclusion
Savoir qui paie les travaux de rénovation suppose d'identifier la nature exacte des interventions : entretien courant, réparations locatives, gros travaux, mise en conformité ou travaux communs. En 2026, le bailleur reste responsable du logement décent, de la sécurité, de l'entretien structurel et de la rénovation énergétique lorsque celle-ci conditionne la conformité du bien, tandis que le locataire prend en charge l'usage quotidien et les petites réparations.
Une information écrite, une répartition claire des charges et le respect des procédures de notification permettent de limiter les litiges et de sécuriser à la fois la relation locative et la gestion patrimoniale.
À retenir
En 2026, la clé est de distinguer entretien courant et gros travaux : le premier relève du locataire, le second du bailleur ou de la copropriété, surtout pour la rénovation énergétique et le respect du DPE. Le bailleur doit garantir un logement décent, sécurisé et performant — les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les classés F seront prochainement concernés. Le locataire assure l'entretien quotidien. Une information écrite, des charges justifiées et le respect des procédures (notification, recours, AG de copropriété) réduisent fortement le risque de litiges et protègent la valeur du patrimoine.
Conseil d'expert
En tant qu'expert en gestion de patrimoine, je recommande aux bailleurs d'anticiper dès maintenant un plan pluriannuel de travaux intégrant la rénovation énergétique et les exigences de décence. Avec l'interdiction progressive des logements classés G puis F à la location, attendre expose à une vacance locative forcée et à une perte de valeur du bien. Priorisez un audit énergétique pour cibler les interventions les plus rentables, mobilisez les aides disponibles (MaPrimeRénov', CEE…) et documentez chaque étape par écrit. Cette discipline protège vos loyers futurs, sécurise la valeur de revente et réduit significativement le risque de litiges avec vos locataires.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !