Cette actualité en 30 secondes
- Anticipez l’effet limité de la hausse ILC/ILAT : les gérants n’appliquent pas toujours 100 % de l’indexation aux loyers.
- Vérifiez pour chaque SCPI l’indice utilisé (ILC, ILAT, ICC), la fréquence de révision et les plafonnements prévus au bail.
- Sur le long terme, la progression cumulée des indices soutient les loyers, mais avec des à-coups qu’il faut intégrer dans vos prévisions.
- Ne basez pas vos choix de SCPI uniquement sur les indices : analysez taux d’occupation, durée ferme des baux et solidité des locataires.
- Consultez les rapports annuels de vos SCPI pour comprendre leur politique d’indexation et la gestion des concessions de loyers.
Après une nette modération des revalorisations observée en 2025, les principaux indices de loyers professionnels changent de trajectoire au deuxième trimestre 2026. L'indice des loyers commerciaux (ILC) repasse en territoire positif sur un an, tandis que l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) accélère sa progression. L'indice du coût de la construction (ICC) renoue également avec une évolution annuelle positive.
Cette évolution concerne directement le suivi des loyers des actifs immobiliers détenus en France par les SCPI. L'ILAT peut notamment servir de référence pour les bureaux, les professions libérales et certaines activités exercées dans des entrepôts logistiques. L'ILC constitue, de son côté, l'indice de référence pour les activités commerciales et artisanales.
Les données du deuxième trimestre 2026, publiées par l'INSEE, marquent ainsi une inflexion par rapport au ralentissement constaté précédemment. Les niveaux restent toutefois éloignés des rythmes observés lors du pic du premier semestre 2023.
L'ILC repasse dans le vert au deuxième trimestre 2026
Au deuxième trimestre 2026, l'indice des loyers commerciaux atteint 137,16. Il s'établissait à 135,26 au trimestre précédent, ce qui correspond à une progression trimestrielle de +1,40 %.
L'évolution redevient également positive sur un an. L'ILC augmente de +0,26 % par rapport au deuxième trimestre 2025, période à laquelle sa valeur s'établissait à 136,81. Ce retour dans le vert intervient après trois trimestres consécutifs de baisse de l'indice en variation annuelle.
La trajectoire récente traduit une forte modération des indexations. Au deuxième trimestre 2025, la progression annuelle de l'ILC avait atteint seulement +0,07 %, après +0,96 % au trimestre précédent et +3,73 % un an auparavant. Le point haut avait été enregistré au premier trimestre 2023, avec une hausse de +6,69 %.
L'écart entre le niveau actuel et les variations observées en 2023 reste donc marqué. La progression annuelle de +0,26 % au deuxième trimestre 2026 signale une reprise, mais elle ne correspond pas à un retour aux niveaux d'indexation constatés lors du pic.
Une progression de l'ILC visible sur trois et neuf ans
Sur une période de trois ans, l'évolution de l'ILC atteint +4,06 % par rapport au deuxième trimestre 2023. L'indice s'établissait alors à 131,81.
Sur neuf ans, la progression ressort à +24,69 % par rapport au niveau de 110,00 enregistré au deuxième trimestre 2017. Cette variation concerne le plafonnement des loyers applicable lors du renouvellement d'un bail commercial au terme des neuf ans.
L'ILC concerne principalement les activités commerciales et artisanales. Il constitue l'indice de référence pour ces activités.
L'ILAT accélère sa progression annuelle
L'indice des loyers des activités tertiaires suit également une trajectoire ascendante. Au deuxième trimestre 2026, l'ILAT atteint 138,01, contre 137,42 au trimestre précédent. La progression entre les deux périodes s'établit à +0,43 %.
Sur un an, la hausse atteint +0,63 %, alors qu'elle était limitée à +0,09 % au trimestre précédent. L'ILAT s'établissait à 137,15 au deuxième trimestre 2025.
Cette accélération intervient après un ralentissement marqué. Au deuxième trimestre 2025, la hausse annuelle de l'ILAT était de +0,51 %, contre +1,60 % au trimestre précédent. Un an plus tôt, au deuxième trimestre 2024, la progression atteignait encore +4,45 %.
Le contraste est encore plus net avec le premier semestre 2023. L'ILAT avait alors enregistré une hausse historique de +6,51 % aux premier et deuxième trimestres 2023. L'accélération des tensions inflationnistes s'était répercutée avec un certain décalage sur les indices de revalorisation des loyers.
Une hausse de l'ILAT mesurable à plus long terme
La progression de l'ILAT demeure visible sur des horizons plus longs. Sur trois ans, elle atteint +5,64 % par rapport au deuxième trimestre 2023, lorsque l'indice s'établissait à 130,64.
Sur neuf ans, la variation atteint +25,59 % par rapport au deuxième trimestre 2017, période à laquelle l'ILAT affichait une valeur de 109,89.
Ces écarts illustrent la différence entre une évolution annuelle redevenue modérée et une progression cumulée plus importante sur des périodes longues.

ILAT : quel rôle pour les bureaux et les activités tertiaires ?
L'ILAT peut servir de référence pour la révision des baux portant sur des activités tertiaires autres que commerciales et artisanales. Son utilisation peut notamment concerner, sous réserve des règles applicables au bail :
- les espaces de bureaux ;
- les activités des professions libérales ;
- certaines activités exercées dans des entrepôts logistiques.
Les SCPI de bureaux utilisent notamment cet indice dans le cadre de la révision annuelle des loyers, en fonction des clauses d'indexation et des dates d'échéance prévues dans les baux. L'ILAT peut également s'appliquer aux locataires d'entrepôts logistiques ou d'autres locaux d'activité.
L'indice est calculé sur une base trimestrielle. Il est constitué par la somme pondérée d'indices représentatifs du niveau des prix à la consommation, du prix de la construction neuve et du produit intérieur brut en valeur.
ILC, ILAT et ICC : les chiffres clés du deuxième trimestre 2026
Au deuxième trimestre 2026, l'ILC, l'ILAT et l'ICC affichent tous une progression sur un an. L'ILC et l'ILAT progressent également sur trois et neuf ans. Pour l'ICC, l'évolution sur trois ans reste négative.
Indice | Valeur au T2 2026 | Évolution sur 1 an | Évolution sur 3 ans | Évolution sur 9 ans |
|---|---|---|---|---|
ILC | 137,16 | +0,26 % | +4,06 % | +24,69 % |
ILAT | 138,01 | +0,63 % | +5,64 % | +25,59 % |
ICC | 2 103 | +0,81 % | -0,94 % | +26,38 % |
La comparaison entre les trois indices met en évidence plusieurs évolutions distinctes :
- l'ILC repasse en variation annuelle positive après trois trimestres de baisse ;
- l'ILAT accélère sa hausse annuelle par rapport au trimestre précédent ;
- l'ICC retrouve une progression sur un an, mais reste inférieur à son niveau d'il y a trois ans ;
- les trois indices affichent une progression sur neuf ans.
Ces résultats distinguent les variations récentes des mouvements cumulés sur des périodes plus longues. Ils correspondent également à des usages différents selon la nature des locaux, des activités et des clauses prévues dans les baux.

L'ICC renoue avec une hausse annuelle
L'indice du coût de la construction s'établit à 2 103 au deuxième trimestre 2026. Il était de 2 084 au trimestre précédent, soit une progression de +0,91 % entre les deux périodes.
Sur un an, l'ICC augmente de +0,81 % par rapport au deuxième trimestre 2025, lorsqu'il s'établissait à 2 086. Cette évolution marque un changement de tendance : au trimestre précédent, sa variation annuelle était encore négative, à -2,89 %.
La comparaison sur trois ans donne toutefois un résultat différent. L'ICC reste légèrement inférieur à son niveau du deuxième trimestre 2023, qui atteignait 2 123. Son évolution sur cette période ressort donc à -0,94 %.
À neuf ans, la tendance reste orientée à la hausse. L'indice progresse de +26,38 % par rapport au deuxième trimestre 2017, lorsqu'il s'établissait à 1 664.
Le rôle de l'ICC diffère désormais de celui de l'ILC et de l'ILAT. Il reste suivi pour certains baux anciens ou certaines clauses spécifiques, mais son utilisation est plus limitée dans les nouveaux contrats. Il ne fait plus partie des indices pouvant être utilisés pour la révision ou le plafonnement des baux commerciaux. Il demeure néanmoins un indicateur de référence du coût de la construction.
Quels effets pour les SCPI détenant des actifs en France ?
Les indices de loyers servent de référence pour la révision des loyers dans les baux commerciaux ou professionnels. Leur utilisation peut intervenir dans le cadre :
- d'une révision contractuelle ;
- d'une révision triennale ;
- du plafonnement applicable lors du renouvellement.
Leur champ d'application varie selon la nature des locaux et des activités :
- l'ILC concerne principalement les activités commerciales et artisanales ;
- l'ILAT est utilisé pour les activités tertiaires, notamment les bureaux, les professions libérales et certains entrepôts logistiques ;
- l'ICC reste suivi pour certains baux anciens ou certaines clauses spécifiques, même si son rôle est plus limité dans les nouveaux contrats.
Pour les SCPI disposant d'un patrimoine situé en France, ces indices intéressent directement les revenus locatifs des immeubles concernés et, par conséquent, une partie des dividendes versés.
L'évolution d'un indice ne signifie toutefois pas que l'intégralité de sa variation est systématiquement répercutée sur le loyer. Les gestionnaires de SCPI n'appliquent pas toujours l'ensemble des indexations afin de ne pas fragiliser certains locataires. Des concessions sur les loyers sont également souvent négociées lors du renouvellement des baux, avec pour objectif de conserver un taux d'occupation maximal des bâtiments et des engagements de location aussi longs que possible.
Les effets d'une évolution de l'ILC ou de l'ILAT dépendent donc des clauses d'indexation et des dates d'échéance prévues dans les baux concernés. Deux immeubles soumis à des indices comparables peuvent ainsi présenter des calendriers d'évolution différents selon les stipulations contractuelles et les échéances applicables.
Une inflexion après le ralentissement de 2025
Les données du deuxième trimestre 2026 font apparaître une évolution annuelle positive pour les trois indices suivis dans le cadre des baux commerciaux et professionnels.
L'ILC retrouve une variation positive après trois trimestres consécutifs de baisse. L'ILAT, déjà en progression au trimestre précédent, accélère à +0,63 % sur un an. L'ICC renoue également avec une hausse annuelle, à +0,81 %, même si sa variation sur trois ans demeure négative.
Pour les SCPI, l'ILC et l'ILAT restent directement liés aux mécanismes de révision des loyers des actifs concernés. Leur évolution s'inscrit dans le cadre des clauses d'indexation et des échéances prévues dans les baux. L'application des variations peut aussi tenir compte des relations avec les locataires et des conditions négociées lors des renouvellements.
Les indices repartent donc à la hausse sur un an, mais leur influence sur les revenus locatifs dépend de la composition du patrimoine, de la localisation des actifs, du type de bail et du calendrier de révision applicable à chaque immeuble.
Conclusion
Le deuxième trimestre 2026 marque un changement de trajectoire pour les principaux indices utilisés dans l'évolution des loyers professionnels. L'ILC repasse en territoire positif après trois trimestres de baisse annuelle, tandis que l'ILAT accélère sa progression. L'ICC retrouve également une hausse sur un an, malgré une évolution encore négative sur trois ans.
Pour les SCPI, ces mouvements constituent un élément de suivi des actifs soumis à des baux commerciaux ou professionnels. Ils ne se traduisent toutefois pas automatiquement par une revalorisation équivalente des loyers ou des revenus distribués. Les effets dépendent des clauses contractuelles, des dates d'échéance et des négociations menées lors du renouvellement des baux.
L’investissement en parts de SCPI présente un risque de perte en capital et de liquidité ; les revenus distribués et la valeur des parts peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et ne sont pas garantis.
À retenir
- Les indices ILC et ILAT repartent à la hausse en 2026, mais avec des rythmes bien plus modérés qu'en 2023.
- Sur neuf ans, la progression cumulée de ces indices dépasse +24 %, ce qui soutient la croissance de long terme des loyers.
- L'ICC redevient positif sur un an mais reste en retrait sur trois ans, confirmant son rôle secondaire dans les nouveaux baux.
- Pour les SCPI, l'impact réel dépend des clauses d'indexation, des échéances de bail et des négociations avec les locataires.
- Une gestion prudente des indexations permet de préserver le taux d'occupation et la pérennité des revenus locatifs.
Sources
- INSEE, Informations rapides n° 227, 228 et 229 du 23 septembre 2026.
- Données de marché et analyses internes sur les indices ILC, ILAT et ICC.
- Documentation juridique relative aux baux commerciaux et professionnels.
Conseil d'expert
En tant que conseiller en gestion de patrimoine, je vous recommande de ne pas vous focaliser uniquement sur la reprise des indices ILC et ILAT pour juger du potentiel de vos SCPI. Analysez la part d'actifs situés en France, le type de baux (commercial, bureaux, logistique), les dates de révision et la politique d'indexation de la société de gestion. Privilégiez les véhicules capables de négocier finement entre hausse des loyers et solidité des locataires : c'est ce compromis qui sécurise réellement vos revenus et la valeur de long terme de votre investissement.
À propos de l'auteur
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs.

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