Où épargner en 2026 ? Avec la normalisation des taux d'intérêt et la rémunération modérée des placements sans risque, diversifier ses investissements reste essentiel pour rechercher un meilleur rendement sans négliger la sécurité. Livrets réglementés, assurance vie, ETF, SCPI ou crowdfunding immobilier : tour d'horizon des solutions à envisager avec les données disponibles en octobre 2026.
Les livrets d'épargne : des taux en baisse, mais toujours utiles
Les livrets réglementés offrent un capital garanti, une disponibilité immédiate de l'épargne et une exonération d'impôt sur les intérêts. Leur rémunération a toutefois évolué au cours de l'année 2026.
Depuis le 1er août 2026, les principaux taux sont les suivants :
- Livret A et LDDS : 1,7 % nets, avec un plafond de 22 950 € pour le Livret A et 12 000 € pour le LDDS.
- Livret d'épargne populaire (LEP) : 2,5 % nets et plafond à 10 000 € sous conditions de revenus.
Le taux du Livret A et du LDDS était fixé à 1,5 % entre le 1er février et le 31 juillet 2026, avant de passer à 1,7 % au 1er août. Le LEP a été maintenu à 2,5 % au 1er août 2026, alors que la formule de calcul aboutissait à 2,2 %.
Pour le LEP, les plafonds de revenus dépendent du revenu fiscal de référence et de la composition du foyer. Ils doivent être vérifiés chaque année à partir des données fiscales disponibles. L'établissement bancaire peut contrôler directement l'éligibilité auprès de l'administration fiscale. En cas de dépassement une année, le LEP peut être conservé si les revenus repassent sous le plafond l’année suivante ; après deux années consécutives de dépassement, la clôture est obligatoire.
Le LEP conserve le rendement le plus élevé parmi les livrets réglementés accessibles sous conditions de revenus. Comme le Livret A et le LDDS, il est exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le plafond de dépôt concerne les versements : les intérêts peuvent porter le solde au-delà de 10 000 €.
Les intérêts des livrets réglementés sont calculés par quinzaine et capitalisés au 31 décembre. Pour optimiser la rémunération, les versements sont en général effectués avant le début d'une quinzaine et les retraits après son commencement.
Le PEL connaît lui aussi un taux différent selon sa date d'ouverture. Pour les plans ouverts depuis le 1er janvier 2026, le taux de rémunération est fixé à 2 % brut, soit 1,40 % net après prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Les plans ouverts en 2025 restent rémunérés à 1,75 % brut. Le PEL demeure un produit d'épargne réglementé destiné notamment à préparer un projet immobilier, et non un simple livret disponible à tout moment.
Les livrets bancaires non réglementés affichent une rémunération variable selon les établissements et les périodes promotionnelles. Leur taux brut doit être comparé après fiscalité avec celui des livrets réglementés : leurs intérêts sont soumis en 2026 à un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Ils restent adaptés à une épargne de précaution complémentaire, mais sont généralement moins pertinents pour une stratégie de placement à long terme.
L'assurance vie : un placement polyvalent
L'assurance vie permet de combiner un support sécurisé, le fonds en euros, et des supports plus dynamiques, les unités de compte, dans une enveloppe fiscale et successorale souple.
Les fonds en euros
- Capital garanti par l'assureur, en général net de frais de gestion, selon les conditions du contrat.
- Taux de revalorisation moyen de 2,63 % en 2025 selon l’ACPR, comme en 2024, avec de fortes disparités entre contrats.
- Certains fonds en euros dynamiques ont servi davantage, au prix d'une allocation plus exposée aux marchés.
- Dans de nombreux contrats, une part minimale en unités de compte est exigée pour bénéficier d'un taux bonifié, ce qui expose une partie de l'épargne aux fluctuations des marchés financiers.
Les unités de compte (UC)
- Capital non garanti, avec une valeur qui peut progresser ou diminuer.
- Accès à des actions, obligations, fonds diversifiés, immobilier (SCPI, OPCI), private equity ou autres supports spécialisés.
- Possibilité de construire des allocations prudentes, équilibrées ou dynamiques en fonction de l'horizon de placement et de la tolérance au risque.
- Nécessité d'analyser les frais : frais sur versement, frais de gestion du contrat, frais d'arbitrage et frais propres aux supports.
Les supports immobiliers proposés dans une assurance vie doivent faire l'objet d'une information et d'un conseil adaptés, notamment sur les frais, la valorisation, la liquidité et les risques de perte en capital. Les autorités financières rappellent que les intermédiaires doivent respecter les obligations prévues par le code des assurances lorsqu'un contrat comprend un investissement immobilier.
Avantages fiscaux
- Après 8 ans de détention, les rachats bénéficient d'un abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.
- Les prélèvements sociaux restent dus sur les gains, au taux de 17,2 %.
- En matière de transmission, les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sous réserve des règles applicables et des éventuelles primes manifestement exagérées.
- Après 70 ans, les primes sont soumises à un abattement global de 30 500 € tous contrats et tous bénéficiaires confondus, tandis que les gains restent hors droits de succession.
Les ETF : un accès simplifié aux marchés financiers
Les ETF (trackers) répliquent la performance d'un indice ou d'un panier d'actifs. Ils peuvent suivre le CAC 40, le MSCI World, le S&P 500, le Nasdaq, un indice obligataire ou un secteur particulier. Leur fonctionnement permet d'obtenir une diversification immédiate avec des frais souvent inférieurs à ceux des fonds gérés activement.
Comment investir ?
- Compte-titres ordinaire : accès à la plupart des ETF, avec plus-values et dividendes soumis en principe au prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % en 2026, sauf option pour le barème progressif.
- Plan d'épargne en actions (PEA) : permet d'investir dans des ETF éligibles et de bénéficier, après 5 ans, d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains (les prélèvements sociaux restant dus). Enveloppe particulièrement adaptée à un investissement progressif en actions.
- Assurance vie : accès à des ETF via des unités de compte, avec la fiscalité propre au contrat et une grande souplesse en matière de rachats et de transmission.
- Plan d'épargne retraite (PER) : certains supports indiciels peuvent y être logés. Les versements volontaires sont susceptibles d'être déduits du revenu imposable dans les limites légales, en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite sauf cas de déblocage anticipé.
Atouts des ETF
- Frais de gestion réduits par rapport à de nombreux fonds traditionnels.
- Large diversification géographique et sectorielle possible avec quelques supports.
- Cotation en continu pendant les heures d'ouverture des marchés, permettant des achats et ventes rapides.
- Outil adapté à un investissement programmé (versements mensuels) sur un horizon de 5 à 10 ans ou plus.
Attention : les ETF restent exposés à la volatilité des marchés financiers. Un ETF actions peut subir des baisses importantes, y compris sur plusieurs années. Un horizon long et une diversification suffisante sont généralement nécessaires.
SCPI et crowdfunding : l'immobilier comme alternative
L'immobilier reste recherché par les épargnants qui souhaitent obtenir des revenus potentiels ou diversifier leur patrimoine. Les SCPI et le crowdfunding immobilier permettent d'investir sans gestion directe d'un bien, mais présentent des risques spécifiques et ne garantissent pas le capital.
Les SCPI : un investissement immobilier simplifié
Les SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) permettent d'acheter des parts d'un patrimoine immobilier géré par une société de gestion. Les actifs peuvent être situés en France ou à l'étranger et concerner des bureaux, commerces, locaux de logistique, établissements de santé, hôtels ou logements.
Le taux de distribution mesure le montant des distributions versées au cours d'une année rapporté au prix de souscription au 1er janvier. Il ne résume pas à lui seul la performance globale. En 2025, selon l’ASPIM, le taux de distribution moyen a atteint 4,91 % (4,72 % en 2024), mais le prix de part moyen a reculé de 3,45 %, soit une performance globale de +1,46 %. Le taux d’occupation financier, le niveau d’endettement, la diversification du patrimoine et la qualité des locataires doivent également être analysés.
Le démembrement de propriété consiste à séparer l'usufruit et la nue-propriété. L'investisseur qui acquiert la nue-propriété bénéficie d'une décote à l'achat, mais ne perçoit pas de revenus pendant la durée du démembrement. À son terme, la pleine propriété est reconstituée sans acquisition de parts supplémentaires, selon les modalités prévues.
La clé de répartition correspond à la part de la valeur économique attribuée à l'usufruit et à la nue-propriété. Elle dépend notamment de la durée du démembrement et des hypothèses de distribution retenues par la société de gestion. Le démembrement peut répondre à un objectif de préparation patrimoniale ou de transmission, mais il ne supprime ni le risque immobilier ni le risque lié à la société de gestion.
La valeur de retrait correspond généralement au prix auquel un associé peut sortir d'une SCPI à capital variable. Elle est calculée à partir du prix de souscription diminué des frais de souscription, selon les règles propres à la SCPI. Cet indicateur doit être distingué du prix d'achat et être pris en compte pour évaluer la liquidité et la valeur réellement récupérable.
Type de SCPI | Objectif | Rendement moyen indicatif |
Revenus locatifs réguliers | Taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 (ASPIM), non garanti | |
SCPI d'achat-revente | Recherche de plus-values à la revente | Résultat dépendant des acquisitions, des travaux et des conditions de marché |
Avantage fiscal (déficit foncier, dispositifs de réduction d'impôt…) | Intérêt lié à la situation fiscale et au dispositif retenu |
Les SCPI restent un placement à horizon long terme (souvent 8 à 10 ans ou davantage), avec un capital non garanti et une liquidité réduite. En période de tension, le prix de souscription, la valeur de retrait ou les délais de remboursement peuvent évoluer défavorablement.
Crowdfunding immobilier : financer des projets immobiliers
- Financement, le plus souvent sous forme d'obligations, d'opérations de construction, de rénovation ou de promotion immobilière.
- Durée d'investissement généralement comprise entre quelques mois et 24–36 mois.
- Rendement moyen annoncé de 11,0 % brut en 2025 selon le baromètre Forvis Mazars / France FinTech, sans garantie de réalisation.
- Capital non garanti et investissement illiquide jusqu'à l'échéance : Le risque est élevé : selon le même baromètre, 25 à 30 % des projets accusent un retard de plus de six mois et 20 à 25 % font l’objet d’une procédure collective.
- Depuis la mise en place du statut européen de prestataire de services de financement participatif, l'examen du statut réglementaire de la plateforme et des informations publiées sur chaque opération est essentiel.
- Une diversification entre plusieurs projets, opérateurs, zones géographiques et échéances est indispensable. Le crowdfunding immobilier ne remplace pas l'épargne de précaution.

Synthèse des placements en 2026
Les rendements indicatifs doivent être interprétés avec prudence. Ils ne sont pas comparables sans tenir compte de la fiscalité, des frais, de la liquidité, du risque de perte et de l'horizon d'investissement.
Depuis 2026, deux taux de prélèvement forfaitaire coexistent : 30 % pour l’assurance vie et l’épargne logement, 31,4 % pour les dividendes, les plus-values mobilières et les revenus obligataires.
Placement | Rendement indicatif | Risque | Fiscalité |
|---|---|---|---|
Livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) | Environ 1,7 % nets pour le Livret A et le LDDS depuis le 1er août 2026, 2,5 % nets pour le LEP | Très faible | Intérêts exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux |
Assurance vie (fonds en euros) | Rendements récents souvent supérieurs aux livrets, généralement autour de 2,5 % à 3 %, non garantis | Faible à modéré | Fiscalité allégée après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains |
Assurance vie (unités de compte) | 2,63 % en moyenne en 2025 (ACPR), non garanti | Moyen à élevé | Même cadre fiscal que l'assurance vie, avantageux après 8 ans |
ETF actions | Performance variable selon l’indice et la période, sans garantie | Élevé | Fiscalité selon l’enveloppe : PEA, compte-titres (PFU de 31,4 %), assurance vie ou PER |
SCPI | Taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 (ASPIM), non garanti | Moyen | Revenus fonciers ou PFU selon le montage ; fiscalité à analyser au cas par cas |
Crowdfunding immobilier | 11,0 % brut annoncés en moyenne en 2025, avec un risque élevé de retard ou de défaut | Élevé | Fiscalité des intérêts (le plus souvent PFU de 31,4 %, sauf option barème) |
Ces chiffres constituent des ordres de grandeur. Ils peuvent varier selon le contrat, l'émetteur, la société de gestion, la plateforme, la conjoncture économique et la situation fiscale personnelle. Ils ne préjugent en rien des performances futures.
Conclusion : une stratégie adaptée à chaque objectif
Se demander où épargner en 2026 ? reste indispensable pour construire une allocation cohérente avec ses objectifs. Le rendement du Livret A est passé de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026, tandis que le LEP demeure à 2,5 %. Cette rémunération reste utile pour la liquidité et la sécurité, mais ne suffit pas toujours à valoriser durablement un capital important.
- Sécurité avant tout ? Les livrets réglementés et les fonds en euros de qualité demeurent les principaux supports de l'épargne de précaution et des projets à court terme.
- Optimisation fiscale ? L'assurance vie et le PEA constituent des enveloppes centrales pour l'investissement à moyen ou long terme. Le PER peut compléter cette stratégie pour préparer la retraite lorsque la déduction fiscale est pertinente.
- Recherche de performance ? Les ETF diversifiés peuvent former un socle d'investissement à long terme, en acceptant les fluctuations des marchés. Les SCPI peuvent compléter cette allocation, avec un rendement et une liquidité non garantis.
- Rendement élevé ? Le crowdfunding immobilier propose des taux potentiels supérieurs, mais avec un risque de perte en capital et une absence de liquidité qui justifient de limiter son poids dans le patrimoine.
L'essentiel est d'adapter la répartition à ses objectifs, à son horizon de placement et à son profil de risque. Une épargne de précaution de trois à six mois de dépenses est généralement constituée avant d'envisager les supports les plus volatils ou les moins liquides.
À retenir pour bien épargner en 2026
- Les taux du Livret A et du LDDS sont fixés à 1,7 % depuis le 1er août 2026, tandis que le LEP est rémunéré à 2,5 %.
- Le LEP reste le livret réglementé le plus rémunérateur, sous réserve de respecter les conditions de revenus.
- Les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2026 sont rémunérés à 2 % brut.
- L'assurance vie combine fonds en euros et unités de compte dans une enveloppe adaptée à des objectifs variés, avec une fiscalité avantageuse après 8 ans.
- Les ETF permettent d'investir sur des marchés diversifiés avec des frais réduits, mais sans garantie du capital et avec une volatilité parfois marquée.
- Les SCPI offrent une exposition à l’immobilier sans gestion directe. Leur taux de distribution moyen a atteint 4,91 % en 2025, avec un prix de part moyen en recul de 3,45 % et une liquidité limitée.
- L'AMF demande que les communications commerciales sur les SCPI présentent clairement les risques, notamment la liquidité, et ne reposent pas principalement sur les performances passées.
- Le démembrement de parts de SCPI peut convenir aux investisseurs qui n'ont pas besoin de revenus immédiats et recherchent une acquisition à prix réduit.
- La valeur de retrait doit être distinguée du prix de souscription pour apprécier la somme potentiellement récupérable lors de la sortie.
- Le crowdfunding immobilier affiche des rendements potentiels élevés, mais un risque important de retard, de défaut ou de perte en capital.
- En 2026, le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % sur les dividendes, plus-values mobilières et revenus obligataires ; il reste de 30 % pour l’assurance vie et le PEL.
- Une stratégie équilibrée repose sur un panachage entre supports liquides et sécurisés, placements financiers diversifiés et investissements immobiliers ou alternatifs.
Conseil d'expert
En 2026, segmenter l'épargne reste déterminant. Une réserve de trois à six mois de dépenses sur des supports sécurisés et liquides (livrets réglementés, fonds en euros solides) constitue le socle de la stratégie. Au-delà, la répartition peut être élargie à des ETF diversifiés et, le cas échéant, à des SCPI, en tenant compte de la fiscalité et de l'horizon d'investissement. Pour les profils qui n'ont pas besoin de revenus immédiats, le démembrement de parts de SCPI peut être étudié, en intégrant la valeur de retrait, la liquidité réduite et le risque immobilier. Une allocation progressive et réévaluée chaque année limite l'impact des à-coups de marché et des variations de taux.
À propos de l'auteur
Jonathan Dhiver, fondateur de MeilleureSCPI.com et conseiller en gestion de patrimoine, est passionné d'épargne (SCPI, GFI, Assurance-vie, fonds pro immobilier). Il a développé avec son équipe la méthode Monujo : une approche globale pour comprendre son patrimoine, en suivre la rentabilité et faire des choix adaptés à ses objectifs.





