
Lorsqu'il s'agit de préparer la retraite, de nombreux épargnants hésitent entre le Plan Épargne Retraite (PER) et l'assurance-vie. Ces deux placements offrent des avantages distincts en termes de fiscalité, de flexibilité et de transmission. En 2026, le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) a été relevé à 48 060 €, soit une hausse de 2 % par rapport à 2025, ce qui impacte directement les plafonds de déduction fiscale pour le PER. Par ailleurs, le Livret A a été porté à 1,7 % au 1er août 2026, ce qui renforce l'attractivité des placements de long terme plus dynamiques pour chercher de meilleurs rendements. Il est donc essentiel de bien comprendre les spécificités de chaque enveloppe pour éviter de faire un choix regrettable.
Flexibilité : immédiate ou bloquée ?
Le premier critère à considérer est la flexibilité des retraits. Avec l'assurance-vie, les fonds sont disponibles à tout moment, ce qui en fait un outil de placement souple. Cette liberté de disposer de son capital sans échéance prédéfinie peut être un facteur décisif pour les investisseurs qui cherchent à se constituer une épargne disponible en cas de besoin ou pour financer des projets intermédiaires.
À l'inverse, le PER bloque les fonds jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé strictement encadrés :
- L'achat de la résidence principale
- Le décès du conjoint ou partenaire de PACS
- L'invalidité (du titulaire, du conjoint ou des enfants)
- Le surendettement
- L'expiration des droits au chômage
Cette indisponibilité partielle peut être perçue comme une contrainte, mais aussi comme un gage de discipline pour ceux qui souhaitent réellement épargner à long terme. Dans la pratique, les contrats de PER individuels (PERI) conservent des versements minimaux souvent de l'ordre de quelques centaines d'euros — par exemple 500 € pour certains contrats grand public comme Millevie PER de la Caisse d'Épargne.
À noter également que le PER est organisé en trois compartiments (versements volontaires individuels, épargne d'entreprise collective, versements obligatoires), ce qui en fait un outil complet de préparation de la retraite. Pour structurer son épargne, il est utile de raisonner en termes d'horizon d'investissement et de compartiments, deux notions clés de l'épargne retraite.
L'assurance-vie permet une plus grande souplesse dans la gestion de son épargne, tandis que le PER impose un engagement à long terme, mieux adapté à une épargne de retraite " sanctuarisée ".
Fiscalité : immédiate ou différée ?
Le deuxième critère à analyser est la fiscalité. L'avantage principal du PER réside dans la déduction fiscale des versements volontaires.
Pour les versements réalisés en 2025 (PASS 2025 : 47 100 €) :
- Plancher de déduction : 4 710 €
- Plafond pour les salariés : environ 37 680 €
- Plafond pour les travailleurs non salariés (TNS) : jusqu'à environ 87 135 €
Pour les revenus 2026, déclarés en 2027 (PASS 2026 : 48 060 €) :
- Plancher de déduction pour les TNS : 4 806 €
- Plafond pour les salariés : environ 37 680 €
- Plafond maximal pour les indépendants : jusqu'à 88 911 €
Le gain fiscal peut approcher 45 % pour les épargnants situés dans les tranches les plus élevées du barème de l'impôt sur le revenu (TMI). Les cotisations restent déductibles en priorité du plafond de l'année, avec la possibilité de reporter les plafonds non utilisés sur trois ans.
Cependant, à la sortie, les versements ayant bénéficié de la déduction sont réintégrés dans les revenus imposables et soumis à l'impôt sur le revenu. À cette imposition s'ajoutent :
- Les prélèvements sociaux à 17,2 %
- La fiscalité sur les plus-values (prélèvement forfaitaire unique ou barème, selon l'option choisie)
- La possibilité d'un abattement de 10 % sur la rente viagère
De son côté, l'assurance-vie offre une fiscalité plus douce dans le temps. Après 8 ans de détention, seule la plus-value est imposée, et des abattements annuels sur les gains sont appliqués par bénéficiaire. La fiscalité dépend de la date des versements et du choix entre prélèvement forfaitaire unique et barème, mais l'architecture globale demeure plus souple, surtout pour les épargnants qui étalent leurs retraits.
Viser entre 3 % et 8 % de ses revenus mensuels pour les versements sur un PER reste une référence pertinente pour optimiser l'avantage fiscal, à condition de tenir compte des plafonds actualisés 2025–2026 et de ses autres dispositifs d'épargne retraite.
Le PER offre un avantage fiscal immédiat puissant pour les contribuables imposés, mais il faut anticiper la fiscalité à la sortie, qui peut peser lourdement si l'on ne prépare pas le mode de liquidation (rente, capital ou mix) et le niveau de revenus futurs.
Objectif : rente ou transmission ?
Enfin, le choix entre PER et assurance-vie dépend aussi de l'objectif de l'investisseur.
Si l'objectif principal est de se constituer une rente pour la retraite, le PER est un excellent choix, notamment pour les épargnants qui disposent d'un horizon long et d'une capacité à supporter une part de risque. Côté rendements :
- Les fonds en euros d'assurance-vie et de PER affichaient en moyenne autour de 2,6 % nets de frais de gestion en 2024–2025, selon France Assureurs et l'ACPR
- Certains contrats performants dépassaient 3 % selon les données de marché
- Sur des profils dynamiques (unités de compte), les rendements se situent souvent entre 4 % et 7 % par an selon les années, avec une volatilité à accepter
- Des profils offensifs ont pu afficher des performances supérieures à 8 % sur des périodes favorables, voire davantage lors de rebonds de marché, même si ces niveaux restent exceptionnels
En revanche, pour ceux qui souhaitent transmettre leur patrimoine à leurs héritiers, l'assurance-vie conserve des avantages incontestables en matière de succession. Les montants versés avant 70 ans bénéficient d'abattements importants par bénéficiaire et peuvent être exonérés de droits de succession dans certaines limites, comme le rappelle l'AMF dans ses documents pédagogiques. Le cadre civil et fiscal de l'assurance-vie reste particulièrement adapté à une stratégie de transmission intergénérationnelle, notamment pour protéger un conjoint ou des enfants via des clauses bénéficiaires modulables.
Le PER, de son côté, est avant tout pensé comme un outil d'épargne longue pour la retraite. Il peut être liquidé en capital ou en rente, mais il est nettement moins optimisé pour la succession que l'assurance-vie, sauf cas spécifiques (décès avant la retraite, dispositions particulières du contrat).
Le PER est idéal pour générer une rente à la retraite, mais l'assurance-vie reste imbattable pour la transmission du patrimoine et la gestion souple de l'épargne à long terme.
Peut-on combiner les deux ?
Il est tout à fait possible — et souvent pertinent — d'optimiser sa stratégie d'épargne en combinant PER et assurance-vie. Le PER permet de profiter d'avantages fiscaux immédiats grâce à la déductibilité des versements volontaires dans les plafonds actualisés 2025–2026, ainsi que de rendements diversifiés via des profils prudents, équilibrés ou offensifs. L'assurance-vie, de son côté, offre :
- Une souplesse de retrait à tout moment
- Une grande variété de supports : fonds euros, unités de compte, SCPI en assurance-vie
- Des avantages successoraux significatifs
En pratique, consacrer entre 8 % et 15 % de son patrimoine financier au PER reste une allocation cohérente pour de nombreux épargnants. Le reste peut être réparti sur des contrats d'assurance-vie plus flexibles, éventuellement enrichis de supports immobiliers comme les SCPI. L'assurance-vie en SCPI permet en effet d'intégrer des parts de sociétés civiles de placement immobilier dans un contrat d'assurance-vie, en les logeant en unités de compte, afin de profiter à la fois du rendement de la pierre-papier et des spécificités fiscales et successorales de l'assurance-vie.
Dans ce paysage, le PER s'impose comme une véritable " tirelire pour les vieux jours ", tandis que l'assurance-vie reste le " couteau suisse " de l'épargne, capable de répondre à des objectifs multiples.
Pour maximiser l'efficacité de votre épargne, combiner PER et assurance-vie peut s'avérer être la stratégie gagnante : l'un pour l'optimisation fiscale à l'entrée, l'autre pour la souplesse et la transmission.
Tableau comparatif PER vs assurance-vie
| Critère | PER | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, etc.) | Disponible à tout moment, avec des rachats partiels ou totaux selon les besoins |
| Fiscalité à l'entrée | Déduction des versements volontaires : • PASS 2025 (47 100 €) : de 4 710 € à ~37 680 € pour les salariés ; jusqu'à ~87 135 € pour les TNS • PASS 2026 (48 060 €) : de 4 806 € à ~37 680 € pour les salariés ; jusqu'à ~88 911 € pour les TNS Gain fiscal max ≈ 45 % | Aucune déduction à l'entrée, mais possibilité de bénéficier de versements programmés et de supports diversifiés |
| Fiscalité à la sortie | Imposition à la TMI sur les versements déduits + prélèvements sociaux à 17,2 % + fiscalité sur les plus-values (abattement de 10 % possible sur la rente) | Imposition uniquement sur les plus-values lors des rachats, avec abattements après 8 ans et choix entre PFU et barème selon la date des versements |
| Transmission | Peu optimisé pour la succession, sauf décès avant la liquidation et particularités contractuelles | Avantages successoraux importants : abattements par bénéficiaire et exonérations sous conditions pour les versements avant 70 ans |
| Objectif | Constituer une rente ou un capital pour la retraite | Épargne à moyen et long terme, constitution de capital et transmission du patrimoine (fonds euros, unités de compte, SCPI en assurance-vie, etc.) |
| Rendement 2024–2025 | Fonds euros : ~2,6 %–2,65 % en moyenne (source : France Assureurs / ACPR) ; profils offensifs en UC pouvant dépasser 6 %–8 % selon les marchés | Fonds euros : ~2,6 % en moyenne ; unités de compte souvent entre 4 % et 7 % selon les marchés ; rendement global moyen (fonds euros + UC) autour de 3 % en 2024 |
Conclusion
Le choix entre PER et assurance-vie dépend avant tout de l'objectif personnel de l'investisseur : souhaite-t-il optimiser la fiscalité à court terme grâce aux plafonds de déduction 2025–2026, préparer une rente pour la retraite, ou privilégier la transmission de son patrimoine ? Chaque produit a ses atouts, mais la flexibilité de l'assurance-vie et les avantages fiscaux du PER, renforcés par la revalorisation du PASS et des plafonds de déduction, permettent à chaque épargnant de construire une stratégie adaptée à son profil et à son horizon de temps.
Pour un investissement optimal, il reste souvent judicieux de combiner ces deux produits : utiliser le PER comme outil central d'épargne retraite, en cohérence avec les règles fixées par la loi Pacte et les plafonds de déduction, et s'appuyer sur l'assurance-vie comme enveloppe polyvalente pour l'épargne de long terme, la diversification (y compris via des SCPI en assurance-vie) et la transmission.
Assurez-vous de faire le bon choix en fonction de vos objectifs d'épargne, de votre situation fiscale et de votre tolérance au risque, en vous appuyant au besoin sur les informations publiées par les autorités comme l'AMF.
À lire également :
Pourquoi l'assurance-vie est le couteau suisse de l'épargne ?
📌 À retenir
- En 2026, le PASS est revalorisé à 48 060 €, ce qui relève les plafonds de déduction du PER pour les salariés et les TNS.
- Le PER est idéal pour les contribuables fortement imposés : la déduction des versements peut générer jusqu'à 45 % d'économie d'impôt, mais la fiscalité à la sortie doit être anticipée.
- L'assurance-vie reste incontournable pour la transmission : abattements par bénéficiaire, exonérations possibles et souplesse des rachats en font un outil patrimonial complet.
- Les fonds en euros affichent ~2,6 % en moyenne en 2024–2025, tandis que les unités de compte (UC) et SCPI en assurance-vie offrent des perspectives de rendement plus élevées.
- Combiner PER et assurance-vie est souvent la stratégie la plus efficace : le premier pour l'optimisation fiscale à l'entrée, le second pour la flexibilité, la diversification et la succession.
Sources
- France Assureurs – Données sur les rendements des fonds en euros et des contrats d'assurance-vie 2024–2025
- ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) – Statistiques sur l'épargne retraite et l'assurance-vie
- AMF (Autorité des Marchés Financiers) – Documents pédagogiques sur le PER, l'assurance-vie et l'épargne retraite
- Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) – Plafonds de déduction PER 2025–2026, PASS 2025 (47 100 €) et PASS 2026 (48 060 €)
- Loi Pacte (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019) – Création et encadrement du PER
- Code général des impôts – Articles relatifs à la fiscalité du PER et de l'assurance-vie
- MeilleureSCPI.com – Pourquoi l'assurance-vie est le couteau suisse de l'épargne
- MeilleuresSCPI.com – Les avantages fiscaux de l'assurance-vie
💡 Le conseil de l'expert
En tant que conseiller en gestion de patrimoine, je recommande de ne pas opposer PER et assurance-vie, mais de les utiliser de façon complémentaire selon votre situation fiscale et vos objectifs. Si vous êtes dans une tranche marginale d'imposition à 30 % ou plus, chaque euro versé sur votre PER en 2026 génère une économie d'impôt immédiate significative — profitez-en en pilotant vos versements avant le 31 décembre. En parallèle, alimentez régulièrement votre assurance-vie pour conserver une épargne liquide, diversifiée (y compris via des SCPI en UC) et optimisée pour la transmission. Pensez à vérifier chaque année vos plafonds de déduction disponibles, notamment les reports des trois années précédentes, souvent sous-utilisés. Et surtout, anticipez la fiscalité à la sortie du PER dès aujourd'hui : le mode de liquidation (rente, capital ou mix) peut faire une différence considérable sur votre imposition à la retraite.
À propos de l'auteur
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