
Le 12 août 2025, l'émission " Allô la Martingale ", présentée par Amaury de Tonquédec, a reçu deux invités de référence : Olivier Sénéchal, fondateur d'OSL Conseil, et Jonathan Dhiver, fondateur de MeilleureSCPI.com. Ensemble, ils ont exploré un sujet qui concerne aussi bien les donateurs que les héritiers : comment transmettre jusqu'à 2 millions d'euros sans payer d'impôt, en tenant compte des règles désormais applicables en 2026.
L'objectif de cet échange est de démystifier la succession et la donation. Au programme : testaments, assurance-vie, démembrement, pacte Dutreil, groupements forestiers… Autant d'outils qui permettent de protéger ses proches et d'optimiser fiscalement la transmission de patrimoine, dans un contexte de réformes 2025-2026 comme :
- la loi n° 2025-415 du 13 mai 2025 plafonnant les frais bancaires de succession à 1 % du montant total des comptes et produits d'épargne, avec un plafond de 850 € (revalorisé chaque année), pour les héritages supérieurs à un seuil d'environ 5 900 € à compter du 13 novembre 2025, et prévoyant la suppression pure et simple des frais dans plusieurs situations (petites successions, successions simples avec attestation ou acte de notoriété) ;
- l'exonération exceptionnelle jusqu'à 300 000 € par projet immobilier pour des dons en numéraire destinés à l'achat ou à la rénovation de logements (neuf, ancien ou rénovation énergétique), dispositif strictement limité au 31 décembre 2026 et non prorogé à ce jour ;
- l'augmentation de l'abattement pour les beaux-enfants non adoptés, portée à 15 932 € à compter du 1er janvier 2026, aligné sur celui des transmissions entre frères et sœurs, sous réserve que l'enfant du conjoint ou du partenaire de Pacs ait bénéficié d'un soutien éducatif ou financier durable.
La loi française : un cadre structurant
La loi française en matière de succession est claire :
- Si rien n'est prévu, la transmission est organisée par défaut selon les règles légales.
- En revanche, en anticipant, il devient possible de structurer sa succession de manière fine, à la fois familiale et fiscale, avec des évolutions récentes comme la simplification de la sortie d'indivision via la proposition de loi du 6 mars 2025, qui facilite les partages amiables ou judiciaires face aux indivisaires inactifs.
C'est ce qu'ont rappelé les intervenants de l'émission :
Si vous n'avez rien prévu, c'est prévu… mais pas forcément comme vous l'auriez voulu.
Les outils évoqués dans l'émission
Donation au dernier vivant
- Sécurise la position du conjoint survivant en lui garantissant une part plus importante.
- Acte notarié peu coûteux (environ 400 €).
- Permet de répartir de façon souple entre conjoint et enfants, en fonction de la situation familiale (présence d'enfants d'une première union, patrimoine commun ou propre, etc.).
Assurance-vie
- Versements avant 70 ans : 152 500 € par bénéficiaire, exonérés de droits de succession, puis taxation à 20 % jusqu'à 700 000 € supplémentaires et 31,25 % au-delà — ce qui confirme le rôle central de l'assurance-vie dans les transmissions importantes.
- Après 70 ans : abattement global de 30 500 € sur les primes versées, tous bénéficiaires confondus ; au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession de droit commun, mais la totalité des intérêts et plus-values générés reste exonérée de droits de succession, sans plafond — un point souvent méconnu, inchangé dans la fiscalité 2026.
- Conseil d'Olivier Sénéchal : ouvrir plusieurs contrats d'assurance-vie distincts pour simplifier la succession, diversifier les supports et adapter les clauses bénéficiaires à chaque situation (conjoint, enfants, petits-enfants, association…).
Démembrement de propriété
- Les enfants reçoivent la nue-propriété, les parents conservent l'usufruit.
- Exemple cité : des parents peuvent continuer à occuper leur résidence principale (ou à en percevoir les loyers) tout en transmettant progressivement la propriété à leurs enfants, ce qui réduit la base taxable grâce au barème fiscal en fonction de l'âge de l'usufruitier.
- Dans l'univers des SCPI, le démembrement consiste à séparer la pleine propriété en nue-propriété (capital, sans revenus pendant la durée du démembrement) et usufruit (droit de percevoir les loyers), permettant de préparer sa retraite ou une transmission future avec une décote à l'achat pour le nu-propriétaire.
Don " Sarkozy "
- Jusqu'à 31 865 € par enfant et par parent en franchise d'impôt, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que l'enfant soit majeur.
- Cumulable avec d'autres abattements (abattement classique de 100 000 €, exonération exceptionnelle pour projet immobilier…) pour optimiser la transmission.
Abattement classique
- 100 000 € par enfant et par parent, renouvelable tous les 15 ans, maintenu dans la législation actuelle.
- Ce mécanisme reste l'un des piliers de la transmission progressive, notamment via des donations étalées dans le temps pour limiter les droits à payer.
Groupements forestiers
- Abattement pouvant aller jusqu'à 75 % sur la valeur transmise (notamment via les dispositifs de type Monichon ou Dutreil adaptés à certains groupements).
- Outil patrimonial avec une dimension écologique, mis en avant par Jonathan Dhiver, permettant de concilier transmission et investissement durable.
- Les groupements forestiers d'investissement (GFI), régulés par l'Autorité des marchés financiers, permettent d'investir dans des forêts gérées durablement via des parts sociales, avec un cadre plus sécurisé pour les épargnants et une fiscalité de transmission très favorable.
Pacte Dutreil
- Réservé aux transmissions d'entreprises (sociétés ou entreprises individuelles).
- Permet une exonération de 75 % de la valeur de l'entreprise, à condition de respecter des engagements de conservation et de direction.
- Les réformes récentes durcissent certaines règles : allongement de l'engagement individuel de conservation (de 4 à 6 ans pour les nouvelles opérations) et exclusion d'une partie des actifs non affectés à l'activité de l'assiette bénéficiant de l'exonération, ce qui impose un audit patrimonial plus fin avant toute mise en place d'un pacte Dutreil.
Tableau récapitulatif des dispositifs
Outil de transmission | Montant exonéré | Conditions principales |
Assurance-vie (<70 ans) | 152 500 €/bénéficiaire | Versements avant 70 ans ; barème spécifique (20 % puis 31,25 %) au-delà |
Assurance-vie (>70 ans) | 30 500 € global sur les primes | Plus-values exonérées de droits de succession, quelle que soit leur hauteur |
Don " Sarkozy " | 31 865 €/enfant | Parent <80 ans, enfant majeur, cumulable avec d'autres abattements |
Abattement classique | 100 000 €/enfant | Tous les 15 ans, sur les donations et successions en ligne directe |
Groupement forestier | -75 % de la valeur | Sous conditions (type de groupement, engagements de gestion et de conservation) |
Démembrement | Variable (barème fiscal en fonction de l'âge) | Transmission nue-propriété / usufruit conservé — immobilier ou parts de SCPI |
Pacte Dutreil | -75 % de la valeur de l'entreprise | Engagements collectifs et individuels de conservation, maintien d'une direction ; durcissements 2026 |
Exonération dons numéraire 2025-2026 | Jusqu'à 300 000 €/bénéficiaire par projet | Achat ou rénovation d'un logement ; dispositif temporaire prenant fin le 31/12/2026, non reconduit à ce stade |
Abattement beau-enfant (version 2026) | 15 932 € | Enfant du conjoint ou partenaire Pacs, justifiant d'un soutien éducatif ou financier durable et continu |
Un sujet universel
Comme l'ont rappelé Amaury de Tonquédec et ses invités, tout le monde est concerné par la transmission, qu'il s'agisse d'anticiper pour ses enfants, ses petits-enfants, ou de protéger son conjoint, notamment avec les nouvelles mesures encadrant les frais de succession et favorisant les dons en amont.
La montée en puissance des familles recomposées met aussi en lumière l'importance des dispositifs spécifiques pour les beaux-enfants, dont le traitement fiscal se rapproche désormais de celui des frères et sœurs, sous conditions.
Ces réformes 2025-2026 s'inscrivent dans une volonté affichée de rendre la transmission plus juste et moins coûteuse pour les familles, en particulier les foyers à revenus modestes, en limitant les frais bancaires, en facilitant les dons destinés au logement et en reconnaissant mieux certaines réalités familiales. L'essentiel est de commencer tôt, d'utiliser les bons outils juridiques et fiscaux, de respecter les délais légaux (par exemple, la déclaration de succession à déposer dans les 6 mois suivant le décès en France métropolitaine) et de s'entourer de professionnels compétents (notaires, conseillers en gestion de patrimoine, experts en SCPI et en démembrement).
Conclusion
Cette émission du 12 août 2025 met en lumière une évidence : la transmission de patrimoine n'est pas qu'une affaire de chiffres ou de fiscalité. Elle touche à la fois à la protection familiale, à la préparation psychologique et à l'organisation patrimoniale, dans un cadre légal qui évolue et qu'il faut suivre de près.
Grâce aux nombreux leviers existants – assurance-vie, démembrement, donations, pacte Dutreil, groupements forestiers, groupements forestiers d'investissement, et les nouveautés 2025-2026 comme le plafonnement des frais bancaires de succession, l'exonération pour les dons en numéraire liés à l'immobilier (jusqu'au 31 décembre 2026) et l'augmentation de l'abattement pour les beaux-enfants – il est réellement possible de transmettre jusqu'à 2 millions d'euros sans payer un euro d'impôt, à condition de préparer sa stratégie en amont, de l'actualiser avec la version 2026 des règles fiscales et de documenter chaque opération (donations, clauses bénéficiaires, engagements de conservation).
L'émission du 12 août 2025 est disponible à l'écoute sur ce LIEN et en visionnage ICI.
À retenir
- La loi française offre un cadre structurant, mais il faut anticiper pour adapter la succession à sa situation familiale et à la composition de son patrimoine (immobilier, assurance-vie, parts de SCPI, titres de société, groupements forestiers).
- Les principaux outils d'optimisation de la transmission sont l'assurance-vie, le démembrement (en direct ou via des parts de SCPI), les donations (classiques, dons " Sarkozy ", dons exceptionnels pour l'immobilier), les groupements forestiers et le pacte Dutreil pour les entreprises.
- En 2025-2026, de nouvelles mesures fiscales (plafonnement des frais de succession, exonération jusqu'à 300 000 € pour certains dons en numéraire liés à un projet immobilier jusqu'au 31/12/2026, augmentation de l'abattement pour les beaux-enfants, durcissement ciblé du pacte Dutreil) renforcent l'intérêt d'une stratégie patrimoniale active, régulièrement mise à jour.
- Oui, transmettre jusqu'à 2 millions d'euros sans impôt est possible si l'on prépare à l'avance, que l'on suit les règles dans leur version 2026 et que l'on se fait accompagner par des experts, en combinant abattements familiaux, assurance-vie, démembrement de propriété, SCPI et groupements forestiers.
Conseil de l'auteur
En tant qu'expert en SCPI et en stratégies de transmission, mon conseil est simple : oui, transmettre jusqu'à 2 millions d'euros sans impôt, c'est possible — mais cela exige de préparer à l'avance et de structurer chaque décision (donations, démembrement de propriété, assurance-vie, SCPI en nue-propriété, groupements forestiers d'investissement, pacte Dutreil pour une entreprise familiale…), en tenant compte des règles actualisées en 2026. N'hésitez pas à solliciter un professionnel pour vérifier, avant chaque opération, l'impact fiscal précis dans votre situation. Pour passer à l'action de manière concrète, retrouvez des fiches pratiques et des webinars dédiés sur Monujo-app.com.
À propos de l'auteur
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs.

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