Passé l'âge de 70 ans, optimiser la transmission de son patrimoine reste possible, mais nécessite davantage d'anticipation pour limiter au maximum les droits de succession, les frais bancaires liés au décès et maximiser ce que recevront vos héritiers. Les derniers ajustements du cadre fiscal et bancaire en 2026 confirment le maintien des principaux abattements, tout en encadrant plus strictement les frais prélevés par les établissements bancaires, ce qui renforce encore l'intérêt d'une stratégie pensée tôt et adaptée à votre situation familiale.
Pourquoi optimiser la transmission de son patrimoine ?
Optimiser la transmission de son patrimoine permet de réduire les droits de succession, de préserver l'intégrité de vos biens et de préparer une répartition équitable entre vos héritiers. Les dernières évolutions du droit français vont toujours dans le sens d'une meilleure protection des petits et moyens patrimoines.
En 2026, les abattements et barèmes restent stables :
- Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 euros par parent, renouvelable tous les 15 ans, avec un barème progressif de 5 % à 45 % en ligne directe au-delà de cet abattement.
- Un enfant qui hérite de ses deux parents peut ainsi bénéficier jusqu'à 200 000 euros d'abattements cumulés (100 000 € sur chaque succession).
- Les neveux et nièces restent taxés à 55 % après un abattement de 7 967 euros.
- Les héritiers sans lien proche sont taxés à 60 % après un abattement de 1 594 euros.
- Un abattement supplémentaire de 159 325 euros s'applique aux personnes handicapées.
Le conjoint marié et le partenaire de Pacs (sous conditions) restent exonérés de droits de succession. Optimiser la transmission reste donc essentiel pour limiter l'impact de cette fiscalité et protéger au mieux votre famille, en jouant sur les différents abattements renouvelables.
Stratégies pour optimiser la transmission
1. Dons manuels et donations
Les dons manuels, comme les donations notariées, restent des moyens simples et efficaces pour transmettre une partie de son patrimoine. Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 euros par enfant tous les 15 ans sans payer de droits de donation, grâce à l'abattement légal en ligne directe, qui se reconstitue intégralement après ce délai.
Pour les autres liens de parenté, les abattements restent inchangés en 2026 :
- 15 932 euros pour un frère ou une sœur
- 7 967 euros pour un neveu ou une nièce
- 1 594 euros pour les autres héritiers
En complément, un don familial de somme d'argent peut, sous conditions d'âge (donateur de moins de 80 ans et bénéficiaire majeur), bénéficier d'un abattement spécifique supplémentaire en faveur des enfants, petits-enfants ou, à défaut, des neveux et nièces, qui vient s'ajouter aux abattements classiques. La donation, au sens juridique, reste un acte par lequel une personne transmet de son vivant, gratuitement et de façon irrévocable, un bien ou un droit à une autre personne.
Les discussions sur une possible révision de certaines niches fiscales (assurance-vie, pacte Dutreil, etc.) n'ont toujours pas abouti à des modifications actées sur les abattements de donation au 1er septembre 2026. Il reste donc pertinent d'utiliser pleinement les abattements actuels, tant qu'ils sont connus et stables, en organisant des transmissions échelonnées pour profiter du renouvellement tous les 15 ans.
Profitez des abattements légaux pour réduire les droits dus sur les donations, en organisant des transmissions étalées dans le temps, adaptées à votre structure familiale, et en travaillant dans une logique de véritable transmission patrimoniale — un ensemble cohérent de dispositifs pour transférer votre patrimoine en optimisant fiscalité et gestion.
2. L'assurance-vie
L'assurance-vie demeure un outil central de la transmission de patrimoine, en particulier grâce à son régime dérogatoire aux droits de succession. Les capitaux transmis au décès bénéficient d'une fiscalité allégée, surtout pour les primes versées avant 70 ans : chaque bénéficiaire profite d'un abattement spécifique de 152 500 euros, au-delà duquel s'applique un prélèvement forfaitaire de 20 % jusqu'à 700 000 euros, puis 31,25 % pour la tranche supérieure — barème qui reste la référence en 2026. Ce régime permet de sortir une partie significative du capital transmis du barème classique des droits de succession.
Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement global de 30 500 euros, tous bénéficiaires confondus, reste en vigueur. Les capitaux au-delà sont réintégrés dans la succession pour le calcul des droits, seuls les intérêts et plus-values échappant à ce régime. Ce dispositif demeure inchangé dans les textes de 2026 concernant la fiscalité de l'assurance-vie en cas de décès.
Des discussions budgétaires récentes ont porté sur une éventuelle réduction à l'avenir de certains avantages fiscaux de l'assurance-vie. Aucune réforme de fond n'est encore entrée en vigueur sur ce point à l'automne 2026, mais cette perspective renforce l'intérêt de structurer au plus tôt ses contrats (répartition entre versements avant et après 70 ans, choix des bénéficiaires, clause bénéficiaire modulable, nombre de contrats, etc.).
L'assurance-vie offre donc toujours des avantages fiscaux significatifs pour les capitaux transmis, à condition d'être correctement paramétrée et régulièrement mise à jour en fonction de votre situation familiale et de vos objectifs patrimoniaux.
3. Investir en SCPI (Société Civile de Placement Immobilier)
Les SCPI permettent de diversifier son patrimoine immobilier tout en générant des revenus réguliers, sans avoir à gérer directement des biens locatifs. Les parts de SCPI peuvent être transmises via une donation ou une succession, en pleine propriété ou en démembrement (donation de la nue-propriété avec conservation de l'usufruit, par exemple), ce qui permet parfois de réduire la base taxable aux droits de donation ou de succession.
Le démembrement de propriété consiste à séparer, temporairement ou définitivement, la pleine propriété en deux droits distincts :
- La nue-propriété : le droit de disposer du bien sans en percevoir les revenus, réservés à l'usufruitier.
- L'usufruit : le droit de jouir du bien et d'en percevoir les fruits (loyers ou dividendes de SCPI) sans en détenir la propriété.
Dans une stratégie de transmission, donner la nue-propriété des parts à ses enfants tout en conservant l'usufruit permet de continuer à percevoir les revenus tout en diminuant la valeur taxable du patrimoine transmis. Les SCPI restent soumises au droit commun des successions, mais leur caractère divisible et fractionnable facilite les partages entre héritiers. Selon le mode de détention, elles peuvent entrer dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), sauf lorsque les parts sont détenues en nue-propriété, généralement exclue de ce périmètre.
Les SCPI constituent une option attrayante pour transmettre un patrimoine immobilier diversifié, générer des revenus passifs pour vous ou vos héritiers, tout en facilitant les opérations de partage, notamment via le démembrement de propriété.
4. Les Groupements Forestiers d'Investissement (GFI)
Les GFI permettent d'investir dans des forêts en bénéficiant de régimes fiscaux spécifiques. Sous certaines conditions, la valeur des parts de groupements forestiers peut être :
- Exonérée d'IFI à hauteur de 75 % pour la composante forestière.
- Bénéficiaire d'une exonération de 75 % des droits de mutation à titre gratuit (donation ou succession) sur cette même quote-part, dans la limite de plafonds déterminés.
Ces avantages sont accordés en contrepartie d'engagements de gestion durable et de conservation des parts sur une durée minimale. Cet avantage à la transmission reste particulièrement intéressant pour des patrimoines élevés. Les GFI s'inscrivent dans une logique de diversification écologique, à long terme, avec une liquidité limitée et une valeur liée à l'évolution du marché du bois, à la gestion forestière et au contexte environnemental (risques climatiques, incendies, maladies des bois, etc.).
Les GFI offrent ainsi une diversification écologique et des avantages fiscaux non négligeables, notamment dans une optique de transmission transgénérationnelle, pour des familles désireuses de maintenir un patrimoine forestier sur plusieurs générations.
5. Les Groupements Fonciers Viticoles (GFV)
Les GFV permettent d'investir dans des domaines viticoles via l'acquisition de parts de groupements. Comme les GFI, ils peuvent, sous conditions, bénéficier d'exonérations partielles de droits de mutation à titre gratuit, souvent autour de 75 % de la valeur des terres viticoles, sous engagement de conservation des parts pendant une durée fixée par les textes encadrant ces dispositifs.
Ils sont particulièrement attractifs pour les amateurs de vin et pour ceux qui souhaitent diversifier leur patrimoine avec des actifs tangibles, susceptibles de se valoriser sur le long terme. Les GFV présentent en revanche une liquidité réduite et une dépendance forte aux aléas du marché du vin (récoltes, prix, réputation des appellations, réglementation). Ils doivent donc être envisagés comme un placement de long terme, davantage patrimonial que spéculatif, intégré dans une stratégie globale de transmission.
Les GFV permettent d'allier passion pour le vin, diversification patrimoniale et optimisation fiscale dans le cadre de la transmission, en combinant exonérations partielles, valeur patrimoniale et affective.
Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients
| Stratégie | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Dons manuels et donations | Abattements fiscaux importants, étalement dans le temps, possibilité de combiner plusieurs abattements, intégration dans une transmission patrimoniale cohérente | Limites sur les montants et la fréquence, nécessité d'anticiper, formalisme à respecter, irrévocabilité de la donation |
| Assurance-vie | Fiscalité avantageuse, sortie du cadre classique de la succession, grande flexibilité dans la clause bénéficiaire, abattement spécifique de 152 500 € avant 70 ans | Abattement global limité à 30 500 € après 70 ans, incertitudes politiques sur l'avenir de certains avantages, nécessité de suivre la réglementation |
| Investir en SCPI | Revenus réguliers, diversification du patrimoine immobilier, facilité de partage entre héritiers, possibilité de démembrement (nue-propriété / usufruit), effet sur l'IFI selon le mode de détention | Frais d'entrée et de gestion, absence de garantie du capital, liquidité parfois limitée, technicité du démembrement |
| Groupements Forestiers (GFI) | Exonération partielle d'IFI (75 %), abattement important sur les droits de mutation à titre gratuit, investissement à long terme, diversification écologique | Liquidité limitée, valorisation dépendante de la gestion et des risques naturels, technicité du produit, contraintes de gestion durable |
| Groupements Fonciers (GFV) | Réductions et exonérations partielles possibles sur les transmissions, valeur patrimoniale et affective, diversification viticole | Liquidité limitée, dépendance au marché du vin et à la gestion du domaine, rendement incertain, risque agricole et commercial |
Les précautions à prendre
1. Anticiper et planifier
Il est plus que jamais essentiel d'anticiper la transmission de son patrimoine en planifiant les donations, en utilisant au mieux les abattements renouvelables tous les 15 ans et en choisissant les bons outils (assurance-vie, démembrement de propriété, GFI, GFV, SCPI, etc.). Le démembrement de propriété, en particulier sur les parts de SCPI, offre une palette fine de solutions : donation de la nue-propriété, conservation de l'usufruit, remembrement automatique en fin de démembrement.
L'évolution récente de l'encadrement des frais bancaires de succession allège certains coûts. Depuis le 13 novembre 2025, les frais prélevés par les banques sont plafonnés à 1 % du montant total des soldes des comptes et produits d'épargne du défunt, avec un plafond absolu de 857 euros en 2026, revalorisé chaque 1er janvier en fonction de l'inflation. Concrètement :
- Une succession de 10 000 euros ne peut donner lieu à plus de 100 euros de frais.
- Une succession de 100 000 euros est plafonnée à 857 euros (et non 1 000 euros).
- Certaines petites successions en dessous d'un seuil (environ 5 965 euros en 2026) peuvent être exonérées de frais de succession bancaires.
Cette limitation représente une amélioration significative pour les familles, mais ne remplace pas une véritable stratégie patrimoniale. Un conseiller en gestion de patrimoine et un notaire peuvent vous aider à élaborer une stratégie adaptée à vos besoins, à votre situation familiale (enfants, petits-enfants, familles recomposées, neveux et nièces, personnes handicapées, etc.) et à vos objectifs (protéger un conjoint, favoriser un enfant, transmettre une entreprise, diversifier avec des actifs forestiers ou viticoles, organiser une transmission patrimoniale progressive).
2. Rédiger un testament
Un testament bien rédigé reste indispensable pour clarifier vos souhaits et limiter les risques de conflit entre héritiers, surtout dans les familles recomposées ou en présence de concubins non mariés. Il permet de répartir la quotité disponible, de désigner des légataires particuliers, de préciser le partage des biens, voire de coordonner les dispositions prises via des contrats d'assurance-vie avec le reste de votre succession.
Il est fortement recommandé de faire appel à un notaire pour assurer la validité juridique du testament, sa conservation et sa cohérence avec les donations déjà réalisées ou envisagées. Le notaire pourra également vous informer sur les règles impératives de la réserve héréditaire, toujours au cœur du droit français des successions, ainsi que sur les effets des montages de démembrement de propriété sur la répartition finale de votre patrimoine entre vos héritiers.
Conclusion
Optimiser la transmission de son patrimoine après 70 ans nécessite une bonne connaissance des outils disponibles, de la fiscalité en vigueur et des récentes évolutions réglementaires, notamment l'encadrement des frais bancaires de succession depuis le 13 novembre 2025 et leur plafonnement à 1 % des avoirs avec un maximum de 857 euros en 2026. En combinant intelligemment dons et donations, assurance-vie, SCPI (éventuellement en démembrement de propriété avec nue-propriété et usufruit), les GFI et les GFV, vous pouvez réduire les droits de succession, maîtriser les coûts annexes et garantir une transmission sereine, structurée et équitable de vos biens. L'accompagnement par des professionnels du droit et du patrimoine demeure un atout précieux pour sécuriser chaque étape et adapter votre stratégie aux futures évolutions législatives.
À retenir
- Après 70 ans, il est encore possible de transmettre efficacement son patrimoine, à condition d'anticiper et de structurer les opérations, en exploitant pleinement les abattements renouvelables tous les 15 ans.
- Les abattements fiscaux 2026 (100 000 € par enfant et par parent en ligne directe, abattements spécifiques pour les autres liens de parenté, régimes particuliers pour l'assurance-vie, GFI, GFV…) restent des leviers majeurs pour réduire les droits de succession.
- Les dons, l'assurance-vie, les SCPI — notamment via le démembrement de propriété (nue-propriété et usufruit) —, les GFI et les GFV permettent de combiner diversification, revenus et optimisation fiscale dans une logique de transmission transgénérationnelle.
- Le plafonnement des frais bancaires de succession à 1 % des avoirs, avec un maximum de 857 euros en 2026, améliore la situation des héritiers, mais ne remplace pas une stratégie patrimoniale globale.
- Un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine restent des interlocuteurs clés pour sécuriser votre stratégie, l'adapter à votre situation familiale et articuler au mieux les différents outils dans une approche de transmission patrimoniale cohérente.
Conseil de l'auteur
En tant qu'expert en gestion de patrimoine, je vous recommande de ne pas attendre un événement de santé ou familial pour agir. Commencez par dresser un bilan patrimonial complet, puis fixez des objectifs clairs : niveau de revenus souhaité, protection du conjoint, aide aux enfants ou petits-enfants, préparation des droits de succession. Sur cette base, combinez progressivement dons, assurance-vie et supports immobiliers (SCPI, GFI, GFV), en utilisant de façon ciblée le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété, conservation de l'usufruit) lorsque cela s'y prête, et en vérifiant chaque année l'adéquation de votre stratégie avec votre situation et la fiscalité en vigueur. Une approche par étapes, documentée et accompagnée par des professionnels, permet souvent de gagner plusieurs dizaines de milliers d'euros en droits économisés pour vos héritiers, tout en préservant l'équilibre de votre transmission patrimoniale.
À propos de l'auteur
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs.

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