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Budget 2026 : où en sommes-nous et quelles prochaines étapes ?
Le budget 2026 est devenu un véritable feuilleton institutionnel et politique, avec un impact direct sur la fiscalité, les dépenses publiques et donc sur les choix d'épargne et d'investissement des Français. Où en est-on exactement : le budget est-il adopté, quelles sont les règles applicables aujourd'hui, et quelles sont les prochaines étapes possibles ?
Dans cette analyse, on fera aussi le lien avec la réfléxion autour de la diversification monduale : rester focus sur ses objectifs et diversifier son patrimoine à l'échelle paneuropéenne, voire mondiale, pour ne pas subir les soubresauts budgétaires et politiques nationaux.
Où en est le budget 2026 : adopté ou non ?
Un budget 2026 toujours pas définitivement adopté
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 n'a pas été définitivement adopté par le Parlement. Des désaccords persistants entre les forces politiques à l'Assemblée nationale et au Sénat ont empêché l'adoption dans les délais constitutionnels.
Face à cette impasse, l'exécutif a fait adopter une loi spéciale 2026 permettant de continuer à percevoir les impôts existants et d'assurer la continuité du fonctionnement de l'État en 2026, en attendant le vote du budget complet.
Autrement dit :
- le PLF 2026 "classique" n'est pas en vigueur ;
- la France fonctionne sous le régime d'une loi spéciale 2026, qui prolonge le cadre budgétaire antérieur et garantit un "service minimum" budgétaire.
Le rôle de la loi spéciale 2026
La loi spéciale 2026 :
- autorise la poursuite de la perception des impôts existants (impôt sur le revenu, TVA, IFI, etc.) dans leur configuration précédente ;
- ne met pas en œuvre les nouveaux impôts ou modifications fiscales prévus dans le PLF 2026 initial (taxe sur les holdings, contributions nouvelles, etc.), qui sont donc suspendus tant que la loi de finances n'est pas votée.
L'État dispose ainsi d'un cadre transitoire : la continuité est assurée, mais les nouveautés fiscales de 2026 ne s'appliquent pas pour l'instant.
Où en sont les débats parlementaires sur le budget 2026 ?
Retour du texte au Parlement et nouvelle lecture
Après l'échec de l'adoption avant la fin 2025, le gouvernement a relancé le processus :
- le projet de loi de finances pour 2026 est revenu à l'Assemblée nationale dans une version amendée par le Sénat ;
- il est réexaminé en commission des finances puis en séance publique (Hémicycle) à l'Assemblée.
Le texte doit ensuite repartir au Sénat, mais le dernier mot reviendra aux députés.
Rejet de la partie " recettes " en commission
En nouvelle lecture, la commission des Finances de l'Assemblée nationale a massivement rejeté la partie "recettes" du budget 2026. Seul le groupe présidentiel a voté pour, tandis que la plupart des autres groupes s'y sont opposés ou abstenus.
Ce rejet est formellement consultatif, la commission préparant le texte pour l'Hémicycle, mais il signale :
- une absence de consensus sur l'architecture fiscale du budget ;
- la difficulté à bâtir un accord durable avec le PS dans la perspective d'un éventuel recours au 49.3 (adoption sans vote, sous réserve d'absence de motion de censure).
Au fil des amendements, les députés ont notamment :
- abaissé la pression fiscale d'environ 430 millions d'euros par rapport à la version du Sénat (hors nouvel impôt sur la fortune revisité) ;
- rétabli ou maintenu plusieurs niches et allègements fiscaux (réduction d'impôt pour frais de scolarité, niche des retraités, absence de durcissement du malus auto et des cartes grises, etc.) ;
- échoué à trouver un compromis sur la surtaxe sur les bénéfices des sociétés (entre 4 et 8 milliards) et sur la taxe sur les holdings, conduisant au rejet d'articles clés.
La question centrale du déficit et des 12–15 milliards à trouver
Le gouvernement vise à ramener le déficit public à moins de 5 % du PIB en 2026 (et 4,7 % dans son plan d'action officiel). Or, dans l'état des amendements issus du Sénat, le déficit resterait autour de 5,3–5,5 % du PIB, soit proche du niveau de 2025.
Pour revenir sous 5 %, il faudrait encore trouver 12 à 15 milliards d'euros d'économies ou de recettes supplémentaires. Les socialistes, eux, plaident pour augmenter les dépenses publiques d'environ 10 milliards d'euros pour renforcer les services publics, ce qui creuse l'écart politique et rend le compromis très incertain.
Risque de 49.3 et tensions politiques
Le gouvernement peut théoriquement recourir à l'article 49.3 pour faire adopter le budget sans vote final, sauf si une majorité de députés adopte une motion de censure. Même si certains membres de l'exécutif affirment ne pas vouloir y recourir à nouveau, cette option demeure juridiquement ouverte et de plus en plus évoquée en coulisse, faute de majorité claire.
L'issue reste indécise, avec un double risque :
- celui d'une nouvelle crise politique en cas de 49.3 contesté ;
- celui de l'inaction budgétaire, alors même que la dette publique continue de progresser et que certains acteurs estiment qu'il y a une probabilité significative de nouvelle dégradation de la note française en 2026.
Quelles sont les conséquences pratiques de l'absence de budget 2026 ?
Pour l'instant : continuité, mais sans nouveautés fiscales
L'absence de loi de finances 2026 "classique" signifie concrètement :
- les impôts existants continuent d'être perçus dans leur version antérieure ;
- les nouveaux dispositifs ou hausses d'impôts prévus dans le PLF 2026 ne sont pas encore appliqués ;
- plusieurs dispositifs budgétaires sont à l'arrêt ou en suspens, dans l'attente d'une loi de finances complète.
Selon plusieurs analyses, sont notamment impactés :
- les nouvelles taxes spécifiques (holdings, contributions différentielles, etc.) ;
- certains ajustements liés aux contributions européennes, qui posent un problème particulier : la France doit augmenter sa contribution de 23 à 28,4 milliards d'euros en 2026, mais sans correction législative, elle resterait à son niveau 2025, ce qui ouvrirait un risque de crise institutionnelle avec l'UE.
Pour les ménages : une situation floue mais plutôt neutre à court terme
Pour les particuliers, l'absence de budget se traduit par :
- un maintien provisoire du cadre fiscal existant, ce qui évite pour l'instant certaines hausses d'impôts prévues dans le PLF 2026 ;
- en contrepartie, un gel ou un retard de dispositifs de soutien, d'aides ou d'ajustements (par exemple, aides sectorielles, crédits supplémentaires pour certaines politiques publiques) qui nécessitent un vote de la loi de finances.
Le gouvernement souligne que, sans budget, il est difficile de débloquer de nouvelles aides pour des secteurs comme l'agriculture ou d'augmenter les crédits militaires, ce qui ajoute une pression politique pour aboutir.
Prochaines étapes : quels scénarios pour la suite du budget 2026 ?
Plusieurs trajectoires restent possibles.
Scénario 1 : adoption d'un budget 2026 via compromis politique
Le scénario "classique" serait :
- adoption en nouvelle lecture à l'Assemblée (après modifications en séance) ;
- nouvelle lecture au Sénat ;
- dernière lecture à l'Assemblée, qui a le dernier mot.
Pour cela, il faudrait :
- soit un accord politique explicite ou implicite entre la majorité et une partie de l'opposition (notamment le PS) pour permettre un vote ou une abstention bien calibrés ;
- soit un équilibre d'amendements qui satisfasse suffisamment de groupes pour éviter une coalition de rejet.
Dans ce cas, les mesures fiscales et budgétaires de 2026 entreraient progressivement en vigueur, posant un nouveau cadre pour les ménages et les investisseurs.
Scénario 2 : adoption via 49.3
Si aucun compromis majoritaire ne se dégage, l'exécutif peut déclencher le 49.3 pour faire adopter la loi de finances.
- Le texte serait alors considéré comme adopté, sauf vote d'une motion de censure réunissant une majorité de députés.
- Ce scénario est politiquement explosif, mais institutionnellement envisageable et de plus en plus évoqué, au vu du rejet en commission.
Pour les épargnants, cela signifierait probablement :
- une mise en œuvre rapide de mesures potentiellement plus marquées sur certains postes (fiscalité du capital, des entreprises, des hauts patrimoines) pour boucler l'équation des 12–15 milliards ;
- une incertitude accrue sur la stabilité de la ligne budgétaire à moyen terme en cas de crise politique.
Scénario 3 : prolongation de la loi spéciale et crise prolongée
Si les blocages persistent et qu'aucun 49.3 n'est utilisé, la France peut rester plus longtemps sous le régime de la loi spéciale 2026. Ce serait un scénario atypique, avec plusieurs conséquences :
- une difficulté croissante à respecter la trajectoire de réduction du déficit (objectif de 4,7 % en 2026, moins de 3 % en 2029) ;
- un risque accru sur la crédibilité budgétaire du pays et donc sur sa note souveraine ;
- des tensions possibles avec l'Union européenne (contribution budgétaire 2026) et les marchés financiers.
Que signifie ce contexte pour l'épargnant ? Focus et diversification paneuropéenne / mondiale
Ma conviction est qu'il faut rester focus et diversifier de manière paneuropéenne voire mondiale – prend tout son sens dans ce contexte budgétaire incertain.
Ne pas sur-réagir au bruit budgétaire français
Pour l'épargnant ou l'investisseur immobilier (y compris via SCPI) :
- le flou actuel sur le budget 2026 peut générer de l'anxiété (crainte de hausses d'impôts, de nouvelles contributions, etc.) ;
- mais les décisions de placement doivent rester guidées par l'horizon de temps, le profil de risque et les objectifs patrimoniaux, non par chaque rebondissement parlementaire.
Les finances publiques françaises sont sous tension, mais ce n'est pas une nouveauté : la trajectoire de déficit à 4,7 % du PIB en 2026 et moins de 3 % en 2029 implique forcément des ajustements, qu'ils soient votés aujourd'hui ou dans quelques semaines.
Diversifier au-delà du seul risque français
Dans un cadre où :
- la dette française reste élevée ;
- le risque de dégradation de la note souveraine existe ;
- la fiscalité du capital et de l'immobilier peut être ajustée pour combler une partie des 12–15 milliards à trouver,
la stratégie rationnelle pour un patrimoine significatif est de diluer le risque politique et fiscal français grâce à une diversification internationale :
- Paneuropéenne
SCPI ou véhicules immobiliers européens (bureaux, logistique, santé, résidentiel dans plusieurs pays de la zone euro) ; fonds actions et obligations européennes, exposés à plusieurs souverains et secteurs. - Mondiale
ETF ou fonds globaux (MSCI World, indices émergents, thématiques sectorielles internationales) ; exposition à différentes zones fiscales, monétaires et politiques (États-Unis, Asie développée, pays émergents, etc.).
3. Rester focus : une discipline face aux incertitudes politiques
Rester " focus ", c'est :
- continuer à piloter son allocation d'actifs en fonction de sa stratégie de long terme (par exemple 60 % actions / 40 % obligations diversifiées, ou un mix immobilier coté / non coté), plutôt qu'en réaction à chaque vote de commission ;
- ne pas désinvestir massivement d'actifs productifs par crainte d'un ajustement fiscal dont ni l'ampleur ni la cible ne sont encore fixées ;
- utiliser les informations budgétaires pour ajuster à la marge : arbitrages entre enveloppes (PEA, assurance-vie, PER), choix de supports (France vs Europe vs Monde), dosage entre immobilier français et immobilier international.
Conclusion
À ce stade, le budget 2026 n'est pas adopté : la France fonctionne sous une loi spéciale qui prolonge la perception des impôts existants mais suspend les nouveautés fiscales du PLF 2026. Le texte revient en débat au Parlement, la partie " recettes " ayant été rejetée en commission, et l'issue – compromis, 49.3 ou blocage prolongé – reste ouverte.
Pour l'épargnant, l'enjeu n'est pas de prédire le dernier amendement mais de protéger et développer son patrimoine dans la durée. Dans un environnement budgétaire français incertain, la ligne directrice à retenir est celle de l'auteur :
- rester focus sur ses objectifs de long terme ;
- diversifier largement, à l'échelle paneuropéenne puis mondiale, pour ne pas concentrer son risque sur un seul pays, un seul système fiscal ou une seule conjoncture politique.
À retenir
- Le PLF 2026 n'est pas encore adopté : la France fonctionne sous une loi spéciale qui assure la continuité des impôts existants mais bloque les nouvelles mesures fiscales.
- Les débats parlementaires sont marqués par un rejet de la partie recettes, un déficit à réduire de 12 à 15 milliards d'euros et la menace d'un recours au 49.3.
- À court terme, l'impact pour les ménages est plutôt neutre (statu quo fiscal), mais plusieurs aides et dispositifs restent en suspens.
- À moyen terme, les enjeux portent sur la crédibilité budgétaire de la France, sa note souveraine et ses relations avec l'Union européenne.
- Pour l'épargnant, la bonne réponse n'est pas la spéculation politique mais une diversification paneuropéenne et mondiale, en restant aligné sur ses objectifs de long terme.
Sources
- Documents budgétaires officiels et communications gouvernementales sur le projet de loi de finances pour 2026.
- Travaux et comptes rendus de la commission des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat.
- Analyses de la trajectoire de déficit public et des besoins d'ajustement budgétaire publiées par divers instituts économiques.
- Études de marché et commentaires d'analystes sur le risque de dégradation de la note souveraine française et ses conséquences pour les investisseurs.
- Analyses spécialisées sur la diversification patrimoniale en Europe et à l'international, notamment via SCPI et fonds d'investissement.
Conseil d'expert
En tant qu'expert en immobilier et en allocation d'actifs, je recommande de profiter de cette période d'incertitude budgétaire pour auditer votre patrimoine plutôt que pour prendre des décisions impulsives. Vérifiez la part de vos investissements exposée exclusivement au risque français (immobilier direct, SCPI 100 % France, actions domestiques) et envisagez de la compléter par des SCPI européennes et des fonds mondiaux. L'objectif n'est pas de fuir la France, mais de construire un portefeuille résilient, capable d'absorber d'éventuels chocs fiscaux ou politiques. Un accompagnement professionnel peut vous aider à calibrer cette diversification en fonction de votre horizon, de votre fiscalité et de votre tolérance au risque.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !