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Hausse de la CSG : quel impact sur vos placements ?
La hausse de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) de 9,2 % à 10,6 %, votée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS), entre en vigueur au 1er janvier 2026. Cette mesure augmente les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur certains revenus du capital financier, portant le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou flat-tax) de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu inchangé + 18,6 % de prélèvements sociaux).[1][2][4]
Adoptée par l'Assemblée nationale le 9 décembre 2025 après un rejet sénatorial, cette hausse vise à financer le déficit de la Sécurité sociale (près de 19 milliards d'euros) et la branche Autonomie face au vieillissement démographique.[1][2] Elle cible exclusivement les revenus du capital mobilier, épargnant l'immobilier et d'autres placements spécifiques. Cet article analyse son impact général sur les placements, avec un focus approfondi sur les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier).
Contexte de la hausse de la CSG
La CSG, prélevée sur la plupart des revenus (salaires, pensions, loyers, intérêts, dividendes, plus-values), finance la Sécurité sociale. En 2026, l'augmentation est ciblée sur les revenus du capital financier perçus à partir du 1er janvier, sans toucher les salaires ni les retraites.[1][2]
- Composition du PFU avant 2026 : 12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux (dont 9,2 % de CSG).[1]
- Nouveau PFU en 2026 : 12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux (dont 10,6 % de CSG), soit +1,4 point global.[1][2][4]
Exemple concret : un dividende de 500 € sur un compte-titres ordinaire rapportait 350 € net en 2025 (après 30 % de PFU) ; il ne rapportera plus qu'environ 343 € en 2026 (après 31,4 %).[1] Sur des plus-values plus importantes, comme 20 000 € sur un PEA, la ponction passe de 3 440 € (17,2 %) à environ 3 800 € (18,6 %), soit 360 € de perte nette.[3]
Impact général sur les placements
Cette réforme réduit mécaniquement les rendements nets des placements générant des revenus du capital financier (dividendes, intérêts, plus-values mobilières). Elle s'applique via retenue à la source dès 2026.[1][2][3]
Placements impactés
Ces actifs verront leurs gains nets diminuer d'environ 1,4 point :
| Type de placement | Exemples | Taux prélèvements sociaux 2025 | Taux 2026 | PFU global 2026 |
| Dividendes / CTO | Actions, ETF, obligations | 17,2 % | 18,6 % | 31,4 % [1][2] |
| Comptes à terme (CAT) et livrets fiscalisés | Intérêts | 17,2 % | 18,6 % | 31,4 % [1][3] |
| PEA (plus-values à terme) | Actions françaises/européennes | 17,2 % | 18,6 % | Flat-tax ajustée [1][3] |
| Crypto-actifs | Plus-values Bitcoin, etc. | 17,2 % | 18,6 % | 31,4 % [1] |
| Produits structurés | Non exonérés | 17,2 % | 18,6 % | 31,4 % [1] |
Conséquence pratique : sur 700 € de gains, le net passe d'environ 580 € (17,2 %) à environ 567 € (18,6 %), soit une érosion progressive du rendement sur 5 à 10 ans.[3] Les comptes à terme perdent en attractivité face à l'inflation, et le PEA reste intéressant mais légèrement moins rentable.
Placements non impactés
Le gouvernement a exclu plusieurs enveloppes pour préserver l'épargne populaire et l'immobilier :
- Assurance-vie : prélèvements sociaux stables à 17,2 % (PFU à 30 % ou 24,7 % selon l'ancienneté et les encours).[1][2]
- Revenus fonciers et plus-values immobilières : 17,2 % inchangés (barème de l'IR + 17,2 %).[1][7]
- PEL / CEL : exonération pour les plans ouverts avant 2018 ; sinon, taux de prélèvements sociaux stables.[1]
- Épargne réglementée (Livret A, LDDS, LEP) : totalement exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux.[2][3]
- Immobilier locatif direct : non concerné, comme confirmé par la ministre des Comptes publics.[1][7]
Focus sur les SCPI : un placement immobilier préservé
Les SCPI, véhicules d'investissement immobilier collectif, échappent à cette hausse de CSG, ce qui renforce leur attractivité en 2026. Les SCPI distribuent des revenus fonciers (loyers issus de bureaux, commerces, logements), imposés au barème de l'impôt sur le revenu + prélèvements sociaux fixes à 17,2 %.[1][2][7]
- Pas d'impact direct : contrairement aux dividendes d'actions ou aux intérêts sur compte-titres, les loyers de SCPI ne relèvent pas des " revenus du capital financier " ciblés. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 %, et les plus-values de cession (via revente de parts) suivent le régime des plus-values immobilières (17,2 % de prélèvements sociaux + abattements pour durée de détention).[1][7] La ministre a explicitement exclu l'immobilier locatif de la mesure.[1]
- Avantage compétitif : en 2025, une SCPI à 5 % de rendement brut offrait environ 3,3 % net après IR (30 %) et prélèvements sociaux (17,2 %). En 2026, les placements financiers concurrents perdent 1,4 point net, tandis que les SCPI conservent leur rendement fiscal. Exemple : 10 000 € investis en SCPI à 5 % brut génèrent 500 € de loyers ; nets : ~330 € (stable), contre ~343 € pour un placement financier au même rendement brut (vs 350 € en 2025).[1][3]
- Contexte marché SCPI 2026 : avec des taux immobiliers en baisse et une inflation maîtrisée, les SCPI offrent diversification (immobilier tertiaire) et rendement relativement stable (4–6 % brut moyen en 2025). Elles bénéficient d'une fiscalité inchangée, intéressante pour les tranches marginales d'IR élevées. Attention toutefois : frais d'entrée (8–12 %) et liquidité limitée restent des contraintes structurantes.[1][2]
- Stratégie d'allocation : privilégier les SCPI en assurance-vie (fiscalité allégée après 8 ans) ou via une société (IS) pour optimiser la fiscalité. La hausse de CSG rend les SCPI plus résilientes face à la volatilité des marchés actions.[7]
Conclusion
La hausse de la CSG en 2026 érode les rendements nets des placements financiers classiques (compte-titres, PEA, comptes à terme, produits structurés, crypto-actifs) de 1,4 point via un PFU porté à 31,4 %, mais épargne l'immobilier, l'assurance-vie et l'épargne réglementée.[1][2] Les SCPI sortent particulièrement gagnantes, préservant des revenus fonciers stables et attractifs dans un contexte budgétaire tendu.
Pour adapter votre portefeuille, il est pertinent de simuler l'impact fiscal de cette réforme et, le cas échéant, de réallouer une partie de votre épargne vers l'immobilier ou les enveloppes exonérées. Restez néanmoins vigilant sur les textes définitifs du PLFSS promulgué fin 2025 et sur les éventuels ajustements réglementaires.[1][4]
À retenir
- La hausse de la CSG fait passer les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital financier, portant le PFU à 31,4 %.
- Sont principalement touchés : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, produits structurés et crypto-actifs.
- Sont préservés : assurance-vie, immobilier locatif (direct et via SCPI), épargne réglementée et anciens PEL/CEL.
- Les SCPI gagnent en attractivité relative : fiscalité inchangée, rendement brut stable, avantage compétitif face aux placements purement financiers.
- Une révision de l'allocation d'actifs (plus d'immobilier, plus d'enveloppes défiscalisées) peut compenser en partie la baisse de rendement net liée à la réforme.
Conseil de l'expert
En tant qu'expert en SCPI, je recommande de profiter de cette hausse ciblée de la CSG pour revisiter votre stratégie patrimoniale : comparez systématiquement le rendement net après fiscalité de vos placements financiers avec celui de l'immobilier détenu via SCPI, en tenant compte de votre tranche marginale d'imposition et de votre horizon d'investissement. Une combinaison de SCPI logées en assurance-vie et, le cas échéant, en société à l'IS peut offrir un couple rendement/risque/fiscalité plus robuste, à condition d'accepter une vision de long terme (8 à 10 ans minimum) et de diversifier entre plusieurs sociétés de gestion et typologies d'actifs.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !