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Je n'ai pas d'héritier : comment transmettre mon patrimoine ?
Sans héritier direct (enfants, parents ou frères et sœurs), la loi française organise la transmission de votre patrimoine selon un ordre successoral strict, allant jusqu'aux collatéraux ordinaires comme les oncles, tantes ou cousins au 6ème degré[2][4][5]. À défaut d'héritiers connus ou si la succession reste vacante, l'État récupère l'ensemble des biens[2]. Les droits de succession peuvent alors atteindre 60 % pour les non-parents directs[1][5].
Heureusement, des outils comme l'assurance vie et le legs avec charges permettent de contourner ces règles et de transmettre librement à des tiers (amis, associations, partenaires de PACS ou concubins), en minimisant ou supprimant les frais fiscaux[1][6][8]. Cet article détaille ces solutions, avec des chiffres récents et des exemples concrets, pour une transmission maîtrisée.
Les règles successorales par défaut sans héritier
En l'absence de testament, votre patrimoine suit l'ordre légal des successions (articles 731 et suivants du Code civil) :
- 1er et 2ème ordre : enfants, puis parents et frères/sœurs (ou leurs descendants). Si absents...
- 3ème et 4ème ordre : grands-parents, oncles/tantes, cousins jusqu'au 6ème degré[2][4].
- Cas extrêmes : succession vacante si personne ne se manifeste dans les 4 mois, ou si tous renoncent. L'État devient alors héritier[2].
Attention : le conjoint ou partenaire de PACS n'hérite de rien sans testament (considéré comme tiers), contrairement au mariage où il reçoit au moins 1/4[4][5]. Les droits de succession à 60 % s'appliquent pour ces " étrangers "[1][5]. Exemple : sur 200 000 €, un cousin paie 120 000 € de droits, laissant 80 000 € nets[1].
Chiffres clés 2026 : avec l'inflation immobilière, un patrimoine moyen de 300 000 € (logement + épargne) peut générer plus de 180 000 € de taxes si mal anticipé[1].
Solution n°1 : l'assurance vie, outil roi pour transmettre sans frais
L'assurance vie est idéale en l'absence d'héritier : elle échappe partiellement aux règles successorales et bénéficie d'exonérations fiscales attractives (article 990 I du CGI)[1][6].
Régime fiscal avant et après 70 ans
- Avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sans limite de nombre ni lien de parenté. Taxation à 20 % entre 152 500 € et 700 000 €, puis 31,25 % au-delà – bien mieux que 60 %[1][6].
Exemple : un couple verse 1 million € (500 000 € chacun). Avec 2 bénéficiaires (amis ou associations), transmission de 610 000 € sans droits (305 000 € par assuré). Le reste est taxé à 20 %[1]. - Après 70 ans : abattement global de 30 500 €, puis 20 % jusqu'à 700 000 €[6].
Démembrement et stratégie patrimoniale
Vous pouvez mettre en place un démembrement transgénérationnel en désignant certains bénéficiaires en usufruitiers (enfants, amis) et d'autres en nus-propriétaires (petits-enfants, tiers). À l'extinction de l'usufruit (décès), la pleine propriété est reconstituée sans nouvelle imposition (article 1133 CGI)[1].
Avantage sans héritier : vous nommez librement un ami, une association ou un concubin comme bénéficiaire. Une convention notariée est recommandée pour sécuriser le démembrement[1]. En 2026, avec des rendements d'assurance vie autour de 3–4 % nets, c'est un placement sécurisé et fiscalement optimisé[1].
Solution n°2 : le legs avec charges et le testament
Sans donation de votre vivant, le testament (olographe ou authentique) permet de disposer librement d'une quotité disponible (part non réservataire en l'absence de descendants)[4][8].
- Sans enfants : jusqu'à 3/4 du patrimoine sont librement léguables (1/4 réservé au conjoint si vous êtes marié)[4].
Exemple : sur 200 000 €, 150 000 € peuvent être légués à un ami ou une association, 50 000 € reviennent au conjoint[4]. - Legs avec charges : vous léguez un bien sous condition (ex. : " léguer mon appartement à mon amie X, à charge pour elle de me verser une rente viagère de 1 000 €/mois "). Cela réduit la base taxable et protège le légataire[8].
Fiscalité : les charges sont déductibles ; un legs à un tiers reste taxé à 60 %, mais peut être optimisé via une assurance vie en complément[8]. - Testament solidaire : un legs à une association (recherche, animaux, humanitaire…) bénéficie souvent d'une exonération ou réduction de droits (jusqu'à 100 % si la part est < 10 % du patrimoine, selon le statut de l'organisme)[8].
Cas concret : une millionnaire sans héritier souhaite aider les enfants de son amie. Sans testament, le partenaire de PACS et les amis sont exclus de la succession ; avec un legs avec charges, elle peut cibler la transmission, mais au prix potentiel de 60 % de taxes – d'où l'intérêt de combiner avec une assurance vie pour réduire la facture fiscale[9].
Autres optimisations complémentaires
- Donations de votre vivant (même sans héritier proche) : abattement de 31 865 € pour un don d'argent (article 790 G CGI) à tout bénéficiaire, ou présents d'usage (non imposables s'ils restent raisonnables)[1].
- Immobilier : donation de nue-propriété (valeur réduite : 50 % entre 51 et 60 ans). L'usufruit s'éteint au décès sans droits supplémentaires (article 1133 CGI)[3].
- SCI ou forêts : démembrement via SCI ; abattement de 75 % sur les parts de Groupement Forestier d'Investissement (GFI) si elles sont détenues au moins 2 ans[1][6].
- Combinaison gagnante : donations + assurance vie = possibilité de transmettre plus de 2 M€ avec une fiscalité très réduite pour les gros patrimoines[1].
| Outil | Abattement / Exonération | Idéal pour |
| Assurance vie (<70 ans) | 152 500 €/bénéficiaire | Tiers, amis, associations[1][6] |
| Legs avec charges | Jusqu'à 3/4 du patrimoine libre | Conditions protectrices[4][8] |
| Donation de nue-propriété | 50 % de la valeur (51–60 ans) | Immobilier[3] |
| Don d'argent | 31 865 € | Liquidités immédiates[1] |
Conclusion
Sans héritier, ne rien faire risque de disperser votre patrimoine à des cousins lointains ou à l'État, avec jusqu'à 60 % de taxes[2][5]. Il est donc crucial d'anticiper.
Privilégiez l'assurance vie pour sa flexibilité et ses exonérations (152 500 € par bénéficiaire), complétée par un legs avec charges via testament pour des biens spécifiques[1][6][8]. Consultez un notaire pour personnaliser votre stratégie (convention de démembrement, testament authentique). Une planification adaptée permet de transmettre plusieurs millions sans frais, en respectant vos volontés affectives ou solidaires[1]. En 2026, avec la hausse des patrimoines immobiliers, il est pertinent d'agir dès maintenant pour sécuriser votre legs.
À retenir
- Sans héritier direct ni testament, votre patrimoine suit l'ordre légal jusqu'aux cousins éloignés, voire à l'État, avec une fiscalité pouvant atteindre 60 %.
- L'assurance vie est l'outil central pour transmettre à des tiers (amis, concubin, associations) avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans.
- Le testament et le legs avec charges permettent de cibler les bénéficiaires et de poser des conditions protectrices, notamment pour un proche fragile ou un projet solidaire.
- Les donations de votre vivant, le démembrement de propriété et certains véhicules (SCI, GFI) complètent efficacement la stratégie.
- Un accompagnement par un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine est indispensable pour optimiser la fiscalité et sécuriser juridiquement vos volontés.
Sources
- Code civil, articles 731 et suivants (ordre des successions).
- Code général des impôts, articles 990 I, 790 G, 1133.
- Notaires de France – Dossiers pratiques sur les successions et donations.
- Documents d'information clés pour l'investisseur (DICI) de contrats d'assurance vie multisupports.
- Fiches pédagogiques de l'administration fiscale sur les droits de succession et de donation.
Conseil d'expert
En tant qu'expert en solutions patrimoniales et en SCPI, je recommande aux épargnants sans héritier direct de structurer leur patrimoine autour d'une ou plusieurs assurances vie et, lorsque c'est pertinent, de parts de SCPI logées dans ces contrats. Vous combinez ainsi revenus potentiels réguliers, diversification immobilière et transmission fiscalement optimisée à vos proches ou à des causes qui vous tiennent à cœur. Faites régulièrement un audit de vos clauses bénéficiaires et de votre stratégie de démembrement avec un professionnel : une simple mise à jour peut réduire fortement les droits à payer et sécuriser la réalisation de vos volontés.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !