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Femmes et investissement : un écart persistant selon le Baromètre AMF 2025

Le Baromètre 2025 de l'épargne et de l'investissement, publié par l'Autorité des marchés financiers (AMF), met en lumière une réalité persistante dans le monde des placements financiers : les femmes restent nettement moins nombreuses que les hommes à investir. Cette édition spéciale, dédiée aux comportements d'investissement féminins, analyse attitudes, perceptions et pratiques, confirmant un écart structurel malgré une progression graduelle.
Cette étude repose sur une enquête auprès d'un échantillon représentatif d'épargnants français, soulignant des différences marquées en matière de participation, de perception du risque et de choix de produits[1][4].
Épargne et investissement : une participation féminine encore limitée
Les femmes restent moins nombreuses à investir
En 2025, 24 % des femmes déclarent investir en Bourse via un compte-titres ou un PEA, en crypto-actifs ou dans le financement participatif, contre 45 % des hommes. Cette disparité illustre un écart persistant, les femmes étant deux fois moins présentes sur ces marchés.
L'évolution sur plusieurs années montre une hausse modeste : 21 % en 2023, 23 % en 2024 et 24 % en 2025, signe d'une progression lente mais réelle[1].
La présence féminine varie selon les actifs. Parmi les investisseurs :
Type d'investissement | Part des femmes |
|---|---|
Bourse | 38 % |
Financement participatif | 36 % |
Crypto-actifs | 26 % |
Les femmes représentent ainsi 38 % des investisseurs en Bourse, mais seulement 26 % en crypto-actifs, où les hommes dominent largement. Ces chiffres confirment une sous-représentation féminine, particulièrement dans les actifs perçus comme risqués[1][3].
La perception du risque, un facteur déterminant
Une aversion au risque plus marquée chez les femmes
51 % des femmes refusent toute prise de risque dans leurs placements, contre 31 % des hommes. Cette prudence accrue oriente les femmes vers des solutions d'épargne sécurisées, comme le Livret A, au détriment de placements dynamiques.
Des études antérieures, comme celle de La Banque Postale en 2022, notaient déjà 48 % de femmes averses au risque, confirmant une tendance stable[1][2].
Une génération plus ouverte au risque
Cependant, des fractures générationnelles émergent. Parmi les femmes CSP+ de moins de 35 ans, 61 % acceptent un peu de risque, contre 32 % pour les autres femmes. Cette ouverture s'explique par l'accès facilité à l'information financière via les plateformes digitales et la montée des néo-brokers, qui attirent les jeunes investisseuses.
L'âge moyen des femmes investissant en Bourse a baissé à 60 ans en 2022, tendance probablement renforcée en 2025[1][5].
La perception des connaissances financières
Un niveau de confiance plus faible
Seulement 28 % des femmes estiment s'y connaître en épargne et placements, contre 51 % des hommes. Les femmes surestiment moins leurs compétences, adoptant une posture prudente qui peut freiner l'entrée en investissement.
Des tests AMF montrent que leurs connaissances financières réelles sont quasi égales à celles des hommes, mais une sous-estimation auto-imposée persiste[1][2].
Des décisions d'investissement de plus en plus autonomes
46 % des femmes choisissent seules leurs placements, contre 43 % des hommes, marquant une autonomie croissante. La part suivant des recommandations professionnelles a chuté de 32 % à 23 % en trois ans.
Cette évolution reflète une digitalisation accrue et une prise de confiance, bien que les femmes privilégient encore les banques traditionnelles (62,8 % des investisseuses actives en 2024)[1][3].
Produits d'investissement : des différences selon les actifs
Parmi les investisseurs, les femmes détiennent autant d'actions cotées, de fonds ou de placements en financement participatif que les hommes. Des écarts persistent toutefois sur certains produits.
Produit financier | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
10 % | 18 % | |
Crypto-actifs | 20 % | 33 % |
Ces disparités s'expliquent par l'aversion au risque et une moindre familiarité avec ces produits. Les jeunes femmes CSP+ montrent un intérêt croissant pour les ETF et l'investissement socialement responsable (ISR), avec 5 % détenant des placements ISR en 2024[1][5].
Une transformation progressive des comportements d'investissement
Les tendances évoluent : participation féminine en hausse, autonomie renforcée et ouverture au risque chez les jeunes CSP+. Pourtant, les écarts persistent, amplifiés par une sous-représentation en Bourse (25 % des investisseurs actifs en 2024) et des sommes épargnées moindres (210 € / mois en moyenne)[1][2][3].
Ce qu'il faut retenir du Baromètre AMF 2025
- 38 % des investisseurs en Bourse sont des femmes.
- 36 % en financement participatif.
- 26 % en crypto-actifs.
- 24 % des femmes investissent (vs 45 % hommes).
- 51 % refusent tout risque (vs 31 % hommes).
- 61 % des femmes CSP+ < 35 ans acceptent du risque.
- 46 % choisissent seules leurs placements.
Ces données soulignent une complexité des dynamiques : prudence structurelle, mais mutations prometteuses via la jeunesse et le numérique[1].
Conclusion
Le Baromètre AMF 2025 confirme un écart genré persistant en investissement, freiné par la perception du risque et des compétences financières, mais atténué par l'autonomie croissante et l'élan des jeunes femmes investisseuses.
Pour combler ce fossé, une éducation financière ciblée, des produits adaptés et une sensibilisation culturelle s'imposent, favorisant l'inclusion financière et la croissance économique. Les investisseurs institutionnels, comme les banques et sociétés de gestion, ont un rôle clé pour exploiter ce potentiel sous-exploité[1][3][5].
Pour aller plus loin : visionnez la vidéo « Femmes et argent : comprendre, épargner et investir sans jargon » qui explique simplement les bases de l’épargne, du risque et de l’investissement, et montre pourquoi commencer tôt peut permettre de profiter de l’effet des intérêts composés.
À retenir
- Les femmes restent moins nombreuses à investir, malgré une progression lente de leur participation.
- Une aversion au risque plus forte et un déficit de confiance expliquent en partie cet écart.
- Les jeunes femmes CSP+ se distinguent par une plus grande appétence au risque et aux produits boursiers.
- L'autonomie dans les décisions de placement progresse, portée par la digitalisation.
- Renforcer l'éducation financière et adapter l'offre de produits sont des leviers clés pour réduire l'écart.
Sources
- AMF – Baromètre de l'épargne et de l'investissement 2025.
- AMF – Études sur les connaissances et compétences financières des épargnants.
- Discours et interventions de Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l'AMF.
- Enquêtes complémentaires sur la participation féminine aux marchés financiers.
- Analyses sectorielles sur les comportements d'investissement des jeunes CSP+.
Conseil de l'expert
En tant qu'expert en gestion de patrimoine, j'observe que la clé pour réduire l'écart d'investissement entre femmes et hommes réside dans une progression par étapes. Commencer par définir un objectif clair (complément de retraite, projet immobilier, indépendance financière), puis allouer une partie seulement de l'épargne de précaution vers des placements diversifiés (ETF larges, fonds équilibrés, ISR) permet de se familiariser avec le risque sans mettre en danger sa sécurité financière. L'accompagnement par un conseiller indépendant ou des ressources pédagogiques fiables est déterminant pour monter en compétence, gagner en confiance et, à terme, piloter soi-même une stratégie d'investissement alignée avec son profil et ses valeurs.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !