ÊTRE RECONTACTÉ(E)
Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer en vous adressant à MeilleureSCPI.com - Service Informatique et Liberté 62 rue Brancion, 75015 Paris ou à information [arobase] meilleurescpi [point] com
“Excellent”, 165 avis
Mariage et entreprise : quel régime matrimonial choisir en 2025 ?

Comprendre l'importance du régime matrimonial pour un entrepreneur
Se marier implique de choisir ou d'adopter un régime matrimonial qui déterminera la gestion des biens, des dettes et le partage du patrimoine en cas de dissolution du mariage. Ce choix est encore plus crucial pour les entrepreneurs, car il impacte directement la protection des biens professionnels et personnels, surtout en cas de difficultés financières ou de divorce, où les créanciers peuvent saisir des biens communs.[1][2]
Les différents régimes matrimoniaux
Il existe plusieurs régimes matrimoniaux ayant chacun des avantages et inconvénients selon la situation professionnelle et patrimoniale des époux.
Une réforme des régimes matrimoniaux est attendue en 2025, avec notamment :
- une refonte de la communauté réduite aux acquêts pour plus d'équité ;
- la possibilité de priver un conjoint indigne des bénéfices patrimoniaux, inspirée du droit successoral.[7][8]
Le régime de la communauté réduite aux acquêts (régime légal)
Ce régime s'applique automatiquement aux couples qui se marient sans contrat de mariage. Il repose sur une distinction entre :
- Biens propres : biens acquis avant le mariage ou reçus par donation ou succession ;
- Biens communs : revenus et biens acquis pendant le mariage. Les titres sociaux de l'entreprise sont également, en principe, mis en commun.[1]
Conséquences pour un entrepreneur
- Une entreprise créée ou acquise pendant le mariage est commune, sauf si elle est financée exclusivement par des fonds propres.
- Le conjoint doit donner son accord pour des actes importants (vente, hypothèque) portant sur des biens communs.
- Les dettes professionnelles (par exemple une caution bancaire personnelle) peuvent impacter les biens du couple et exposer les revenus du conjoint.[1][2]
👉 Pour qui ? Ce régime peut convenir à un couple sans gros risques financiers ou ayant une activité commune, tout en gardant à l'esprit que les créanciers peuvent saisir les biens communs en cas de faillite.[1]
Le régime de séparation de biens
Chaque époux conserve l'entière propriété et la gestion de ses biens, y compris ceux acquis après le mariage. Les revenus de l'entreprise restent la propriété exclusive de l'entrepreneur.[1][6]
Conséquences pour un entrepreneur
- L'entreprise appartient uniquement à l'époux qui l'a fondée ou financée.
- Chacun gère ses dettes personnelles sans engager l'autre, ce qui protège le patrimoine du conjoint en cas de saisie par les créanciers.[2][6]
- En cas de divorce, la répartition patrimoniale est généralement simplifiée.
- Risque de déséquilibre patrimonial si l'un des conjoints ne travaille pas, avec une possible perception de manque de solidarité.
👉 Pour qui ? Adapté aux entrepreneurs souhaitant protéger leur conjoint des risques financiers, c'est l'option souvent privilégiée.[2][6]
Le régime de participation aux acquêts
Ce régime fonctionne comme une séparation de biens pendant le mariage, mais au moment de la dissolution, chaque époux partage les enrichissements accumulés. C'est un régime hybride, mi-séparation, mi-communauté universelle.[3]
Conséquences pour un entrepreneur
- Protège l'indépendance financière de chaque époux pendant le mariage.
- Assure un partage équitable en fin de mariage, en reconnaissant la contribution de chaque époux à la réussite financière du couple.
- Peut être complexe à mettre en œuvre en cas de divorce, car il faut évaluer précisément les enrichissements de chacun.[1]
👉 Pour qui ? Idéal pour les couples souhaitant une protection mutuelle sans communauté de biens pendant le mariage.
Le régime de communauté universelle
Tous les biens, qu'ils soient acquis avant ou pendant le mariage, deviennent communs.
Conséquences pour un entrepreneur
L'entreprise fait partie du patrimoine commun. Le couple partage donc pleinement la valeur, mais aussi les risques.
Il existe un risque important en cas de faillite, car l'ensemble du patrimoine, y compris les biens antérieurs au mariage, peut être concerné et engagé.[1]
👉 Pour qui ? Ce régime est plutôt recommandé aux couples à la retraite ou souhaitant préparer une transmission patrimoniale.
Tableau comparatif des régimes matrimoniaux et impact sur l'entreprise
Régime matrimonial | Biens acquis avant mariage | Biens acquis après mariage | Gestion des dettes | Impact sur l'entreprise |
|---|---|---|---|---|
Communauté réduite aux acquêts | Propres | Communs (titres sociaux inclus) | Dettes professionnelles peuvent impacter le conjoint (ex. caution bancaire) | Entreprise commune sauf clause contraire[1][2] |
Séparation de biens | Propres | Propres | Chacun gère ses dettes (protection du conjoint) | L'entreprise appartient à l'époux entrepreneur[1][6] |
Participation aux acquêts | Propres | Propres | Chacun gère ses dettes | Partage des enrichissements en fin de mariage[1][3] |
Communauté universelle | Communs | Communs | Tous les biens peuvent être engagés | L'entreprise appartient aux deux époux[1] |
Comment choisir le bon régime matrimonial ?
Le choix du régime matrimonial dépend de plusieurs critères :
- Niveau de risque de l'activité professionnelle (start-up, profession libérale, commerce, société patrimoniale, etc.).
- Patrimoine initial des époux et objectifs de construction de patrimoine.
- Volonté de protéger le conjoint en cas de difficultés financières ou de divorce.
- Projet patrimonial global et succession (transmission aux enfants, donation-partage, démembrement, etc.).
Depuis la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, les entrepreneurs individuels bénéficient d'un patrimoine professionnel distinct de leur patrimoine personnel, ce qui protège mieux la famille des risques d'exploitation.[4]
Cependant, l'accord du conjoint peut être requis pour certains actes (emprunt, garantie, hypothèque sur un bien commun), ce qui limite la liberté d'action de l'entrepreneur et doit être anticipé dans le choix du régime.
Les solutions pour adapter un régime matrimonial
- Signer un contrat de mariage devant notaire avant le mariage pour définir précisément la répartition des biens et la protection du conjoint.
- Modifier son régime matrimonial en cours de mariage (possible, sous conditions, après deux ans d'union) pour l'adapter à l'évolution de la situation professionnelle et patrimoniale.[3]
- Rédiger une clause de prévention dans le contrat de mariage pour préserver certains biens (par exemple, exclure des biens professionnels ou organiser une indemnisation du conjoint).
- Pour le conjoint collaborant dans l'entreprise sans rémunération, choisir un statut obligatoire (collaborateur, salarié ou associé), exigé depuis 2007, afin de sécuriser ses droits sociaux et sa protection.[5]
Conclusion
Le choix du régime matrimonial est une décision essentielle pour tout couple et encore plus pour un entrepreneur, d'autant plus avec une réforme annoncée pour 2025 visant à renforcer l'équité entre époux. Un régime mal adapté peut exposer le patrimoine familial à des risques financiers importants, y compris via des cautions personnelles accordées par l'entrepreneur.[1][4]
Se faire accompagner par un notaire ou un avocat spécialisé permet de choisir la solution la plus appropriée à la situation, aux ambitions du couple et à la stratégie globale de protection du patrimoine.
À retenir
- Le régime matrimonial conditionne la protection des biens professionnels et personnels de l'entrepreneur.
- La séparation de biens protège efficacement le conjoint, mais peut créer un déséquilibre patrimonial si elle n'est pas compensée.
- La participation aux acquêts offre un compromis entre indépendance pendant le mariage et partage de la valeur créée à la fin.
- La communauté réduite aux acquêts et la communauté universelle exposent davantage le patrimoine commun aux créanciers.
- Les évolutions législatives récentes (loi de 2022, réforme 2025 annoncée) renforcent la nécessité d'un audit patrimonial régulier.
Conseil de l'auteur
En tant qu'expert en patrimoine et en SCPI, je vous recommande de ne pas raisonner uniquement " régime matrimonial ", mais de siloter votre patrimoine : distinguez clairement votre patrimoine privé, votre patrimoine professionnel et votre patrimoine d'investissement (SCPI, immobilier locatif, titres financiers). Pour y parvenir, envisagez la création d'une holding qui centralise vos participations professionnelles et, pourquoi pas, certains investissements patrimoniaux. Ce découpage, combiné à un régime matrimonial adapté, permet d'optimiser la protection de votre famille, la transmission et la fiscalité, tout en gardant une grande souplesse pour développer votre activité.
À lire également :
Divorce et SCPI : bon ménage ?
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !