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“Excellent”, 165 avis

Marché des commerces en France : tendances et opportunités 2026

Publié par Jonathan Dhiver
Mis à jour le 20 avr. 2026
12 min. de lecture
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Le marché des commerces en mutation profonde

Selon les dernières analyses du marché retail français, le marché des commerces demeure engagé dans une phase de profonde recomposition. Entre ralentissement persistant de la consommation, multiplication des procédures collectives et poursuite sélective des projets d'expansion, le secteur présente des dynamiques contrastées, mais toujours déterminantes pour les stratégies d'investissement immobilier. Les tendances observées en 2025 se confirment désormais à l'échelle de l'année : sélection plus stricte des emplacements, recentrage sur les zones prime et la périphérie la plus dynamique, et montée en puissance des formats mêlant commerce, loisirs et restauration.

Recul de la consommation et hausse des procédures

Une consommation atone tout au long de 2025

Dans un environnement économique international incertain, marqué par une croissance du PIB inférieure à 1 % et une inflation ramenée à 0,7 % en décembre 2025, la consommation des ménages en France a connu une année 2025 difficile.

Le commerce spécialisé en magasin a enregistré un recul d'environ 0,8 % sur l'ensemble de l'année, tandis que les ventes totales du commerce de détail ont évolué dans une fourchette étroite de ±1 %, avec une variation moyenne annuelle de -0,1 %. Cette évolution modeste reste insuffisante pour compenser l'effet prix, ce qui pèse sur les marges des enseignes et sur le chiffre d'affaires des indépendants.

Plus de la moitié des détaillants déclarent une baisse de fréquentation en magasin, tandis que 44 % constatent une diminution du panier moyen. Le climat des affaires dans le commerce de détail reste en retrait, et les intentions d'investissement des commerçants demeurent prudentes.

Cette consommation contrainte s'explique par le maintien d'un taux de chômage autour de 7,5 % en moyenne en 2025 et par un niveau d'épargne élevé, avec un taux proche de 17 % du revenu disponible brut, illustrant un arbitrage toujours défavorable à la consommation.

Des enseignes en grande difficulté

Dans ce contexte tendu, les procédures collectives se sont poursuivies en 2025, s'ajoutant à un total de 102 procédures recensées depuis 2023, soit environ 7 200 magasins impactés, dont 36 % ont fermé définitivement.

Les secteurs les plus fragilisés restent l'équipement de la personne et certaines enseignes de milieu de gamme, confrontés à la fois à la concurrence du e-commerce, au discount et à la montée en gamme de certains acteurs plus résilients. Le segment du prêt-à-porter a particulièrement souffert, avec un recul de 32 % de la demande en 2025.

2 000 ouvertures prévues malgré le contexte

Des projets d'expansion multiples mais sélectifs

En parallèle de ces fermetures, le marché recense environ 130 plans d'expansion, représentant plus de 2 000 ouvertures potentielles de magasins. Ce volume est en retrait par rapport aux années précédentes, mais il confirme la résilience d'une partie du secteur.

La sélection des emplacements est toutefois plus stricte : les enseignes privilégient les artères prime des grandes métropoles, les retail parks performants et les zones périphériques en renouvellement. Le marché immobilier commercial se polarise drastiquement : les actifs prime et le format boutique (moins de 600 m²) concentrent l'essentiel de la demande et des investissements, tandis que l'attractivité des zones secondaires s'affaiblit.

La restauration – en particulier la restauration rapide – demeure en tête des segments dynamiques, représentant près des deux tiers des nouveaux concepts en 2025, devant l'alimentation, la santé-beauté, l'optique-audition, les loisirs indoor et le discount. Ces secteurs tirent parti de tendances structurelles :

  • recherche d'expérience en point de vente ;
  • montée du " mieux manger " accessible ;
  • arbitrages de pouvoir d'achat vers des offres perçues comme essentielles ou ludiques.

Nouvelles enseignes étrangères et dynamique du e-commerce

L'attrait de la France pour les enseignes internationales se confirme, avec une part croissante d'enseignes venues d'Asie et de nouvelles marques premium.

Dans ce paysage morose du retail physique, le commerce en ligne constitue l'exception majeure. Les ventes e-commerce progressent de 4,8 % sur un an, portées notamment par l'ultra fast-fashion chinoise et le succès massif des plateformes de seconde main.

Selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, le chiffre d'affaires global du e-commerce atteint désormais le jalon symbolique des 200 milliards d'euros, soit près de 7 % du PIB français. La croissance des ventes en ligne surpasse ainsi nettement celle de la consommation physique.

Paris, moteur du commerce en France

Une fréquentation stabilisée après les JO

Après un net ralentissement de la fréquentation pendant les Jeux Olympiques de 2024, les flux se sont redressés dès la fin de l'événement. Les dépenses touristiques ont dépassé leurs niveaux pré-Covid, portées par le retour massif des clientèles internationales et par la montée en gamme de l'offre hôtelière et commerciale.

Paris apparaît ainsi moins dépendante de la seule mode et davantage portée par une diversification des concepts : food halls, loisirs indoor, concept-stores, luxe expérientiel.

Une pression sur les loyers dans les zones prime

Sur les 24 artères prime parisiennes, le taux de vacance moyen s'est établi à 4,4 %, contre 5 % un an plus tôt. Ce niveau déjà faible illustre une offre limitée et une tension persistante sur les meilleurs emplacements, qui soutient les loyers, voire les tire à la hausse sur certaines artères centrales.

Les signatures restent sélectives, mais les grandes marques internationales, le luxe et certaines enseignes de restauration ou de beauté continuent de se positionner sur ces emplacements rares.

Le secteur de la mode, en pleine transformation

3 000 magasins disparus en cinq ans

Le commerce d'habillement demeure le secteur le plus touché par les fermetures. Entre 2019 et 2025, plus de 3 000 points de vente ont disparu en France, soit une contraction d'environ 16 % du parc.

Cette baisse se concentre sur les segments entrée et milieu de gamme, souvent positionnés en centre-ville secondaire ou dans des galeries commerciales vieillissantes, plus exposés à la concurrence du e-commerce, du seconde main et des enseignes de fast fashion mondialisées.

Un repositionnement stratégique

Face à ces mutations, les grands groupes réorganisent leurs réseaux. Le groupe Inditex a ainsi réduit de 26 % le nombre de ses points de vente dans le monde tout en augmentant la taille moyenne de ses boutiques de 24 %.

L'objectif : transformer les magasins en véritables flagships omnicanaux, intégrant stock élargi, services digitaux, click & collect optimisé et expérience client renforcée. Dans le même temps, les ventes du groupe ont progressé de près de 40 %, et celles en ligne de 162 %, illustrant la pertinence de ce repositionnement vers des formats plus grands, mieux situés et plus rentables.

Exemple :

Exemple emblématique, Zara poursuit l'extension de ses flagships parisiens, avec des surfaces accrues et une mise en scène renforcée des collections, démontrant la valeur immobilière stratégique des très grands emplacements dans la capitale.

Une différenciation selon les segments

SegmentÉvolution du parc (2019-2025)
Entrée de gamme-6 %
Milieu de gamme-26 %
Haut de gamme+4 %

Les marques premium comme Sézane, Balzac Paris ou Rouje poursuivent une stratégie de rareté maîtrisée, avec un nombre restreint de boutiques physiques, principalement à Paris et dans quelques grandes métropoles régionales, complétées par un puissant canal digital. Cette combinaison leur permet de préserver leur image de marque, de maîtriser leurs coûts immobiliers et de concentrer l'expérience physique sur des lieux à forte valeur ajoutée.

À l'inverse, le segment du haut de gamme affiche une croissance de 4 % depuis 2019, tandis que le milieu de gamme recule de 26 %, accentuant la polarisation du marché.

La périphérie s'affirme comme terrain d'innovation

Un boom des loisirs commerciaux

Les zones commerciales de périphérie s'imposent comme un laboratoire de nouveaux concepts, en particulier autour des loisirs. Les zones périphériques accueillent un nouveau type d'offre : les complexes de loisirs.

De nouvelles structures de plus de 5 000 m² doivent ouvrir, représentant une surface significative. Ces équipements – parcs indoor, espaces immersifs, complexes de jeux, loisirs familiaux – visent à compléter l'offre commerciale traditionnelle et à rallonger le temps de présence des visiteurs.

Ces opérations illustrent la tendance lourde à la requalification de grandes boîtes commerciales obsolètes en destinations de loisirs, avec une offre expérientielle forte, souvent couplée à de la restauration et à quelques enseignes retail ciblées. Elles contribuent à redonner de l'attractivité à des sites périphériques vieillissants et à capter des clientèles plus jeunes et familiales.

image Le marché des commerces reste contrasté en 2026

Un marché de l'investissement contrasté

Des volumes en hausse, mais concentrés

Du côté de l'investissement, les volumes sur le segment commerce restent contrastés. Sur l'ensemble des trois premiers trimestres 2025, l'investissement immobilier d'entreprise en France (bureaux, commerces, industriel) a atteint 8,3 milliards d'euros, en légère hausse de 2 % sur un an, avec une part stable pour le retail, mais un nombre de transactions en baisse.

Les investisseurs se concentrent sur les actifs aux meilleurs fondamentaux : emplacement, qualité locative, résilience des usages. Le reste du marché est demeuré animé par des opérations de petite taille, portées majoritairement par des investisseurs privés et des SCPI, souvent focalisés sur des commerces de pied d'immeuble bien situés ou des retail parks performants.

Une reprise progressive attendue

Le marché des commerces reste peu fluide, dans un climat marqué par les incertitudes politiques, les évolutions réglementaires et la transformation rapide des comportements de consommation.

Néanmoins, les fondamentaux du segment sont jugés solides sur certains créneaux : offre limitée dans les zones prime, résilience de la restauration et des loisirs, montée en gamme de certaines artères, et capacité des grandes métropoles à attirer des enseignes internationales.

En 2026, le marché s'annonce moins comme une année de rebond que comme une phase de stabilisation progressive. La normalisation de l'inflation constitue un prérequis indispensable, mais elle ne suffira pas, à elle seule, à relancer durablement la consommation. Tant que les incertitudes politiques, économiques et sociales continueront de peser sur la confiance, les comportements d'achat devraient rester prudents, imposant aux commerces d'évoluer dans un environnement encore contraint, marqué par une reprise lente et inégale selon les secteurs.

Tableau récapitulatif : Chiffres-clés 2025

IndicateurValeur 2025
Variation consommation commerce de détail-0,1 % (moyenne annuelle)
Commerce spécialisé en magasin-0,8 %
Taux de chômage moyen≈ 7,5 %
Taux d'épargne des ménages≈ 17 % du RDB
Procédures collectives (depuis 2023)102 (≈ 7 200 magasins)
Plans d'expansion recensés≈ 130
Ouvertures potentielles de magasins> 2 000
Taux de vacance Paris (artères prime)4,4 %
CA e-commerce≈ 200 Mds € (≈ 7 % du PIB)
Investissement immobilier d'entreprise8,3 Mds € (9M 2025)

Conclusion : Adaptation et sélectivité comme maître-mots

Le marché des commerces en 2025-2026 reste caractérisé par une double dynamique : d'un côté, un retrait structurel dans certains segments, notamment la mode milieu de gamme et les emplacements secondaires ; de l'autre, une expansion ciblée dans la restauration, les loisirs, le discount, le luxe et les concepts premium à forte dimension omnicanale.

Dans ce contexte, les SCPI de commerces et les autres véhicules d'investissement spécialisés dans le commerce affinent leurs stratégies : arbitrage des actifs les moins résilients, concentration sur les artères prime et les périphéries les plus dynamiques, et montée en puissance des actifs mixtes combinant commerce, services et loisirs.

Pour les investisseurs, cette phase de transition offre des opportunités sélectives, à condition de bien maîtriser les nouveaux équilibres du marché locatif, de privilégier la qualité des emplacements et des locataires, et d'intégrer pleinement la dimension expérientielle et omnicanale du commerce de demain.

image Le marché des commerces reste contrasté en 2026

À retenir

  • Une consommation des ménages sous contrainte en 2025, avec recul du commerce spécialisé et taux d'épargne élevé.
  • Des procédures collectives nombreuses qui fragilisent surtout la mode milieu de gamme et les emplacements secondaires.
  • Plus de 2 000 ouvertures de magasins encore envisagées, concentrées sur les actifs prime et les formats boutiques.
  • Une croissance soutenue du e-commerce, tirée par l'ultra fast-fashion et la seconde main, qui rebat les cartes du retail physique.
  • Paris et les périphéries innovantes (loisirs, restauration) restent les principaux moteurs d'attractivité commerciale.
  • Le marché de l'investissement retail se concentre sur les meilleurs fondamentaux, avec une reprise attendue progressive en 2026.

Sources

  • Analyses de marché retail France 2025-2026, données macroéconomiques INSEE (PIB, inflation, chômage, taux d'épargne).
  • Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) – Bilan e-commerce France 2025.
  • Études sectorielles prêt-à-porter et commerce spécialisé, 2019-2025.
  • Observations de marché et transactions retail prime Paris et grandes métropoles françaises.
  • meilleurescpi.com – Analyses et données sur l'investissement en commerces et SCPI.

Conseil d'expert

En 2026, privilégiez une approche très sélective : ciblez des emplacements prime ou des périphéries en requalification avec une dominante restauration/loisirs, et diversifiez via des SCPI de commerces spécialisées pour mutualiser le risque locatif. Intégrez systématiquement la dimension omnicanale des enseignes (part du e-commerce, stratégie digitale, capacité d'adaptation) dans vos analyses avant d'engager un investissement de long terme.

Mise à jour pour 2026 sur la base des dernières données disponibles.

À lire également : 

Investir en 2025 : Quels placements privilégier ?


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J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !

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