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Nu-propriétaire et démembrement immobilier : fiscalité et stratégies en 2026

Le nu-propriétaire est une notion bien spécifique dans le domaine de l'immobilier et de la fiscalité. Il s'agit d'une personne qui possède la nue-propriété d'un bien, tandis qu'une autre personne, appelée usufruitier, en détient l'usufruit.
En France, cette organisation du droit de propriété, appelée démembrement de propriété, est l'un des outils les plus puissants de l'optimisation patrimoniale. Elle remonte au Code civil napoléonien : le démembrement est sans doute l'outil le plus intéressant en France pour organiser la transmission, investir à long terme et gérer sa fiscalité immobilière.
Dans cet article mis à jour pour 2026, nous allons explorer les différents impôts auxquels le nu-propriétaire est soumis dans l'immobilier en général (résidence principale, secondaire, locatif, immobilier détenu en direct ou via des SCPI), ainsi que les grandes évolutions à connaître.
Impôts locaux
Taxe foncière
La taxe foncière est un impôt qui concerne les propriétaires de biens immobiliers. En règle générale, c'est l'usufruitier qui est redevable de la taxe foncière. Toutefois, si l'usufruitier ne la paie pas, le nu-propriétaire peut être tenu de la régler.
En 2026, une augmentation minimale de 0,8 % de la taxe foncière est prévue pour l'ensemble des propriétaires, due à la revalorisation automatique des bases cadastrales indexée sur l'inflation de novembre 2025. Cette hausse nationale s'ajoute aux éventuelles décisions locales des communes, qui devraient rester globalement stables en raison des échéances électorales.
Une réforme des éléments de confort (eau, électricité, sanitaires) dans le calcul des bases a été suspendue jusqu'au printemps 2026, ce qui évite une hausse moyenne estimée à environ 63 € pour près de 7,4 millions de logements. Cette pause offre un peu de visibilité aux propriétaires, mais le sujet devrait revenir dans le débat fiscal à moyen terme.
Taxe d'habitation
La taxe d'habitation est, quant à elle, payée par l'occupant du logement. Le nu-propriétaire n'est donc pas concerné par cet impôt, à moins qu'il n'occupe lui-même le bien en question.
Depuis 2023, la taxe d'habitation sur les résidences principales a été supprimée, ce qui allège la charge fiscale pour de nombreux foyers. Elle peut toutefois continuer à s'appliquer dans certains cas (par exemple, résidences secondaires ou logements vacants dans certaines communes), ce qui concerne alors l'occupant ou, à défaut, le propriétaire.
Impôt sur la fortune immobilière (IFI)
L'IFI est un impôt qui concerne les personnes dont le patrimoine immobilier est supérieur à 1,3 million d'euros. Le nu-propriétaire doit déclarer la valeur de la nue-propriété dans sa déclaration d'IFI.
La valeur de la nue-propriété est généralement déterminée en fonction de l'âge de l'usufruitier, selon un barème établi par l'administration fiscale. Plus l'usufruitier est âgé, plus la valeur fiscale de la nue-propriété est élevée, et inversement. Ce mécanisme fait du démembrement un outil particulièrement intéressant pour transmettre un patrimoine immobilier tout en maîtrisant l'IFI.
Impôt sur le revenu
Revenus fonciers
En ce qui concerne les revenus fonciers, le nu-propriétaire n'est pas imposable sur les revenus générés par le bien, car c'est l'usufruitier qui en perçoit les loyers et qui est donc soumis à l'impôt sur le revenu à ce titre.
Que le bien soit un logement loué vide, un meublé (via un montage adapté) ou un local professionnel, le principe reste le même : c'est l'usufruitier qui supporte l'imposition sur les loyers. Le nu-propriétaire, lui, supporte principalement la fiscalité sur la détention et la transmission.
Plus-values immobilières
En cas de cession de la nue-propriété, le nu-propriétaire est soumis à l'impôt sur les plus-values immobilières. Le calcul de la plus-value se fait en prenant en compte la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition de la nue-propriété, en tenant compte, le cas échéant, des frais et travaux éligibles.
Des abattements pour durée de détention sont prévus pour réduire la plus-value imposable, jusqu'à une exonération totale d'impôt sur la plus-value après 22 ans de détention (et 30 ans pour les prélèvements sociaux), selon le régime en vigueur. Ce cadre est identique que le bien soit détenu en pleine propriété ou démembré.
Exemple
Prenons l'exemple de M. Dupont, nu-propriétaire d'un appartement d'une valeur de 300 000 €, dont l'usufruitier est Mme Martin. L'appartement est loué nu à un locataire.
- M. Dupont n'aura pas à payer la taxe d'habitation puisqu'il n'occupe pas le logement.
- En revanche, si Mme Martin ne paie pas la taxe foncière, M. Dupont pourra être appelé à la régler, avec une hausse minimale de 0,8 % en 2026 liée à la revalorisation des bases cadastrales.
- M. Dupont ne déclare aucun revenu foncier lié à ce bien : c'est Mme Martin, usufruitière, qui déclare les loyers dans sa propre déclaration d'impôt sur le revenu.
- M. Dupont devra également déclarer la valeur de la nue-propriété dans sa déclaration d'IFI si son patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d'euros.
| Impôt | Nu-propriétaire | Usufruitier |
|---|---|---|
Taxe foncière | Payable si l'usufruitier ne l'a pas réglée (hausse min. 0,8 % en 2026) | Redevable en principe |
Taxe d'habitation | Non concerné (sauf occupation personnelle) | Payable par l'occupant |
Impôt sur la fortune immobilière (IFI) | Déclaration de la valeur de la nue-propriété | Déclaration de la valeur de l'usufruit |
Revenus fonciers | Non imposable | Imposable sur les revenus perçus |
Plus-values immobilières | Imposable sur la plus-value réalisée | Imposable sur la plus-value réalisée |
SCPI et nue-propriété
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI), qu'elles soient détenues en pleine propriété, en démembrement de propriété ou en usufruit viager, sont des sociétés d'investissement collectif qui permettent d'investir dans l'immobilier locatif sans avoir à gérer directement les biens.
Les SCPI peuvent également être démembrées, offrant ainsi la possibilité d'investir en nue-propriété ou en usufruit. Ce mécanisme transpose, au monde de l'immobilier collectif, les principes du démembrement issus du droit civil napoléonien.
Fiscalité des SCPI en nue-propriété
Lorsqu'un investisseur acquiert des parts de SCPI en nue-propriété, il bénéficie d'une fiscalité allégée par rapport à un investissement en pleine propriété.
En effet, les revenus locatifs générés par les parts de SCPI en nue-propriété sont perçus par l'usufruitier temporaire, qui est imposable sur ces revenus. Le nu-propriétaire n'est donc pas imposé sur ces revenus pendant la durée du démembrement :
- pas de revenus fonciers à déclarer ;
- impact potentiellement réduit sur l'IFI si la valeur de la nue-propriété est inférieure à celle de la pleine propriété ;
- possibilité d'acheter la nue-propriété avec une décote par rapport à la valeur de la pleine propriété.
Fin du démembrement et fiscalité
À l'issue de la période de démembrement, généralement fixée à 5, 10 ou 15 ans, le nu-propriétaire récupère automatiquement l'usufruit des parts de SCPI, devenant ainsi plein propriétaire. À partir de ce moment, il sera imposable sur les revenus locatifs perçus, comme tout associé de SCPI en pleine propriété.
Ce basculement doit être anticipé dans une stratégie patrimoniale globale : niveau de revenus, tranche marginale d'imposition, IFI, projets de transmission ou de réinvestissement.
Plus-values immobilières et SCPI
En ce qui concerne les plus-values immobilières, la cession de parts de SCPI en nue-propriété est soumise à l'impôt sur les plus-values, de la même manière que pour la cession d'un bien immobilier en nue-propriété.
Les abattements pour durée de détention s'appliquent également pour réduire la plus-value imposable, selon la durée de détention des parts. Là encore, le cadre fiscal est proche de celui de l'immobilier détenu en direct, ce qui permet d'intégrer les SCPI dans une stratégie long terme.
En somme, investir en nue-propriété de parts de SCPI permet de bénéficier d'une fiscalité allégée durant la période de démembrement, en étant exonéré d'impôt sur les revenus locatifs. Cependant, il est important de prendre en compte les conséquences fiscales à l'issue du démembrement, ainsi que la fiscalité sur les plus-values immobilières en cas de cession des parts.
Pour approfondir le sujet des SCPI, de la nue-propriété et plus largement du démembrement de propriété dans l'immobilier, il est recommandé de consulter les sites des sociétés de gestion des SCPI, des plateformes spécialisées comme meilleurescpi.com ou des professionnels du secteur pour obtenir des conseils adaptés à votre situation personnelle.

Nouveautés 2026
Réformes fiscales
En 2026, la taxe foncière subit une revalorisation automatique de 0,8 % des bases cadastrales, liée à l'inflation de 2025. Cette hausse s'applique à l'ensemble des propriétaires, qu'ils soient nus-propriétaires ou usufruitiers, avec les règles de répartition évoquées plus haut.
Une hausse supplémentaire liée aux éléments de confort (eau courante, sanitaires, électricité, etc.) a été suspendue jusqu'au printemps 2026, ce qui limite, pour l'instant, la progression de la fiscalité locale. Par ailleurs, aucune modification majeure des barèmes de l'IFI n'est actée à ce jour, et la réforme globale des valeurs locatives cadastrales est reportée à l'horizon 2027-2028.
Tendances du marché immobilier
Le marché immobilier en 2026 montre une certaine résilience face aux incertitudes économiques (taux d'intérêt, inflation, pouvoir d'achat). Plusieurs tendances se dégagent :
- un ajustement des prix de l'immobilier résidentiel dans de nombreuses grandes villes ;
- un intérêt croissant pour les stratégies patrimoniales de long terme, dont le démembrement de propriété ;
- un investissement toujours attractif dans les SCPI, grâce à leur diversification sectorielle et géographique et à des rendements relativement stables ;
- une attention renforcée aux critères de performance énergétique et de qualité environnementale, qui influencent la valeur des biens et leur fiscalité potentielle à venir.
Dans ce contexte, le démembrement de propriété reste un outil particulièrement pertinent pour structurer un patrimoine immobilier robuste, optimiser la fiscalité et préparer la transmission.
En conclusion
Le nu-propriétaire a des obligations fiscales spécifiques à prendre en compte dans l'immobilier en général (résidences, locatif, SCPI). En 2026, il doit notamment intégrer la hausse minimale de 0,8 % de la taxe foncière liée à la revalorisation des bases cadastrales, tout en surveillant les futures réformes sur les valeurs locatives et l'IFI.
Au-delà de ces aspects techniques, le démembrement de propriété – hérité du droit napoléonien – demeure l'un des outils les plus intéressants en France pour :
- optimiser la transmission de patrimoine immobilier ;
- répartir les droits et les charges entre générations (parents usufruitiers, enfants nus-propriétaires) ;
- maîtriser la fiscalité des revenus et de l'IFI ;
- préparer des projets de long terme via l'immobilier en direct ou les SCPI.
Il est essentiel de bien comprendre ces règles et de les intégrer dans sa gestion patrimoniale pour optimiser sa situation fiscale et éviter d'éventuelles sanctions. Les évolutions réglementaires et les tendances du marché immobilier en 2026 doivent être surveillées de près pour ajuster les stratégies d'investissement et de transmission.
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À retenir
- Le démembrement de propriété, issu du droit napoléonien, est l'un des outils les plus efficaces en France pour organiser et optimiser son patrimoine immobilier.
- Le nu-propriétaire supporte surtout la fiscalité sur la détention et la plus-value, tandis que l'usufruitier est imposé sur les revenus fonciers et, en principe, sur la taxe foncière.
- En 2026, une hausse minimale de 0,8 % de la taxe foncière touche l'ensemble des propriétaires via la revalorisation des bases cadastrales.
- Aucune réforme majeure de l'IFI n'est actée à ce stade, mais les projets de révision des valeurs locatives sont reportés à 2027-2028.
- Les SCPI en nue-propriété permettent de ne pas être imposé sur les loyers pendant la durée du démembrement, tout en préparant des revenus futurs.
- Une stratégie réussie combine immobilier en direct, éventuellement SCPI, et un usage intelligent du démembrement pour la transmission et l'optimisation fiscale.
Conseil de l'auteur (expert en immobilier et SCPI)
En 2026, si vous souhaitez construire ou transmettre un patrimoine immobilier solide, placez le démembrement de propriété au cœur de votre stratégie. Commencez par clarifier vos objectifs (revenus immédiats, retraite, transmission aux enfants), puis arbitrez entre immobilier en direct et SCPI. Dans de nombreux cas, acquérir la nue-propriété (d'un bien ou de parts de SCPI) tout en laissant l'usufruit à un proche ou à un institutionnel permet de réduire votre fiscalité pendant la phase de constitution, tout en préparant des revenus futurs. Faites-vous accompagner par un professionnel pour calibrer la durée du démembrement, mesurer l'impact sur l'IFI et sécuriser la rédaction des actes : bien utilisé, ce mécanisme napoléonien reste l'un des leviers les plus puissants pour optimiser votre patrimoine immobilier en France.
| Les points importants pour la SCPI Corum Origin | ||
| Type de support
SCPI
Société Civile de Placement Immobilier |
Catégorie Diversifiée SCPI de rendement | Minimum de souscription 1 part 1135.00 € |
| SCPI Corum Origin | ||
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
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