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Quels produits dans un contrat d'assurance vie en 2026 ?

L'assurance vie, l'un des placements préférés des Français, offre bien plus que ce que l'on pourrait penser. Au-delà de la protection financière pour les proches, elle représente un formidable outil d'épargne et d'investissement, au cœur du financement de l'économie réelle : début 2026, un peu plus de deux tiers des encours d'assurance vie étaient investis en titres d'entreprises (actions, obligations, etc.), selon France Assureurs, confirmant le rôle clé du secteur dans le financement des entreprises. Cette place centrale en fait un produit à la fois patrimonial et économique. Alors, quels sont les produits disponibles dans un contrat d'assurance-vie à l'horizon 2026-2027 ? Découvrons-le ensemble.
Le fonds en euros : La sécurité avant tout
Le fonds en euros est le support traditionnel des contrats d'assurance-vie. C'est un support à capital garanti par l'assureur, qui offre une rémunération annuelle, nette de frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux.
Les gains restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 % et, en cas de rachat, à la fiscalité de l'épargne (prélèvement forfaitaire unique de 30 % par défaut ou barème de l'impôt sur le revenu), sans changement à ce jour. Les règles de fiscalité propres à l'assurance vie (abattement annuel après 8 ans, possibilité d'opter pour le barème, taxation des seuls gains et non du capital) demeurent inchangées en 2026.
Contrairement à ce qui a pu être envisagé dans certains débats budgétaires, il n'existe pas, à ce stade, d'exonération fiscale spécifique sur les rendements des fonds en euros pour les contrats de plus de 8 ans : la fiscalité reste celle du régime général de l'assurance vie (abattement annuel sur les intérêts après 8 ans, puis imposition).
Côté performance, les statistiques consolidées publiées début 2026 font état d'un rendement moyen des fonds en euros autour de 2,60 % net de frais de gestion pour l'année 2025 selon France Assureurs, et de 2,65 % selon l'ACPR, soit un niveau globalement stable et désormais significativement supérieur au Livret A abaissé à 1,50 % au 1er février 2026. Les meilleurs contrats ont servi des rendements supérieurs à 3 %, avec une sélection de fonds dépassant 3,5 % et même 4 % nets de frais de gestion en 2025, le plus souvent sous conditions (nouveaux versements, part minimale en unités de compte, durée d'investissement) ou via des fonds particulièrement dynamiques.
Les projections de marché pour 2026 convergent vers une moyenne attendue autour de 2,4 % à 2,8 % nets de frais de gestion, avec un scénario central de stabilisation des fonds en euros classiques dans une fourchette d'environ 2,5 % à 2,7 %. Les contrats les plus compétitifs devraient rester au-dessus de 3 %, certains fonds d'" élite " affichant des rendements entre 3,5 % et 4 % sans opérations commerciales temporaires, toujours sous réserve de conditions d'allocation en unités de compte. Pour 2027, les anticipations restent proches : le marché s'attend à des rendements moyens de l'ordre de 2,5 % à 3 % nets, avec des bonus de rendement conditionnés à une part plus importante d'unités de compte, sans flambée spectaculaire mais avec un rendement réel redevenu attractif face aux livrets réglementés.
En revanche, le débat politique a clairement ciblé les fonds en euros jugés " improductifs " : un projet de nouvel impôt sur la fortune improductive a été évoqué dans le cadre des discussions budgétaires, avec l'idée d'intégrer, au-delà de certains seuils de patrimoine, des contrats d'assurance vie fortement investis en fonds en euros dans l'assiette de ce futur impôt. À ce stade, il s'agit d'un projet de réforme débattu mais non encore traduit dans le droit en vigueur. Il illustre cependant l'orientation des pouvoirs publics vers un meilleur fléchage de l'épargne vers les marchés financiers, l'économie productive et les supports plus risqués (unités de compte, immobilier, capital-investissement).
Avantages :
- Capital garanti.
- Rendement sécurisé, avec une moyenne autour de 2,60–2,65 % en 2025 et des fonds haut de gamme au-delà de 3,5 %, voire près de 4 % sous conditions.
- Liquidité : la somme peut être retirée à tout moment, sous réserve de la fiscalité applicable en cas de rachat.
Les unités de compte (UC) : Plus de risques, plus de rendements
Les unités de compte sont des supports d'investissement plus risqués que le fonds en euros, mais avec un potentiel de rendement plus élevé. Elles peuvent être constituées d'actions, d'obligations, de SCPI, de fonds diversifiés, d'ETF ou d'autres instruments financiers. La valeur de ces supports n'est pas garantie : elle peut varier à la hausse comme à la baisse.
Les UC continuent de monter en puissance : en 2025, elles ont représenté près d'un tiers des encours d'assurance vie, confirmant une tendance de fond à la recherche de diversification et de rendement. Cette dynamique s'accompagne d'un intérêt croissant pour l'Investissement Socialement Responsable (ISR) et les fonds intégrant des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).
Les UC labellisées ISR gagnent ainsi en popularité, permettant aux épargnants d'investir dans des fonds qui respectent des critères ESG, tout en participant au financement de la transition énergétique et de l'économie durable. De nombreuses compagnies mettent désormais en avant des profils " responsables " ou " durables " au sein de leurs contrats, avec des allocations préconstruites allant du prudent au dynamique, intégrant une part significative de fonds labellisés ISR ou Greenfin. L'offre s'étend également aux ETF indiciels ESG, qui combinent gestion passive, frais réduits et sélection de valeurs respectant des critères de durabilité.
Exemple : si vous investissez dans une UC liée à un fonds investi en actions de grandes entreprises européennes, la valeur de votre UC évoluera en fonction de la performance de ces entreprises et des marchés boursiers, à la hausse comme à la baisse. Sur le long terme, les études de marché évoquent souvent un potentiel de rendement annualisé de l'ordre de 5 % à 8 % pour les UC investies en actions internationales, mais avec des fluctuations parfois importantes d'une année sur l'autre.
Dans ce cadre, les frais jouent un rôle clé : les rapports récents de l'AMF montrent une baisse progressive des frais moyens sur les fonds actions et diversifiés, avec une montée en puissance des ETF (fonds indiciels cotés) à faibles coûts, de plus en plus présents dans les contrats d'assurance vie nouvelle génération. Cela permet de construire des allocations en UC plus efficientes pour l'épargnant, en améliorant le rendement net à long terme. On voit notamment se développer des " poches indiciels " au sein des contrats, combinant un fonds en euros de base et des UC en ETF généralistes ou thématiques (climat, transition énergétique, technologies).
Les SCPI : L'immobilier sans les tracas
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d'investir dans l'immobilier d'entreprise sans avoir à acheter un bien directement. Vous achetez des parts de la SCPI qui se charge de la gestion locative (sélection des immeubles, recherche de locataires, encaissement des loyers, entretien). Il est donc possible d'intégrer de l'immobilier dans son assurance vie, via des SCPI logées en unités de compte.
Les SCPI restent un pilier de l'investissement immobilier collectif, mais leur marché a connu des ajustements récents : sous l'effet de la remontée des taux d'intérêt et de la revalorisation à la baisse de certains actifs, plusieurs sociétés de gestion ont procédé depuis 2023 à des baisses ou gels de prix de parts, voire à des révisions de stratégie (plus de sélectivité, recentrage sur des secteurs porteurs comme la santé ou la logistique, arbitrages d'actifs moins rentables). Les taux de distribution se sont globalement maintenus à des niveaux attractifs, autour de 4 % à 5 % pour de nombreuses SCPI de rendement, mais avec des disparités accentuées entre les véhicules en fonction de leur exposition géographique et sectorielle.
Dans ce contexte, les SCPI dites " européennes " ou diversifiées géographiquement poursuivent leur développement, permettant d'investir dans des actifs situés hors de France, avec des perspectives de rendements plus diversifiées et un risque géographique atténué. Les SCPI de santé (comme Primovie) ou spécialisées dans la logistique et la distribution font partie des thématiques en vue, de même que certaines SCPI résidentielles ou orientées vers des actifs " verts " (bâtiments performants énergétiquement, labels environnementaux).
Au sein d'un contrat d'assurance vie, ces SCPI sont accessibles sous forme d'unités de compte, ce qui permet de cumuler les atouts de l'immobilier (loyers potentiels, diversification sectorielle) et ceux de l'enveloppe assurance vie (souplesse de rachat, fiscalité attractive au-delà de 8 ans, transmission). L'investisseur doit toutefois garder à l'esprit que, logées en assurance vie, les SCPI peuvent être associées à des frais supplémentaires (frais de gestion du contrat, potentiels frais sur versements) et que la liquidité dépend à la fois de la SCPI et de l'assureur. La notion de " valeur de réalisation " ou de " valeur de reconstitution " reste également importante pour appréhender le risque de baisse du prix de part.
Avantages :
- Diversification de l'investissement autour de nombreuses thématiques de l'immobilier d'entreprise (bureaux, commerces, santé – comme le fonds immobilier Primovie –, logistique, résidentiel géré, etc.).
- Possibilité de rendements intéressants sur le long terme, sous réserve de la qualité des actifs et de la gestion.
- Pas de gestion locative directe : la société de gestion s'occupe de tout.
Tableau comparatif
Produit | Risque | Rendement (tendance 2025-2026) | Liquidité | Diversification | Nouveautés récentes |
|---|---|---|---|---|---|
Fonds en euros | Faible | Modeste mais sécurisé (moyenne autour de 2,60–2,65 % en 2025 ; perspectives 2,4–2,8 % en 2026 ; meilleurs fonds au-delà de 3,5 % et jusqu'à près de 4 % sous conditions) | Très liquide | Faible | Débat sur l'intégration des gros contrats en fonds en euros dans un futur impôt sur la fortune improductive ; fiscalité des rachats inchangée (PFU 30 % par défaut, abattement après 8 ans) |
Unités de compte (UC) | Élevé | Potentiellement élevé, dépendant des marchés financiers et des supports choisis (actions, obligations, ETF, etc.) | Variable | Très diversifiée | Montée en puissance des UC ISR/ESG ; part des UC proche d'un tiers des encours ; baisse progressive des frais, développement des ETF indiciels et thématiques en assurance vie |
SCPI | Modéré | Intéressant sur le long terme, dépendant de la qualité des actifs et de la gestion ; rendement souvent autour de 4–5 % pour les SCPI de rendement, avec des disparités selon l'exposition géographique et sectorielle | Moins liquide | Immobilière, thématique | Développement des SCPI européennes et sectorielles (santé, logistique, etc.) ; ajustements de prix de parts sur certaines SCPI ; intégrables en assurance vie sous forme d'UC |
Conclusion
Un contrat d'assurance-vie n'est pas simplement un produit financier monolithique. Il offre une gamme variée de produits d'investissement, adaptée à différents profils de risque et d'objectifs d'épargne : sécurité avec le fonds en euros, potentiel de performance et diversification via les unités de compte, exposition à l'immobilier grâce aux SCPI.
En 2026, l'assurance vie reste au cœur du patrimoine des Français et du financement de l'économie, tout en étant au centre des débats fiscaux (projets de réforme sur la transmission et la fortune improductive) : le cadre actuel demeure toutefois inchangé pour la fiscalité des retraits et des capitaux transmis. Les discussions sur une éventuelle taxation spécifique de l'épargne jugée " improductive " n'ont pas, à ce stade, débouché sur une modification concrète du régime fiscal de l'assurance vie, mais elles invitent les épargnants à réfléchir à la répartition entre fonds en euros, unités de compte et actifs plus productifs.
De nouvelles opportunités continuent d'émerger : montée en puissance des UC ISR, développement des SCPI européennes, mais aussi intégration de plus en plus fréquente d'ETF, y compris ESG, et de fonds indiciels à faibles frais dans les contrats. L'assurance vie devient ainsi une enveloppe d'investissement encore plus flexible, permettant de construire de véritables allocations multi-actifs au sein d'un même contrat et d'explorer des stratégies comme la diversification géographique ou la mutualisation des risques. Il est essentiel de bien comprendre chaque produit, ses avantages et ses inconvénients, ainsi que les évolutions possibles du cadre fiscal, afin de faire le meilleur choix adapté à sa situation patrimoniale, à son horizon de placement et à sa sensibilité au risque.
À retenir
- L'assurance vie est une enveloppe qui peut accueillir de nombreux supports (fonds en euros, UC, SCPI, ETF) pour adapter votre épargne à votre profil de risque.
- Le fonds en euros offre une sécurité du capital, avec un rendement modéré mais redevenu attractif (environ 2,60–2,65 % en moyenne en 2025, meilleurs fonds au-delà de 3,5 %) et une fiscalité inchangée à ce jour.
- Les unités de compte et les supports ISR / ESG montent en puissance pour financer l'économie réelle et la transition énergétique, avec un poids d'environ un tiers des encours et une présence croissante d'ETF indiciels à faibles frais.
- Les SCPI permettent d'accéder à l'immobilier d'entreprise sans gestion locative directe, avec une diversification sectorielle et géographique, tout en profitant du cadre fiscal de l'assurance vie.
- Votre stratégie doit tenir compte de votre horizon de placement, de votre tolérance au risque et des possibles évolutions fiscales, notamment concernant la fortune " improductive " et la transmission.
À retenir – Synthèse 2026
- Combinez fonds en euros, UC et immobilier (SCPI) pour construire un contrat réellement diversifié, en intégrant éventuellement des ETF pour optimiser les frais et dynamiser le potentiel de performance.
- Profitez des bonus de rendement des fonds en euros en acceptant une part mesurée d'unités de compte, tout en surveillant les conditions (niveau de UC, durée minimale, etc.).
- Surveillez les projets fiscaux (fortune improductive, transmission) avant de concentrer trop d'épargne sur un seul contrat et avant de vous exposer massivement à un seul type de support.
- En pratique, il est souvent judicieux de détenir plusieurs contrats d'assurance vie pour bénéficier de gammes de supports différentes (fonds en euros, SCPI, UC ISR/ESG, ETF indiciels) et de politiques commerciales variées, comme lorsqu'on compare plusieurs " magasins " pour profiter des meilleures offres.
Conseil de l'expert
Imaginez que l'assurance vie est une maison : la maison, c'est le contrat, et les différentes pièces, ce sont les supports d'investissement (fonds en euros, UC, SCPI, ETF…). Une fois que vous avez compris cela, vous savez que vous pouvez avoir plusieurs maisons (plusieurs contrats d'assurance vie) et différentes pièces dans chaque maison.
Concrètement, le conseil n°1 en 2026, c'est d'avoir plusieurs contrats d'assurance-vie. Comme dans un magasin, chaque assureur met en avant certains produits : ici un fonds en euros très compétitif, là des SCPI de qualité, ailleurs des UC ISR innovantes ou des ETF bien sélectionnés. En multipliant les contrats, vous profitez des meilleures offres de chaque " magasin ", tout en répartissant vos risques.
Dans la pratique, je recommande souvent : un contrat plutôt sécurisé avec une part importante de fonds en euros, un contrat plus dynamique avec davantage d'unités de compte et d'immobilier (SCPI), et éventuellement un contrat orienté ISR / thématique. Cette approche vous aide à segmenter vos objectifs (prévoyance, retraite, transmission), à négocier plus facilement les frais et à faire évoluer la répartition des " pièces " au fil de votre vie et des marchés.
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À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !