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Immobilier : pourquoi 52 % des Français jugent l’achat plus difficile sur leur territoire

L'achat immobilier reste un projet structurant pour les Français, mais sa faisabilité varie fortement d'un territoire à l'autre. Un sondage OpinionWay pour ORPI, réalisé en mars 2026 auprès de 1 029 personnes, mesure cette perception : pour une majorité de répondants, acheter un logement correspondant à ses attentes est aujourd'hui plus compliqué chez soi que dans le reste de la France.
Un achat immobilier perçu comme plus difficile localement
Interrogés sur la facilité d'achat d'un logement dans leur territoire par rapport au reste de la France, 52 % estiment qu'il est plus difficile d'y acheter un bien correspondant à leurs attentes, contre seulement 10 % qui le jugent plus facile. Une part importante, 38 %, considère que la situation n'est ni plus difficile ni plus facile.

Perception de la facilité d'achat sur son territoire vs reste de la France — base : 1 029 personnes.
Des écarts marqués selon l'âge, le logement et la région
- Les 18-24 ans sont les plus inquiets, avec 72 % jugeant l'achat plus difficile.
- Les habitants en appartement ressentent davantage cette difficulté (60 %) que ceux en maison (47 %).
- L'Île-de-France affiche le niveau le plus élevé (68 %), loin devant le Nord-ouest (42 %) et le Sud-ouest (44 %).
- En grande ville, la difficulté grimpe à 58 %, et atteint 62 % en zone périurbaine.
- À l'inverse, les 65 ans et plus (45 %) et les habitants en milieu rural (46 %) se montrent un peu moins préoccupés.
Les critères d'achat prioritaires des Français
Lorsqu'ils projettent un achat immobilier dans leur territoire (trois réponses possibles), les répondants placent le budget en tête. Le prix du bien domine largement, cité par 64 % d'entre eux.

Critères d'achat les plus importants — trois réponses possibles, total supérieur à 100 %.
La proximité, un critère transversal
Regroupés, les critères liés à l'emplacement (commerces et services, transports, travail) forment un critère de proximité cité par 57 % des répondants.
- Les 18-24 ans sont 66 % à valoriser la proximité, contre 48 % chez les 50-64 ans.
- Les habitants en appartement y sont plus sensibles (61 %) que ceux en maison (54 %).
- En Île-de-France, la proximité atteint 65 %, soit le niveau régional le plus haut.
- La proximité des commerces et services culmine chez les 65 ans et plus (50 %) ; la proximité du travail concerne surtout les actifs jeunes (33 % des 18-24 ans).
La performance énergétique (28 %) progresse avec l'âge, citée par 35 % des 50-64 ans et des 65 ans et plus.
Les infrastructures jugées indispensables avant d'acheter
Au-delà du logement lui-même, l'environnement compte. Les répondants privilégient le quotidien et la santé (trois réponses possibles).

Infrastructures ou services jugés indispensables pour envisager un achat (NSP : 1 %).
- Les établissements de santé deviennent prioritaires avec l'âge : 75 % chez les 65 ans et plus, contre 21 % chez les 25-34 ans.
- Les transports publics efficaces sont surtout attendus en grande ville (47 %), jusqu'à 53 % dans le cœur des grandes villes.
- Les écoles mobilisent les jeunes générations (24 % des 18-24 ans, 26 % des 25-34 ans), contre 5 % chez les 65 ans et plus.
La zone idéale : le rural et la ville moyenne plébiscités
Si un achat devait se concrétiser aujourd'hui, le milieu rural arrive en tête des préférences (47 %), devant la ville moyenne (38 %) et, loin derrière, la grande ville (14 %).

Zone privilégiée pour l'achat d'un logement — NSP : 1 %.
- Les habitants en maison rêvent de rural (57 %) ; ceux en appartement penchent vers la ville moyenne (44 %) ou la grande ville (26 %).
- Le rural séduit surtout dans le Nord-est (57 %), le Sud-ouest (55 %) et le Nord-ouest (54 %).
- L'Île-de-France se distingue par une préférence pour la ville moyenne (54 %) et la grande ville (27 %).
- Les 25-34 ans se projettent davantage en milieu rural (54 %).
Des compromis nécessaires pour concrétiser le projet
Acheter sur son territoire idéal suppose souvent des concessions. 72 % des répondants déclarent ressentir au moins une contrainte, ce qui peut permettre de mesurer l'écart entre aspirations et réalité du marché.

Contraintes ressenties pour acheter sur le territoire idéal — trois réponses possibles (NSP : 1 %).
- 88 % des 18-24 ans et 87 % des 25-34 ans citent au moins une contrainte, contre 53 % des 65 ans et plus.
- Le besoin de revoir son budget à la hausse concerne 35 % des 18-24 ans et 36 % des 35-49 ans.
- Renoncer à un extérieur touche surtout les 18-24 ans (25 %) et les habitants en appartement (15 %).
- 45 % des 65 ans et plus déclarent n'être contraints à aucun de ces compromis.
Les risques climatiques, un facteur désormais intégré
L'environnement entre désormais dans l'équation. Sur la prise en compte des risques climatiques (inondations, sécheresses, incendies) dans une décision d'achat, 77 % répondent par l'affirmative.

Prise en compte des risques climatiques dans la décision d'achat.
- L'attention forte (« Oui, beaucoup ») progresse avec l'âge : 44 % chez les 65 ans et plus, contre 28 % chez les 18-24 ans.
- Les CSP+ sont 81 % à intégrer ce paramètre.
- Le Sud-est, exposé aux sécheresses et incendies, affiche 80 % de réponses positives.
Tableau récapitulatif des principaux enseignements
Indicateur clé | Résultat |
|---|---|
Jugent l'achat plus difficile sur leur territoire | 52 % |
Jugent l'achat plus facile | 10 % |
Premier critère d'achat : le prix du bien | 64 % |
Citent un critère de proximité | 57 % |
Première infrastructure : commerces de proximité | 52 % |
Zone privilégiée : milieu rural | 47 % |
Ressentent au moins une contrainte | 72 % |
Intègrent les risques climatiques | 77 % |
Ce que ces résultats révèlent du marché
La photographie dressée par ce sondage met en lumière un marché immobilier vécu comme exigeant, sans verser dans le découragement généralisé : 38 % des répondants jugent leur territoire ni plus ni moins accessible que la moyenne nationale. Le prix du bien demeure le premier filtre, suivi de la surface et de la présence d'un extérieur, tandis que la proximité des services structure les attentes.
L'aspiration au milieu rural et à la ville moyenne confirme une recherche d'équilibre entre espace, cadre de vie et accès aux services essentiels. L'intégration des risques climatiques par plus de trois quarts des répondants illustre une évolution durable des critères d'acquisition d'un logement, qui peut permettre d'anticiper les attentes de demain en matière de localisation et de qualité du bâti.
Méthodologie et sources
Sondage OpinionWay pour ORPI, intitulé « Les Français et l'achat d'un logement sur leur territoire », rapport d'étude de mars 2026.
- Échantillon : 1 029 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
- Constitution : méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d'agglomération, région de résidence).
- Mode de recueil : questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI.
- Dates de terrain : interviews réalisées du 18 au 19 mars 2026.
- Norme : étude réalisée selon les procédures et règles de la norme ISO 20252.
- Marges d'incertitude : 1,4 à 3,1 points au plus pour un échantillon de 1 000 répondants.
À retenir
- Plus d'un Français sur deux estime l'achat immobilier plus difficile sur son territoire, avec des écarts marqués entre jeunes, seniors, urbains et ruraux.
- Le prix du bien et la proximité des services, transports et emplois structurent désormais la quasi-totalité des décisions d'achat.
- Les villes moyennes et le rural gagnent en attractivité, mais au prix de compromis sur le budget, la surface ou l'extérieur.
- Performance énergétique et risques climatiques deviennent des critères centraux, appelant à une offre de logements plus résiliente.
Sources
- Sondage OpinionWay pour ORPI, mars 2026.
- Analyses de marché ORPI et réseaux de courtiers immobiliers.
- Conseil national de l'habitat, rapport sur l'accession à la propriété 2019–2023.
- Études notariales régionales sur l'évolution des prix immobiliers.
- Observatoires des risques climatiques et diagnostics de performance énergétique.
Conseil de l'expert
Avant tout projet, faites un bilan patrimonial complet : capacité d'emprunt, épargne disponible, horizon de détention et tolérance au risque. Croisez ces éléments avec une étude fine de votre territoire (prix, tension du marché, risques climatiques, qualité des infrastructures) et hiérarchisez vos critères en trois colonnes : non négociables, souhaitables et secondaires. Cette méthode, associée à un accompagnement professionnel local, vous permet de cibler les biens réellement accessibles, de négocier au bon niveau et d'éviter les compromis qui dégraderaient durablement votre qualité de vie.
À propos de l’auteur
Jonathan Dhiver
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !