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Qu'est-ce qu'un OBO Immobilier ?

Publié par Jonathan Dhiver
Mis à jour le 21 déc. 2025
7 min. de lecture
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L'OBO immobilier, abréviation de " Owner Buy Out " en immobilier, est une stratégie financière et patrimoniale qui consiste pour un propriétaire à vendre un bien à une entité juridique qu'il contrôle – le plus souvent une SCI (Société Civile Immobilière), parfois une SARL de famille ou une holding patrimoniale. Cette opération, aussi appelée " vente à soi-même ", permet de réorganiser la détention du bien, de transformer un patrimoine détenu en direct en patrimoine détenu via une société, tout en recherchant une optimisation fiscale, financière et successorale dans un cadre désormais très surveillé par l'administration.

Fonctionnement de l'OBO Immobilier

Avant l'OBO : Le propriétaire détient directement le bien immobilier, généralement un immeuble locatif ou un patrimoine immobilier significatif. À ce stade, les loyers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, souvent à une tranche marginale élevée, à laquelle s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %, ce qui peut porter la fiscalité globale au-delà de 45 % pour les contribuables les plus imposés. La détention est simple, mais peu optimisée fiscalement et moins souple pour la transmission.

Pendant l'OBO : Le propriétaire crée une société (SCI, SARL de famille ou holding patrimoniale) ou utilise une structure déjà existante dont il détient le contrôle direct ou via sa famille. Il vend alors le bien à cette société, à une valeur de marché justifiée par une expertise indépendante afin de rester dans les clous de la réglementation fiscale et d'éviter toute remise en cause pour abus de droit. L'acquisition par la société est en pratique financée par un emprunt bancaire, garanti le plus souvent par le bien lui-même et parfois complété par des garanties personnelles. Le bien passe ainsi du patrimoine privé au patrimoine " professionnel " ou à une structure de détention, et le propriétaire perçoit le produit de la vente sous forme de liquidités.

Après l'OBO : Le bien est désormais détenu par la société, qui encaisse les loyers et les utilise pour rembourser l'emprunt et financer les charges. Le propriétaire, resté associé (souvent majoritaire), conserve indirectement le contrôle du bien. Il peut utiliser les liquidités obtenues pour diversifier son patrimoine, financer d'autres projets, réduire son endettement personnel ou préparer une transmission anticipée. La détention via la société offre aussi plus de souplesse pour organiser une donation progressive de parts (pleine propriété ou nue-propriété) aux héritiers, avec recours aux abattements renouvelables et à une valorisation souvent plus favorable que la transmission d'un immeuble en direct.

Avantages de l'OBO Immobilier

  • Liquéfaction du patrimoine et conservation : L'OBO permet de transformer un patrimoine immobilier détenu en direct en liquidités immédiatement disponibles sans perte de contrôle effective du bien, puisque le propriétaire reste associé et gérant de la société. Cette liquidité peut servir à réinvestir dans d'autres actifs (immobilier, financier, professionnel) ou à financer des projets personnels, tout en maintenant la détention du bien via la structure.
  • Effet de levier de crédit : Le recours à l'emprunt bancaire au niveau de la société permet de profiter de l'effet de levier : les loyers servent à rembourser la dette, et les intérêts peuvent, selon le régime fiscal choisi (IR/IS), être déductibles et ainsi réduire le résultat imposable. Dans un contexte où les banques restent attentives à la qualité des dossiers, l'OBO est surtout adapté aux patrimoines immobiliers locatifs déjà constitués, avec des revenus stables et une capacité de remboursement démontrable.
  • Transmission patrimoniale facilitée : La détention du bien via une société facilite la planification successorale : plutôt que de transmettre directement l'immeuble, on transmet des parts sociales, éventuellement en dissociant nue-propriété et usufruit pour optimiser la fiscalité des donations et successions. Les donations peuvent être étalées dans le temps pour profiter des abattements renouvelables, et la valorisation des parts peut tenir compte de décotes (minorité, illiquidité, démembrement), ce qui réduit la base taxable. La structure sociétaire offre ainsi un cadre souple pour organiser une transmission anticipée tout en conservant, pour le donateur, le contrôle de la gestion.
  • Optimisation fiscale potentielle : Selon le régime choisi (SCI à l'IR ou à l'IS, SARL de famille, holding), l'OBO peut permettre de passer de revenus fonciers fortement taxés à des revenus soumis à l'impôt sur les sociétés, avec une imposition des bénéfices à un taux souvent inférieur à la tranche marginale de l'impôt sur le revenu. Les distributions ultérieures (dividendes, rémunération de gérance, etc.) peuvent être modulées dans le temps, ce qui donne plus de latitude pour lisser la fiscalité. Cette optimisation doit toutefois être étudiée au cas par cas, en tenant compte notamment du régime des plus-values à la sortie.

Inconvénients de l'OBO Immobilier

  • Coûts initiaux et charges récurrentes : La mise en place d'un OBO entraîne des frais significatifs : honoraires de conseil (notaire, avocat fiscaliste, expert-comptable), frais d'expertise du bien, droits et émoluments liés à la vente, frais bancaires et garanties, sans oublier les coûts de création et de fonctionnement de la société (comptabilité, assemblées, formalités). Ces coûts doivent être intégrés dans le calcul de rentabilité globale de l'opération.
  • Risque de cash-flow négatif : Avec la hausse et la volatilité des taux d'intérêt ces dernières années, le risque que les charges de financement (intérêts, remboursement du capital) et les frais de structure dépassent les loyers perçus est réel. Un OBO mal calibré peut générer un flux de trésorerie négatif durable, à supporter par l'associé, et fragiliser la structure si la vacance locative ou une baisse de loyers survient. Une étude prévisionnelle fine (plan de financement, stress tests sur les taux et les loyers) est devenue indispensable.
  • Garanties personnelles et risque patrimonial : Les banques exigent fréquemment des cautions personnelles ou des nantissements de parts sociales en plus de l'hypothèque sur le bien, surtout lorsque l'opération est concentrée sur un seul immeuble. Le patrimoine personnel de l'emprunteur reste donc exposé, ce qui vient tempérer l'idée d'une protection totale apportée par la société. En cas de défaut, la responsabilité de l'associé peut être engagée au-delà de son apport.
  • Encadrement fiscal renforcé : Les opérations de " vente à soi-même " sont dans le viseur de l'administration fiscale, notamment au regard des règles sur l'abus de droit et les montages à but principalement fiscal. Les conditions de valeur de marché, de réalité de l'endettement, de cohérence économique de l'opération et de fonctionnement effectif de la société sont examinées avec attention. Une valorisation complaisante ou une structuration artificielle peut conduire à un redressement (remise en cause des avantages fiscaux, requalification, pénalités). Il est donc devenu indispensable de documenter rigoureusement l'opération et de se faire accompagner.

Conclusion

L'OBO immobilier demeure une technique sophistiquée de gestion de patrimoine qui, correctement conçue et mise en œuvre, peut offrir des avantages significatifs : liquidité immédiate, optimisation potentielle de la fiscalité, effet de levier du crédit et transmission patrimoniale facilitée. Dans le contexte actuel de vigilance accrue de l'administration fiscale, de réglementation plus exigeante et de taux d'intérêt moins favorables qu'il y a quelques années, cette stratégie nécessite toutefois une analyse approfondie de la situation patrimoniale globale, des simulations chiffrées et un accompagnement étroit par des professionnels de la finance, du droit, du chiffre et du conseil en gestion de patrimoine pour sécuriser le montage et en optimiser les bénéfices sur le long terme.

À lire également :

SCI à l'IS ou à l'IR : comment faire le bon choix ?



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À propos de l’auteur

Jonathan Dhiver

Jonathan Dhiver

J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs. Je pense qu'une des clés est de mettre de l'argent de côté dès le début du mois. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter (via le formulaire de contact) !

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