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- Le barème fiscal de l'usufruit viager (art. 669 CGI) est inchangé en 2026 : il fixe la valeur de l'usufruit de 10 % à 90 % selon l'âge, mais ne reflète pas la rentabilité économique réelle.
- Les rendements moyens des SCPI sont tombés autour de 3,5 % en 2025 : les hypothèses de coupon utilisées pour valoriser l'usufruit doivent être révisées à la baisse par rapport aux 5–6 % d'antan.
- Les clés de démembrement varient selon la SCPI et la durée : comptez environ 81 % / 19 % sur 5 ans et 67–70 % / 30–33 % sur 10 ans en nue-propriété / usufruit.
- Pour juger de l'intérêt économique, raisonnez en TRI en testant plusieurs scénarios de coupon (–10 %, –20 %) : si le rendement baisse légèrement et que le TRI s'effondre, l'opération est trop tendue.

La Société Civile de Placement Immobilier, plus couramment appelée SCPI, reste en 2026 un support de référence pour investir dans l'immobilier locatif via la pierre-papier, en mutualisant les risques et en déléguant totalement la gestion à une société de gestion. Démembrer des parts de SCPI en usufruit et nue-propriété est toujours une technique centrale d'optimisation fiscale et patrimoniale, mais les conditions de marché ont évolué : les rendements moyens se sont tassés autour de 3,5 % sur 2025, ce qui impose d'être plus prudent dans les hypothèses de coupon et dans l'analyse de la valeur économique de l'usufruit. Cet article met à jour les barèmes fiscaux, les clés de démembrement usuelles et le contexte de rendement pour vous guider à travers les étapes permettant de calculer la valeur de l'usufruit en SCPI.
Comprendre l'usufruit en SCPI
Qu'est-ce que l'usufruit ?
L'usufruit, au sens du Code civil, est un droit réel qui permet à une personne (l'usufruitier) de jouir d'un bien dont une autre personne détient la nue-propriété. L'usufruitier peut utiliser le bien et en percevoir les revenus (loyers, dividendes de SCPI), sans en détenir la pleine propriété.
Dans le cadre d'un investissement en SCPI, l'acquisition en usufruit permet de percevoir les distributions sans détenir la totalité des droits attachés aux parts. Cette notion est directement issue du démembrement de propriété, qui sépare temporairement ou définitivement :
- l'usufruit (usus et fructus) : le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les fruits ;
- la nue-propriété (abusus) : le droit de disposer du bien.
À l'inverse, la pleine propriété correspond au cumul des trois prérogatives — usus, fructus et abusus — et donne à l'investisseur la totalité des droits sur ses parts.

Pourquoi séparer usufruit et nue-propriété en SCPI ?
Séparer l'usufruit de la nue-propriété est une stratégie d'optimisation fiscale et patrimoniale particulièrement utilisée pour adapter les flux de revenus à la situation de chaque partie :
- L'usufruitier perçoit les dividendes de la SCPI et les déclare à l'impôt sur le revenu.
- Le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu pendant la durée du démembrement, mais récupère automatiquement la pleine propriété à l'extinction de l'usufruit, sans droits de mutation supplémentaires.
Le démembrement de parts de SCPI est donc à la fois un outil de gestion de trésorerie (pour l'usufruitier qui recherche un complément de revenus) et de transmission patrimoniale (pour le nu-propriétaire qui vise la capitalisation à terme).
Sur le plan fiscal, le démembrement conserve en 2026 ses enjeux forts à l'IFI : l'article 968 du CGI prévoit, en principe, que l'usufruitier est redevable de l'IFI sur la valeur en pleine propriété des biens détenus, le nu-propriétaire étant exonéré. Cet article prévoit toutefois des cas spécifiques (usufruit légal du conjoint survivant, démembrement issu de certaines opérations) où la base IFI peut être répartie entre usufruitier et nu-propriétaire selon les quotités de l'article 669 du CGI. D'où l'importance de réaliser une analyse fine avant de mettre en place un démembrement de parts de SCPI, en tenant compte de la situation familiale, de la structure du patrimoine et de la sensibilité à l'IFI.
Méthode de calcul de la valeur de l'usufruit
Avant de passer au calcul de la valeur de l'usufruit, il est essentiel de distinguer deux grands types de démembrement :
- l'usufruit viager, lié à la durée de vie de l'usufruitier ;
- l'usufruit temporaire, limité dans le temps (par exemple 3, 5, 10, 15 ou 20 ans).
Qu'est-ce que l'usufruit viager ?
L'usufruit viager est le droit de jouissance accordé à une personne pour toute la durée de sa vie. À son décès, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement au profit du nu-propriétaire, sans fiscalité de mutation supplémentaire.
Le calcul de la valeur fiscale de l'usufruit viager dépend principalement de deux paramètres :
- l'espérance de vie de l'usufruitier, qui détermine la durée probable de jouissance ;
- l'âge de l'usufruitier au jour de l'opération (donation, succession, cession de nue-propriété).
Pour les besoins fiscaux (droits de donation, succession, etc.), l'article 669 du CGI fixe un barème forfaitaire de valorisation de l'usufruit et de la nue-propriété en fonction de l'âge de l'usufruitier. Ce barème, inchangé en 2026, s'applique à tous types de biens (immobilier direct, parts de SCPI, valeurs mobilières).
Tableau du barème de l'usufruit viager
Voici le barème viager de l'article 669 I du CGI en vigueur en 2026 (valeur fiscale de l'usufruit et de la nue-propriété en pourcentage de la pleine propriété) :
Âge de l'usufruitier | Valeur de l'usufruit (%) | Valeur de la nue-propriété (%) |
|---|---|---|
Moins de 21 ans | 90 % | 10 % |
De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
91 ans et plus | 10 % | 90 % |
À retenir : plus l'usufruitier est âgé, plus la durée probable de l'usufruit est courte, donc plus la valeur de son droit diminue. La nue-propriété vaut toujours le complément à 100 %.
Exemple de calcul
Prenons l'exemple d'une SCPI dont la valeur de part est de 100 €. Si l'usufruitier a 45 ans, d'après le tableau ci-dessus, la valeur fiscale de l'usufruit est de 60 %. Ainsi :
- la valeur de l'usufruit pour une part serait de 60 € (60 % de 100 €) ;
- la valeur de la nue-propriété serait de 40 €.
Ce barème est un outil strictement fiscal, utilisé pour liquider les droits de donation ou de succession et, dans certains cas, répartir l'assiette IFI. Pour juger de l'intérêt économique d'un démembrement de SCPI, il reste impératif de prendre en compte le coupon (rendement annuel), la durée de l'opération et le prix de sortie attendu. Or, dans le contexte actuel, les taux de distribution moyens des SCPI se situent autour de 3,5 % sur les neuf premiers mois de 2025, avec une fourchette observée de 2,8 à 4,2 % selon les véhicules — sensiblement inférieur aux 5–6 % qui étaient fréquemment pris comme référence il y a quelques années.
Tableau du barème calcul de l'usufruit économique
Dans une SCPI, la valeur de la pleine propriété des parts est égale à la somme des valeurs de l'usufruit et de la nue-propriété. Le partage de cette valeur économique est principalement déterminé par la durée du démembrement et les hypothèses de rendement.
Pour l'usufruit temporaire, l'article 669 II du CGI prévoit une valorisation forfaitaire de 23 % de la valeur de la pleine propriété par période de 10 ans, dans la limite de 30 ans :
- 23 % pour une durée de 0 à 10 ans ;
- 46 % pour une durée de 11 à 20 ans ;
- 69 % pour une durée de 21 à 30 ans.
Ce barème fiscal ne coïncide pas nécessairement avec la réalité économique : en pratique, c'est la société de gestion qui fixe les " clés de démembrement ", c'est-à-dire la répartition concrète du prix entre usufruit et nue-propriété, en fonction du rendement projeté, de la qualité du patrimoine, de la durée et de l'offre et la demande sur le marché.
Les clés de répartition proposées par les sociétés de gestion ont été partiellement ajustées en 2025–2026 pour tenir compte du nouveau contexte de marché. À titre d'illustration :
- Sofidy communique des clés à 81 % / 19 % sur 5 ans, 75,25 % / 24,75 % sur 7 ans, et 67,50 % / 32,50 % sur 10 ans.
- Iroko propose une grille plus fine allant de 3 à 20 ans, avec par exemple 78 % / 22 % sur 5 ans et 64 % / 36 % sur 10 ans, reflétant une valorisation plus généreuse de l'usufruit sur les durées longues.
Le tableau ci-dessous présente les clés de répartition moyennes observées sur le marché en 2025–2026 :
Durée du démembrement | Clé nue-propriété (moyenne) | Clé usufruit (moyenne) |
|---|---|---|
5 ans | ~81 % | ~19 % |
7 ans | ~75–76 % | ~24–25 % |
10 ans | ~67–70 % | ~30–33 % |
12 ans | ~64–66 % | ~34–36 % |
Ces valeurs résultent de plusieurs critères, comme :
- les revenus que percevra l'usufruitier, aujourd'hui souvent construits sur des hypothèses de rendement annuel de l'ordre de 3,5–4 % sur la pleine propriété ;
- l'évolution anticipée des prix de l'immobilier détenu par la SCPI et la politique de revalorisation ou de baisse du prix de part ;
- l'offre et la demande sur le marché primaire et secondaire des parts en démembrement ;
- les hypothèses de liquidité de la SCPI à l'issue du démembrement, dans un environnement où certaines SCPI ont dû adapter leur politique de collecte et de cessions d'actifs.
Il est crucial de prendre des hypothèses de coupon réalistes, car la sensibilité de la performance de l'usufruit au niveau du coupon reste très forte. Si les distributions baissent significativement par rapport au scénario central (par exemple –10 % ou –20 %), l'usufruitier peut subir une dégradation nette de son TRI, surtout sur des durées courtes où la revalorisation de la part à la sortie ne suffit pas à compenser la baisse des revenus. Les mises à jour récentes de certaines grilles de démembrement montrent d'ailleurs que les sociétés de gestion ajustent progressivement leurs clés pour mieux refléter les conditions réelles du marché.
Pour apprécier la rentabilité réelle, il est recommandé de raisonner en TRI (Taux de Rendement Interne), en intégrant :
- le prix payé pour l'usufruit ou la nue-propriété (clé de démembrement et éventuelle décote) ;
- les coupons attendus sur toute la durée (scénarios haut, central et bas, en cohérence avec les rendements moyens observés du marché) ;
- la valeur de la part à l'issue du démembrement, qui peut être impactée par des revalorisations positives mais aussi par des baisses de prix dans certains segments immobiliers ;
- la fiscalité applicable (impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, IFI le cas échéant), ainsi que la situation patrimoniale globale.
Calculer la valeur de l'usufruit en SCPI peut sembler complexe, mais en utilisant les barèmes fiscaux actualisés, les clés de répartition communiquées par les sociétés de gestion et des simulateurs intégrant plusieurs scénarios de rendement, l'investisseur peut aujourd'hui modéliser de façon assez fine la performance attendue de l'usufruit ou de la nue-propriété.
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À retenir
Le démembrement de parts de SCPI permet de dissocier usufruit et nue-propriété pour optimiser fiscalité, trésorerie et transmission. La valeur de l'usufruit viager reste encadrée par le barème de l'article 669 du CGI, inchangé en 2026, tandis que l'usufruit temporaire repose sur une valorisation forfaitaire de 23 % par période de 10 ans (dans la limite de 30 ans) et sur les clés de répartition fixées par les sociétés de gestion. Dans le contexte actuel de rendements moyens autour de 3,5 % et de grilles de démembrement ajustées, l'investisseur doit analyser le coupon attendu, la durée du démembrement et le TRI de l'opération, sans se limiter aux seules décotes affichées. Des hypothèses trop optimistes peuvent dégrader fortement la performance de l'usufruit en cas de baisse des distributions, surtout sur les durées courtes.
Conseil de l'expert
Avant de vous engager sur un usufruit de SCPI, faites tourner plusieurs scénarios de coupon en tenant compte des rendements moyens récents : scénario central proche de 3,5 %, scénarios bas à –10 % et –20 % par rapport à ce niveau. Si la performance devient rapidement médiocre dès qu'on réduit légèrement le rendement, l'opération est probablement trop tendue et repose sur des hypothèses excessivement optimistes. Privilégiez des SCPI diversifiées, avec un historique de distribution solide, une communication transparente sur les risques et une grille de démembrement cohérente avec le barème fiscal. Ajustez la durée du démembrement à votre horizon de trésorerie ou de transmission (3–7 ans pour un besoin de revenus ponctuels, 10–15 ans pour une stratégie patrimoniale longue) et vérifiez l'impact sur votre IFI selon les règles de l'article 968. Un rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine indépendant vous permettra de confronter vos hypothèses aux données de marché et de choisir entre pleine propriété, nue-propriété ou usufruit en fonction de votre profil de risque, de votre fiscalité et de vos objectifs patrimoniaux.
À propos de l'auteur
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs.

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